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 Une histoire de karma | ft. Lukas

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Bishop Diaval


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MessageSujet: Une histoire de karma | ft. Lukas   Mar 21 Juil - 5:37




Une histoire de karma...


"Je regardais voler des coquecigrues depuis un moment déjà lorsqu'une fringale nocturne me tordit l'estomac. Au moins, la sensation désagréable de la faim me sortait de mon ennui en m'obligeant à bouger afin de me rassasier. Me levant de la chaise de mon bureau encombré de manuscrits, je m'étirai longuement avant de me diriger d'un pas lent vers la porte de ma chambre. La pièce numéro 13. Ce numéro m'avait arraché un sourire lorsque les clefs me furent remises. Je n'étais pas particulièrement superstitieux, mais je n'avais pu empêcher mon esprit de dériver vers des pensées incohérentes de part leur improbabilité. Après tout, il se passait souvent des choses surnaturelles dans les livres, lorsqu'il s'agissait de ce fameux chiffre… Alors pourquoi ce genre de mésaventures ne m'arriveraient-elles pas ? Bon, je ne ferai certainement pas part de mes envies à quelqu'un. Peut-être bien qu'on allait me prendre pour un taré.
Ou alors : un débile
Ou alors  : un je sais pas quoi.

Un bruit me sortit de mes pensées incongrues. Là, tout ce que mon corps réclamait, c'était de quoi se sustenter. Un petit sourire aux lèvres, je laissai alors mes jambes me guider en direction des cuisines, peu désireux d'entrer au restaurant. Il y avait toujours du monde là-bas et, malgré mon amour pour les soirées mondaines que je jugeais amusantes, je n'aimais pas tant que ça la foule. Lorsque je pouvais me passer de rencontrer d'autres êtres humains, je le faisais. Il ne fallait pas non plus penser que j'étais misanthrope, ce n'était pas du tout le cas, mais parfois, la solitude avait du bon. Surtout lorsque je laissais ma plume être guidée par ma Muse, que je laissais mes pensées dériver de manière anarchique et que mon attention se concentrait sur mon calepin et rien d'autre. Je me détachais du monde lorsque j'écrivais et ne pensais à rien, si ce n'était à mes figures de style, à la manière de guider mes personnages afin de les faire évoluer tout au long de ma nouvelle, à la façon de faire entrer l'intrigue petit à petit sans être trop rapide, rude, précoce…

Perdu dans mes pensées, pour ne pas changer, je ne remarquai pas tout de suite être arrivé aux cuisines. Je ne vis pas non plus la table trônant non loin de la porte avec, posée sur une délicate nappe, une pièce-montée joliment ouvragée. Je butai donc avec violence contre la table, faisant malencontreusement tomber le magnifique gâteau qui s'écrasa en un bruit peu ragoutant sur le sol et m'occasionnant certainement un bleu sur la hanche. Oups ?

Je marmonnai une injure en prenant subitement mes jambes à mon cou, fuyant comme un gamin n'assumant pas ses actes. C'était puéril, je le savais, mais je ne pouvais m'empêcher de vouloir mettre le plus de distance entre cette catastrophe et moi. Mal m'en pris puisque, arrivé à l'entrée, je dérapai sur le splendide tapis sanguin et glissai, moulinant bêtement des bras afin de retrouver un équilibre depuis longtemps évaporé. C'était comme vouloir attraper de la fumée entre ses doigts, c'était inutile. Je chutai lourdement contre une petite étagère et remarquai rapidement le vase luxueux qui, petit à petit, tanguait dangereusement vers le bord. Il me tomba finalement dessus et au lieu de chercher à le rattraper, à l'instar d'une personne sensée, je me décalai afin de ne pas me recevoir cet objet, couteux certes, mais douloureux sur le crâne. Elle était trop précieuse pour que je ne l'abîme d'une vilaine bosse, sacrebleu ! Le bruit d'un verre qui se brise retentit à mes oreilles et je me mordis la lèvre, coupable. Si j'avais cru en Dieu, je me serai tout simplement dit que c'était lui qui cherchait à me punir pour une raison sibylline.
Ou alors : Me punir d'avoir fait n'importe quoi de ma vie, peut-être.
Ou alors : Me punir d'être devenu un n'importe quoi.

