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 Une passagère clandestine | PV Freya

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Lewis E. Nathanaël

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MessageSujet: Une passagère clandestine | PV Freya    Mar 23 Juin - 13:42


Le torchon tomba lourdement dans le seau d'eau, manquant d'éclabousser le plancher que je venais tout juste de nettoyer, et ce, dans les moindres de ses recoins. L'aube venait à peine de se lever quand j'avais commencé, histoire d'accueillir les clients avec un parquet bien propre et étincelant. Que ces connards allaient salir sans vergogne après coup. Ils le piétineraient de leurs souliers crasseux, étalant boue et herbe çà et là. Et je devrais me taper une seconde fois, puis une troisième fois le lavage du sol. À quatre pattes, passant le torchon à bout de bras en frottant alors que j'ai toujours un paquet d'autres trucs à faire. Je parierais d'ailleurs qu'aucun d'eux ne sait à quel point c'est douloureux pour le bas du dos. J'ai des courbatures à journée longue et, la nuit, c'est le pire. C'est là qu'elles surgissent sournoisement pour m'accabler de leurs maux. J'aimerais bien les voir à ma place moi, les imaginer s'affairer à récurer le sol sept jours sur sept. Peut-être qu'après coup, ils y penseraient à nettoyer leur semelle sur le tapis d'entrée. Il n'était pas là que pour décorer l'endroit, vous savez? Il avait une utilité assez pratique. S'ils pouvaient éviter de l'ignorer, je leur en serais un tant soit peu reconnaissant.

Enfin, bref, je m'étirai, pesant dans le bas de mon dos, massant mes reins avant de choper mon seau par la poignée métallique. À cette heure, il n'y avait encore presque personne de lever, tout le monde dormait confortablement dans leur lit douillet, tandis que moi je m'affairais déjà. Oh, vivement qu'on me trouve un collègue. Le manoir n'était pas nécessairement petit, au contraire, et c'est bien pour ça qu'on l'appelait un manoir et non une maison.  Il y avait trop de pièces, trop de planchers. Ça n'en finissait jamais. C'en était décourageant parfois. Au moins, y avait-il des pièces où les clients ne mettaient pas les pieds et ne salissaient donc pas l'endroit. Je n'avais pas à passer trois fois par jour, je pouvais alors me râper et me ratatiner les mains en lavant la literie, ou me donner envie de vomir en nettoyant les toilettes, l'odeur si nauséabonde effleurant mes narines.  Je me demandais sérieusement ce que les clients ingéreraient parfois pour sentir aussi mauvais. Je devrais peut-être demander au cuisinier et voir avec lui s'il ne pouvait pas confectionner de bons plats qui passent plutôt bien dans l'estomac. Pas que je voulais que ça sente la rose, mais qu'au moins ça en soit respirable et que ça ne me donne pas la séduisante envie de m'arracher le nez. Je me disais souvent qu'une écurie de porc devait sentir bien meilleur et que j'aurais presqu'envie de changer de boulot pour aller travailler là-dedans.

Je traversai la grande salle, plusieurs couloirs, descendant les marches jusqu'à la porte arrière où je déposai mon seau d'eau sale. Le marchand devait bientôt arriver avec les marchandises qu'on avait commandé et qui commençaient sérieusement à manquer. Ou, encore, qu'on avait besoin de remplacer. Je sortis dehors, refermant la porte derrière moi et profitant de l'air frais matinal. Cette petite pause ne ferait pas de mal, vraiment pas de mal. J'en profitai pour m'asseoir dans les escaliers, me faisant une petite place sur une marche cabossée. Levant les yeux au ciel, je pris la peine d'observer les nuages et de les contempler, me disant qu'un ressemblait à un lapin, qu'un autre à une crevette et qu'un autre à un chapeau. Ils bougeaient lentement, porter au gré du vent. Je plissai les yeux avant de baisser la tête. Finalement, je préférais regarder le sol et les pierres. Non, le ciel ne faisait que m'attrister. Il me rendait toujours mélancolique et, bon Dieu, pourquoi mes yeux étaient-ils toujours portés vers les cieux? Ces cieux dont je n'avais aucun souvenir? Voilà, je n'avais plus l'esprit occupé et celui-ci divaguait évidemment vers le trou noir qui composait le fond de ma mémoire. Urgh, vivement que le marchand arrive bientôt.