Mais en vrai, j'étais bien assez grand pour me punir tout seul. Je me redressai doucement, posant sans le vouloir ma main gauche sur des éclats de verre. La légère douleur du vase en morceaux me tailladait la paume semblant vouloir y dessiner une quatrième ride, celle du karma, me fit grimacer. Mon estomac se rappela également à mon bon souvenir en émettant un bruit de désaccord particulièrement bruyant : j'avais oublié de prendre de quoi me nourrir. Visiblement, ce n'était pas mon jour aujourd'hui…"




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Rainsworth Lukas

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MessageSujet: Re: Une histoire de karma | ft. Lukas   Mer 22 Juil - 9:26


Une histoire de karma
U

n soupir... Non pas d'aisance comme beaucoup raisonnent en ces lieux d'oisiveté, mais d'ennui... D'un profond ennui. Comme toujours, alors que j'étais réveillé, la nuit était tombée. Les horloges allaient bientôt sonner minuit, quand dans mes couloirs je rôdais, toujours en quête du moindre intrus osant joncher le sol du manoir clandestinement. Enfin, si tel était mon rôle au départ, je me voyais aujourd'hui dans l'obligeance de surveiller le moindre idiot qui mettrait la pagaille au Red Castle.

Fort heureusement, la plupart des visiteurs étaient de bonne famille et restaient bien éduqués à en voir toutes leurs bonnes manières. Révérences, tenues droites, mouvement lents et graciles... Je souriais en regardant faire certains qui devaient se prendre, certainement, pour des rois ou des princes.  Loin de moi l'image d'eux en train de mettre tout sens dessus dessous. Non, il y avait plus de chances pour que le personnel fasse ce genre d'idioties, avec toutes les créatures qui habitent l'endroit. Moi ? Je ne fais que rythmer de mes pas lents et discrets, l'ambiance sinistre des couloirs obscurs. Nul ne me remarque dans l'ombre ; il faut dire que je sais m'effacer. Même dans une pièce éclairée, à la vue de tous, ma présence se fait rapidement oubliée.

On m'a même reproché de ne pas assez communiquer avec les autres. Pourtant, voyez-vous, user de sa langue est peut être indispensable aux humains, mais elle ne l'est pas, en tout cas, pour un chien des enfers. Je l'ai appris à mes dépends : les gestes affectent d'avantage les personnes que les paroles. Après tout, un baiser n'est il pas préférable à un « je t'aime » ? Et une gifle plus marquante qu'un simple « Je te déteste » ?

Malgré cette pensée que je gardais dans un coin de ma tête, je me comportais tout de même en tant que personne civilisée. Garder mes distances avec les autres ne m'empêchaient point d'être poli avec ces derniers.

Consacrant une nouvelle fois cette quotidienne marche à ce genre de réflexions sur moi même, ma réaction se fit légèrement attendre lorsqu'un énorme boucan raisonna jusqu'à mes oreilles. Le bruit ressemblait fortement à du verre se brisant sur le sol.

Je m'arrêtais peu de temps après, plissant mon œil aux faux reflets émeraudes. Malgré mon inattention, il m'a semblé que le bruit était proche de moi. Assez pour m'obliger à inspecter la zone. Je m'avançais hâtivement, sourcils froncés, un léger rictus aux lèvres... Voilà de quoi chasser mon ennui et ce, peut être pour la nuit entière, qui sait ?

Je pu alors admirer les lieux du crime, une poignée de seconde après le violent fracas qui avait éveillé ma curiosité. Mon sourire s'agrandit en voyant le responsable de la casse, près des morceaux   de verre qui constituait l'objet maintenant brisé. Ça devait probablement être un vase, ou un plat peut être. Bref, quelque chose de précieux qu'il aurait été préférable de laisser tranquille sur son étagère.

Ce gars-là n'avait pas vraiment eu de chance en tombant sur moi. J'étais... Comment dire ? D'humeur à vouloir me divertir, si vous voyez ce que je veux dire. Tout en m'approchant, l'expression trônant sur mon visage se faisait menaçante. Je pu remarquer et surtout sentir, la fine traînée de sang sur l'une de ses mains, avant de me pencher sur cette nouvelle proie à la chevelure bien étrange.

"Vous êtes bruyant."

Je joignais mes mains afin de faire craquer mes doigts, tout doucement, et toisant de haut cette jolie trouvaille.

"Vous dérangez. Et vous savez ce qu'on fait aux perturbateurs, ici ?"

Je me léchais les lèvres avant de faire craquer cette fois ma nuque, continuant sur un ton plus bas :

"Approche... Je vais te le dire..."

Cours, cours, cours...

Oh oui, je priais pour qu'il détale, et qu'enfin la nuit me paraisse excitante, distrayante... Car mon jeu favori n'est autre que celui du chat et de la souris. Et je suis toujours le chat, même en étant un chien.


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MessageSujet: Re: Une histoire de karma | ft. Lukas   Ven 24 Juil - 0:32




Une histoire de karma...


"Quelqu'un m'avait vu. Un garde, visiblement, qui était tout sauf amical. Je me redressai sur les éclats de verre en retenant une grimace, fermant la paume afin de ne pas salir plus que nécessaire le tapis de mon sang. Surtout que les tâches d'hémoglobine étaient compliquées à nettoyer. Je relevai lentement mes yeux afin de voir à qui j'avais affaire et déglutit difficilement. Cet homme possédait une beauté démoniaque, il ne lui manquait qu'un regard incandescent afin qu'il ressemble aux démons envoutants décrits dans les livres, s'en était troublant. Je le détaillai de haut en bas, notant tous signes distinctifs dans mon crâne pour que, peut-être plus tard, mon imagination détraquée ne me ressorte un personnage à faire interagir dans mes nouvelles. Des cheveux aussi sombres que les plumes d'un corbeau, présage de mauvais augure, un unique oeil visible d'une merveilleuse teinte forêt, signifiant la liberté, l'envie d'évasion, une carnation délicatement pâle, à en faire jalouser la plus pure des porcelaines pour la préférence de l'astre lunaire, des vêtements ombres pour la discrétion… Oui, cet homme ferait un personnage captivant. Devait être un personnage captivant.

Mais je revins vite à la cruelle réalité en entendant ses articulations craquer puis sa voix basse résonner à mes oreilles. Il possédait un timbre promesse de douleur qui fit parcourir des frissons dans ma colonne vertébrale alors que mon souffle s'accélérait. Je ne devais pas rester ici, bien que ma tête me criait qu'il n'y avait aucun danger et qu'un client de ma trempe ne serait assassiné pour un tel petit accident… mais je ne pus rien faire contre ma conscience et, comme une biche devant les feux d'une voiture, je ne bougeai tout d'abord pas. Mes jambes semblèrent enfin comprendre qu'il était nécessaire de s'enfuir puisque, en le voyant se pourlécher les lèvres à l'image d'un félin, je compris que rien de bon m'arriverait en restant stupidement ici.

J'ai dit, la voix mal assurée : « … Je ne désire rien savoir ! »

Sur ces mots, mon corps pivota en direction de l'entrée et je m'élançai à toute vitesse, désireux de fuir ce garde ressemblant un peu trop à un prédateur voulant me dévorer. J'espérai un instant ne pas être suivi, mais je crus entendre un instant des bruits de pas derrière moi, avant que ceux-ci ne se taisent. Je sortis du manoir en me mordant les lèvres, un cri coincé dans les tréfonds de ma gorge. Je pouvais sentir mon coeur palpiter d'anxiété, battre de manière effrénée et j'eus l'image d'un pauvre petit lapin coursé par un grand méchant loup. Le petit chaperon rouge se faisait dévorer, après tout, alors pourquoi pas moi ? Mauvaise pensée. Je serrai les poings en accélérant encore un peu et, arrivé aux jardins, je m'arrêtai, soufflant comme un boeuf. J'avais un point de côté et respirer m'était douloureux. J'avais bêtement donné tout ce que j'avais pour mettre le plus de distance entre cet homme et moi, sans réfléchir aux conséquences. Expirant longuement, je marchai plus tranquillement pour me dissimuler derrière des rosiers, les mains sur les cuisses. Je me laissai tomber sur les fesses en tentant de reprendre mon souffle, levant la tête vers le ciel nocturne éclairé par un quartier lunaire encore incomplet. La pleine lune n'était pas pour tout de suite.