Et mon souhait fut plutôt vite exaucé, entendant bientôt le martèlement des sabots et le hennissement des chevaux, puis les roues du chariot frappant les dalles du pavé cabossé. Je me redressai, saluant le vieux marchand qui sauta en bas rapidement, filant directement au manoir en me lançant qu'il avait besoin d'utiliser les toilettes et que je pouvais commencer à débarquer les objets, les sacs, les boîtes, tout le tralala quoi. Alors, je ne me fis pas prier, j'avais d'autres choses à faire après coup, et embarquai d'un bond agile dans le vieux chariot. Les planches craquèrent sous mon poids et je me demandais encore comment il faisait pour supporter le poids de toutes ses marchandises sans céder. Cela faisait des années que Williams se promenait avec son fidèle chariot et je dois dire que je me suis toujours attendu à le voir arriver un jour ou l'autre avec un nouveau, m'annonçant que l'autre l'avait finalement lâché. Enfin, je ne perdis pas de temps, attrapant le premier sac en vue vivement, tirant dessus brusquement et sans douceur, avant de me rendre compte que ma main n'avait pas seulement agrippé la toile, mais aussi une mèche de cheveux rousse, flamboyante. Et, en tassant légèrement une autre boîte, j'aperçus une touffe orangée. On aurait dit du feu. Je clignai des yeux, fixant d'un air suspicieux ma trouvaille. "Et bien, je ne savais pas que le patron avait acheté une gamine." Mes mots avaient passé mes lèvres avant même que je n'y réfléchisse, sans mon accord d'ailleurs. Ce n'était après tout pas son genre. Je pense.



Dernière édition par Lewis E. Nathanaël le Jeu 25 Juin - 5:26, édité 1 fois
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Llywlyn Freyja


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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Mer 24 Juin - 5:01

Le soleil réussi, par quelconque magie irritante, à se faufiler entre le feuillage épais pour venir frapper directement sur mon visage. Pourtant, j’aurais jurée être entièrement recouverte de sacs et d’autres marchandises. Apparemment, j’avais tort. Un rayon perdu a réussi à me taper sur les yeux suffisamment fort pour que je me réveille. Et ça, c’est une autre chose! Pour une fois que je réussissais à dormir, il fallait que quelque chose vienne me déranger. Il y a définitivement quelqu’un là-haut, qui ne m’aime pas. Qu’ai-je bien put faire pour offenser les cieux? À réflexion, la liste est bien trop longue. Bon, je l’admets, peut-être que j’ai mérité cette haine venue du ciel. Mais jusqu’à venir me réveiller? C’est tout simplement malpoli. Bon bon, j’exagère. Je sais très bien qu’il ne s’agit que d’une coïncidence. Le soleil brille tout les jours, les divinités n’ont rien à voir avec ça. Cependant, cela m’amuse de blâmer mes malheurs sur le ciel. Et ils savent que j’en ai connu, des malheurs. En commençant par cette blessure… En fait, pour bien formuler mes pensées, je devrais probablement dire en finissant par cette blessure. Car c’est surement celle-ci qui me tuera. Ou bien ce sera ma perpétuelle inattention. Effectivement, pendant que je divaguait, quelqu’un c’est approché. Maintenant que je suis alerte, je ressens sa proximité dans toutes les fibres de mon être. Jusque dans mes cheveux. Mes cheveux? C’est seulement à ce moment que je réalise que quelqu’un me tire les cheveux. Merde! Que faire? Rien. Je ne peux rien faire sauf attendre et prier que la personne me tirant les cheveux soit mentalement attardée et qu’elle ne réalisera pas ce qu’elle tient dans sa main. Bref, je suis foutue.

Comme pour répondre à mon affirmation, une voix grave s’élève près de moi."Et bien, je ne savais pas que le patron avait acheté une gamine". Vraiment? Une gamine? Achetée en plus? Non mais tu sors d’où toi? Et plus important encore, je suis où? Dans le fond, peu importe. Je vais lui botter le cul pour m’avoir traitée de gamine et après je vais me cacher quelque part et me laisser mourir. Je me prépare mentalement pour l’affrontement, tentant d’accumuler le plus de rage possible en moi. Puis, brusquement, je me redresse et, avec un regard furibond, dit : " Moi? Une gamine?! Viens donc ici que je te fasse ravaler tes paroles!" C’est seulement après avoir laissé échapper cette menace que je réalise que l’homme qui me faits face n’est pas qu’un simple vieillard facile à battre. J’aurais dû m’en douter par le son de sa voix mais je ne suis pas dans mon meilleur état. Ça, c’est une autre chose! Il n’y a que moi pour provoquer une bagarre lorsque je suis blessée. Mais bon, il est trop tard, le mal est fait et le puissant jeune homme ne tardera pas à réagir.
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Lewis E. Nathanaël

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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Jeu 25 Juin - 5:23


La mèche était douce, étrangement soyeuse, mais aussi assez crasseuse, je dois bien l'avouer. Un peu comme si elle n'avait pas été lavée depuis, hm, quelques jours je dirais? Comme si elle avait passé un long moment dans ce chariot poussiéreux. Williams n'avait jamais été un fervent représentant de la propreté et du ménage. Bien le contraire. Moins il en faisait, mieux c'était. Je pense que c'était sa femme qui s'occupait de nettoyer le carrosse, de passer un coup de balai à l'intérieur et d'enlever les nombreuses toiles d'araignée. Seulement, elle était décédée depuis belle lurette. D'une vilaine pneumonie, je crois, à cause d'une violente tempête en hiver. Williams n'était pas là, à son chevet, quand c'était arrivé et je crois qu'il ne se l'est jamais pardonné. Il faut toujours éviter de prononcer le nom de sa défunte épouse devant lui ou simplement d'y faire allusion. Sinon, son regard se voile toujours de cette immense tristesse mélangée à un grand remords.  Même si le temps passait, que l'aiguille sur l'horloge continuait d'avancer, il ne semblait pas être en mesure de faire son deuil. Enfin, il souriait, riait, avait l'air heureux. Mais tout le monde savait que ça ne cachait au final que sa profonde blessure, ce n'était qu'une carapace qu'il s'était formé pour se protéger un tant soit peu de la dure réalité.

Mes yeux sombres se posèrent sur le visage de ma trouvaille, glissant de sa chevelure de feu à ses prunelles verdâtres, d'un beau vert qui lui seyait à merveille, à ses traits fins et son teint pâle. On aurait dit des émeraudes aux éclats flamboyants. Toutefois, les lueurs qui y valsaient ne semblaient pas dues seulement et simplement à la lumière ou, plutôt, aux rayons du soleil qui se frayaient un chemin à travers les nuages. D'ailleurs, ils causaient aussi des reflets orangés, voire dorés, étincelant dans ses cheveux. Je ne pus m'empêcher de la dévisager. Tout chez cette petite gamine me rappelait l'ardeur d'un feu, d'une flamme que si on approchait de trop, on risquait de s'y brûler, où on risquait de flamber ses ailes. Cependant, le cours de mes pensées fut interrompu par ses paroles et son soudain gain d'énergie. Machinalement, j'avais relâché la mèche rousse, la laissant s'évader de la prison de chair qu'étaient mes doigts. Je ne pense pas qu'elle aurait beaucoup apprécié de se retrouver avec une mèche en moins. Vue comme elle s'était redressée vivement, brusquement et rapidement, elle aurait probablement été arrachée. Personnellement, je n'avais pas trop envie d'avoir une touffe de cheveux en souvenir. Non, vraiment pas. Rien que l'idée me révulsait bien assez et m'arrachait même un frisson de dégoût.