N'entendant plus de pas derrière moi, je me relaxai en imaginant avoir semé le garde et me permis un soupir de soulagement. Je ris ensuite bêtement, évacuant mon stress d'une manière ou d'une autre. c'était stupide de ma part de m'être mis à courir ainsi alors que j'aurai pu discuter du remboursement avec cet homme… Mais rien qu'au souvenir de son sourire, je pus sentir des frissons me traverser. Je souris tout de même tout seul en me disant que, dans un autre contexte, être poursuivi par un homme aussi beau ne m'aurait point dérangé…

baissant mes yeux vers mes mains abîmées, je dardai doucement ma langue afin d'ôter le sang qui me collait au main. Le goût métallique me fit grimacer un peu, mais je ne m'arrêtai qu'en entendant un bruit qui me fit sursauter, manquant de me faire chuter sur le dos. Une brindille venait de craquer non loin de moi. Mon coeur manqua un battement. "




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Rainsworth Lukas

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MessageSujet: Re: Une histoire de karma | ft. Lukas   Sam 25 Juil - 4:48


Une histoire de karma
U

huh…

Je soufflais un léger rire mesquin traduisant mon excitation, ma satisfaction. Il courait, il avait peur… Je n’aurais pas espéré mieux !
C’est avec un large sourire aux lèvres qu’à mon tour, je me précipitais aux arrières de ma proie, la dévorant d’un regard déformé par ma frénésie. Ma démarche se faisait légère, et pourtant très rapide, même si je me retenais juste assez pour ne pas rattraper le jeune humain trop tôt. Il serait dommage de voir un jeu tant récréatif se finir en deux minutes seulement… Le plaisir doit durer, encore et encore, jusqu’à ce que le jour se lève !

Le voilà qui se dirigeait vers l’entrée, et sortait du manoir. Inconscient, je suis bien plus à mon aise dehors qu’à l’intérieur, du moins sous ma forme originelle. Celle-ci bouillonnait à l’intérieur de moi. J’avais tant envie de courir à en perdre haleine,  de m’élancer sur l’herbe fraichement coupée sous la lueur de la lune… Rien ne me faisait plus envie. Mais, étais-ce donc sans danger de prendre mon apparence canine en ces lieux pleins d’humains ? Ce n’est pas comme si j’avais l’apparence d’un chien comme un autre. Non, moi j’étais bien plus imposant, doté d’une mâchoire aux crocs acérés, et ancré d’un regard rouge luisant de mille feux. Le chien des enfers n’est pas un chien, c’est un monstre avant tout. Certains naissent avec plusieurs têtes, et ce n’est pas beau à voir… Après tout, nous ne sommes pas fait pour être regardés, mais bien pour être défiés. C’est du moins la raison que je me suis faîte. Je n’ai jamais rencontré de congénère, j’ai toujours vécu avec les humains jusqu’à Red Castle. Enfin, ceux-là ne m’ont jamais grandement considéré, hormis par peur ou par nécessité…

Je ralentissais, ne quittant pas pour autant le fuyard de mon œil émeraude. Il paraissait s’arrêter au loin, vers les jardins.

"On joue à cache-cache maintenant ?"

Je n’étais pas vraiment sûr de moi, pourtant l’envie de me transformer maintenant me torturait. Dans le pire des cas, je m’arrangerais pour que cet humain disparaisse sans un mot. Après tout, à Red Castle, c’est chose courante non ?

Je m’avançais dans la nuit, avant de me concentrer. Soudain ma silhouette se déforma, semblant se courber vers le sol. Je fermais les yeux l’espace d’un instant durant lequel je ressentis une faible douleur. Lorsque je les rouvris, le sol me semblait plus proche, mon odorat plus fin, ma vue plus détaillée, plus profonde, et mon ouïe plus fine que jamais. Avec ma forme originelle, ce serait un jeu d’enfant de rattraper l’humain pour le surprendre.

Je sentais d’ailleurs bien vite son odeur que je ne tardais à suivre à travers fourrés et buissons, avant de me faufiler entre les rosiers.
Je pourrais rester des heures ainsi, avec mes capacités sensorielles décuplées et cette impression de liberté totale…

Avançant à pas de loups dans la végétation, je ne mis guère longtemps à trouver ma proie dont émanait une légère odeur de sang tout à fait reconnaissable.

Grrr…

Je laissais s’échapper un léger grognement, avant de me jeter sur l’humain. Non pas pour le mordre ou le griffer, malgré mes canines à découvert et ma langue pendante, mais seulement pour le renverser, m’amuser un peu, appuyant mes fortes pattes noires sur son dos.
Je couronnais le tout par un aboiement grave, tout en remuant la queue.

Si j'avais forme humaine, peut être aurais-je libéré l'un de ces rires enfantins qui ne cessent de raisonner dans les murs du manoir ? Les nuits tant mouvementées me semblaient si rares...

Je mordillais alors la jambe de mon jouet, trouant ses vêtements en prenant soin de ne pas lui faire de mal. Enfin, si il bougeait, mes crocs allaient forcément toucher à sa peau si claire, si délicate.

Il serait dommage d'abîmer un si joli corps ~~




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MessageSujet: Re: Une histoire de karma | ft. Lukas   Lun 27 Juil - 5:05




Une histoire de karma...


"Un grognement résonna dans la nuit, me faisant écarquiller les yeux. Le garde avait-il décidé de lâcher les chiens afin de me pourchasser ? Mince, si c'était bel et bien le cas, ce que j'avais cassé devait coûter plus cher que je ne l'estimais. Ce n'était toutefois pas le moment pour penser à de l'argent, le canidé me sauta sur le dos et me renversa avec une facilité déconcertante sur le sol. Je pouvais sentir ses puissantes et larges pattes posées sur ma colonne vertébrale et je glapis quand il eut la délicate idée de me mordiller la jambe, trouant mon pantalon de ses dents acérées. Je n'osai plus bouger et retins mon souffle en fermant les yeux bêtement, attendant simplement ma sentence… mais rien n'arriva. Le chien ne m'attaqua pas et, mis à part trouer mes vêtements, il ne semblait pas vouloir me faire grand chose. Je soupirai bruyamment de soulagement et me tortillai un instant comme un vulgaire asticot dans le but de m'asseoir et d'ôter l'animal de mon dos. Il pesait lourd, il s'agissait sans doute d'un grand canidé… mais quand je pus enfin poser mes yeux sur lui, je déglutis. Cet animal ressemblait plus à quelque chose se rapprochant d'un loup. Sa fourrure semblait drue et il avait des canines à faire pâlir un requin. Cependant, ce qui retins le plus mon attention fut ses deux yeux carmins. Je n'avais jamais vu tel regard chez un chien, jamais. Etait-ce une sorte de déficience cellulaire ? Mon esprit détraqué d'écrivain se plut à imaginer un animal démoniaque, une créature… mais ma partie plus rationnelle ne fut pas satisfaite par cette pensée trop éloignée. Aha… il ne pouvait pas être un chien surnaturel, c'était ridicule… n'est-ce pas ? J'étais tout simplement fatigué et mon cerveau me le faisait sentir en fonctionnant à deux à l'heure.

Me redressant, je ne lâchai pas du regard cet animal si étrange. Il ne paraissait pas méchant, donc, avec délicatesse et en douceur, j'amenai ma main à sa rencontre. Je savais que toucher des chiens inconnus et ayant l'air démoniaque n'était pas forcément une bonne idée, mais j'étais attiré par cet aspect plus que dérangeant. Gentiment, ma main se posa sur son crâne, entre ses deux oreilles que je flattais de douces caresses. Je le touchai avec autant de douceur que si je maniais un objet en porcelaine et la sensation de sa fourrure chaude sous ma paume me fit sourire. C'était bel et bien un chien en chair et en os, rien à voir avec un quelconque être surnaturel ! Je me rassurai mentalement en effleurant sa tête, laissant mes doigts dériver vers son dos… Quand une pensée illumina mon esprit. Si ce chien appartenait au garde, je ne devais pas rester trop longtemps ici où il me retrouverait !

Je soufflai au chien : « Tu ne mords pas, hein ? Et tu ne vas pas aller avertir ton maître, n'est-ce pas… ? »

Oui, je savais que parler à un chien ne prouvait pas que mon esprit était lucide, mais j'exprimais plus le fond de mes pensées qu'autre chose. Tout en caressant le canidé, je me plaçai à genoux afin de me relever doucement, vérifiant qu'aucun de mes muscles n'étaient froissés ou que ma peau n'était pas superficiellement blessée. Bien, il n'y avait que mes mains de sérieusement coupées. Mes genoux étaient un petit peu amoché, égratigné, mais rien de bien douloureux. Alors je flattai les flancs du chien en me levant, remarquant qu'il était plus grand que ce à quoi je m'étais attendu. Ce chien avait plus la taille d'une panthère qu'autre chose où je rêvai ? Son pelage aussi noir qu'une nuit sans lune était d'une beauté presque irréelle. Aucun doute qu'il pouvait s'en servir afin de se dissimuler dans la nuit.

Je souris tendrement : « Tu es le chien avec le plus de charisme qu'il m'eut été donné de voir. »

Alors, certain d'être hors de danger, je me détournai de l'animal pour repartir rapidement en direction du manoir, peu désireux de croiser le garde effrayant de tout à l'heure..."




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Dernière édition par Bishop Diaval le Mar 25 Aoû - 4:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une histoire de karma | ft. Lukas   Mar 25 Aoû - 2:07


Une histoire de karma
P

ourquoi ne hurlait il pas ? Pourquoi ne prenait il pas ses jambes à son cou ? Et pourquoi ne cherchait il pas à se défendre un minimum ? L’incompréhension me rongeait l'esprit. Pourtant la réponse se trouvait simplement dans le regard de mon interlocuteur. On n'y lisait point de frayeur... Plutôt... De l'intrigue ? De la surprise peut être ? Je trouvais cette expression sur son visage bien étrange, indescriptible même.

Soudain, sa main se posa sur mon crâne. Je sursautais légèrement, ayant du mal à croire ce qui était en train de se produire. Cette sensation... Je n'avais jamais ressenti pareille chose auparavant. Mon cœur battait, j'avais envie de me dérober sous ces caresses que je jugeais alors insensées, mais ne parvenait pas à bouger d'un millimètre. Ne craignait il pas mes morsures, mes griffures ?

Comme pour répondre à mes pensées, l'humain m'adressa quelques mots que j'écoutais avec attention. Si je mords ? Si je vais avertir mon maître ? J'aurais bien ris si j'en avais la capacité sous cette forme. Je n'avais pas l'intention de lui faire du mal pour le moment, et... Mon seul maître en ces lieux, c'est moi-même.

Il continuait ses égards affectueux sur mon pelage. À moi qui ne devait sans doute pas sentir la rose, à moi qui aurait dégoutté le plus laid des humains, à moi qui serait capable de tuer sans aucune pitié, l'on offrait des caresses qui se faisaient de plus en plus douces, de plus en plus sûres.

Je le fixais, silencieux, toujours immobile, jusqu'à ce qu'il se lève. Allait s'éclipser ? Étrangement, je n'avais  guère envie qu'il s'en aille. Je m'attache décidément bien trop vite aux personnes que je rencontre... Mais lui plus que les autres. Cela faisait tant d'années qu'on ne m'avait pas touché ainsi... Surtout sous ma vraie forme, celle qui est censée repousser n'importe quelle main chaleureuse, n'importe quel regard bienveillant.

Si j'avais pu parler à cet instant, je lui aurais dis d'attendre, de recommencer ces gestes et faire durer cette douceur qui m'a échappé pendant si longtemps. Ses attentions semblaient tant honnêtes...

Le voilà qui m'adressait un compliment. Ah, bien sûr... Il pensait encore que mon apparence humaine était une toute autre personne. Il s’agissait probablement d'une réaction normale, une pensée logique pour un humain tel que lui. Il aurait sans doute peur si je me transformais de nouveau...

Je lui jetais un regard se voulant persuasif, afin qu'il ne parte pas si tôt, mais ma précieuse rencontre me quittait déjà, me tournant le dos.

Alors qu'il poursuivait sa route devant moi, s'éloignant peu à peu, je décidais de le suivre discrètement, à pas de loup. Une fois assez proche de lui, je pris apparence humaine et me redressais pour déposer délicatement ma main sur l'épaule de mon ancienne proie.

« Attends. »

Je laissais un silence s'installer afin d'observer sa réaction, priant pour ne pas qu'il prenne la fuite.

Mon regard se faisant doux. Je ne souriais pas, mais l'expression sur mon visage n'était pas menaçante. Mon souhait était seulement qu'il me laisse un peu de temps... Un peu de temps pour le remercier... Le remercier pour son sourire, ses paroles, ses caresses... Car c'est probablement grâce à ce genre de choses semblant anodines, que j'ai encore le goût de vivre aujourd'hui.



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MessageSujet: Re: Une histoire de karma | ft. Lukas   Mar 25 Aoû - 5:56




Une soirée mondaine et une douce odeur de rose


"
J'eus un sursaut en sentant une paume puissante et chaude se poser sur mon épaule. Ne m'y attendant aucunement, j'étais totalement pris de court, je décidai donc de me tourner lentement, un sourire tremblant aux lèvres. Mes yeux s'écarquillèrent presque d'eux-même en se posant sur la personne m'ayant fait peur ; il s'agissait de mon poursuiveur, du gardien et, un instant, je ne pus m'empêcher de superposer la tête du chien étrange à la sienne. Ils possédaient tout deux le même charisme dérangeant, la même couleur de cheveux pour l'un, de pelage pour l'autre... peut-être avait-il choisi son chien en fonction de son physique ? Je ne savais même pas si cet animal lui appartenait.

Bref, lorsque je le vis, j'eus tout de suite l'envie oppressante de m'enfuir en criant au loup. Je ne le fis toutefois pas, mes jambes se statufièrent lorsque j'avisai son regard doux. Oui, ses yeux avaient perdus leur amusement macabre, ils possédaient maintenant une lumière, un air agréable qui me tranquillisa immédiatement. Certes, il ne souriait pas, mais ses prunelles le faisaient pour lui. J'haussai les sourcils, les faisant disparaître dans mes cheveux alors que, doucement, je demandai, presque incertain : « Oui... ? Vous aurai-je offensé d'une manière ou d'une autre ? C'est... le vase, n'est-ce pas ? Ou le chien ? Désolé, je n'aurai pas du le toucher, il est à vous et.... »

Et rien du tout. Je m'enlisai dans mes excuses, bêtement, ne sachant pour une fois pas quel mensonge tisser. Je me grattai honteusement la nuque en détournant le regard, déstabilisé par cette scène des plus abracadabrantes. N'était-ce donc pas ce garde qui désirait si ardemment me faire courir afin de me poursuivre et de m'attraper ? De me faire je ne savais quoi pour avoir brisé un objet de valeurs et détruis une pâtisserie de luxe, même s'il ne le savait pas encore ? Je doutai sérieusement et l'envie de prendre mes jambes à mon cou recommença à me démanger les pieds.

Je souris piteusement : « [couleur=#6495ED]Vous avez vraiment un chien fascinant, je n'en avais jamais vu de tel. Il paraissait si dangereux, mais à la fois si... avide de caresses ? Peut-être l'avez-vous choisi pour son apparence effrayante, le condamnant inconsciemment à une vie solitaire... »[/color]

Voyant que je commençai à m'égarer, je secouai la tête en grimaçant. Ce n'était pas le moment de démontrer mes talents d'écrivain et d'orateur en imaginant ce canidé seul, dans son coin, rejeté pour son apparence monstrueuse. Enfin, je ne la trouvais pas monstrueuse, ni laide, ni effrayante. Une fascination plutôt morbide serait peut-être un bon terme... mais je ressentis juste un genre d'empathie à son égard. Je relevai les yeux, les plantant doucement dans celui de mon interlocuteur.
« Navré, je dois vous ennuyer avec mes histoires... Excusez-moi pour ce vase... »

Je finis par me rendre compte que je ne lui avais pas laissé la parole, n'attendant même pas de connaître la raison l'ayant poussé à me stopper. Je rosis doucement, coupable, et fermai la bouche, nous plongeant dans un silence dévorant.

"




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