Comme j'étais penché, je me pris la peine de me redresser, soulevant au passage le sac de pommes de terre que je logeai dans le creux de l'un de mes bras. J'arquai un sourcil, l'observant en continuant de la dévisager. Mon regard la parcourut de la tête aux pieds. C'était moi où elle avait de ces airs masculins, plus que moi d'ailleurs? Ses habits, son attitude même. Il en manquait peu et elle était plus grande. Je dirais un bon petit cinq centimètres. C'en était un peu vexant, de dire que j'avais probablement des allures plus féminines qu'elle. Ha, la joie d'un ange. Enfin, d'un ange déchu. Il n'empêchait toutefois que j'avais gardé ces traits androgynes si caractéristiques aux anges. Je m'en serais bien passé, pour être franc, de ce visage, de ce nez, de ces lèvres rosées, de ces sourcils exagérément fins. Il n'y avait que ma mâchoire quelque peu carrée et mes épaules un peu plus larges que celle d'une femme pour me départager de la gent féminine.

Bref, la passagère semblait plus ou moins ravie de ma phrase et semblait avoir plus ou moins envie de se battre. Je tournai des yeux. Elle avait la mentalité d'un homme par-dessus le marché, à se frustrer pour un rien. "Oui, une gamine. Ou tu préférerais gamin? Un ou l'autre, ça a l'air de bien te correspondre" que je grognai, me penchant alors pour attraper un autre sac, ignorant dès lors ses petites menaces qui, de toute façon, n'étaient probablement que du vent. J'avais autre chose à faire que remettre à sa place une môme un peu trop bagarreuse, à commencer par vider ce chariot. Ha, les humains, ça ne pensait qu'à se cogner pour régler leur différend. Une généralité, je sais, mais enfin. Plus le temps passait, plus mon estime pour l'humanité avait vaguement tendance à diminuer. "Tu veux parler de me faire ravaler mes mots ou du fait que mademoiselle voyage clandestinement dans un chariot. Sans payer et à l'insu du conducteur, je suppose?" Williams m'en aurait parlé, autrement, qu'il transportait une morveuse rageuse et impudente. Je disais morveuse, cependant, elle devait bien avoir plus de dix-huit ans, avoir en somme sa majorité. Sauf que, quand tu as plus de deux siècles - deux siècles dont tu as les souvenirs tout du moins -, il est assez légitime de considérer un jeune de près de dix-huit ans comme un môme. J'avais tendance à oublier que ce n'était au contraire pas le cas pour les humains. Oh well. J'ai quand même l'air d'avoir près de 28 ans et si on avait l'imagination fertile, je pourrais même dire 30 ans. Je pouvais bien l'appeler morveuse si ça me chantait.  
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Jeu 25 Juin - 14:28

S’il pourrait arrêter de me dévisager comme une bête de foire, j’apprécierais beaucoup. Il a commencé par me scruter le visage, puis ses yeux ont parcouru mes habits. J’ai cru entrevoir une étrange lueur dans ses yeux à mes allures de garçon manqué. De la désapprobation? Probablement. Mais je n’ai rien à faire de son opinion. Lorsqu’il me traitre de gamin, cela confirme mon impression. Pfft un gamin. Il n’est vraiment pas en position pour parler lui, avec son air efféminé.

Me portant à peine attention, il ramasse un sac et se redresse. Clairement, il se moque de mes menaces. Parfait. J’adore quand c’est foutus hommes aux mentalités fermées me sous-estiment. J’adore voir la surprise sur leur visage lorsque je leur coupe la gorge oui! À cette idée, un sourire passe furtivement sur mon visage. Heureusement, je ne crois pas qu’il le remarque. Tant mieux s’il me croit faible! L’effet de surprise est après tout mon arme préférée. Je glisse subtilement ma main dans mon manteau pour y prendre une dague. Le fait que je suis encore dissimulée entre les boîtes vient à mon secours en camouflant les mouvements de mes mains.

Son commentaire sur mon petit voyage clandestin aux frais d’un autre ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde. Évidemment que je me sens coupable d’embarquer dans la charrette de cet homme sans son approbation. Cependant, lorsque j’y suis embarquée, j’étais blessée et embarrassée. Je craignais qu’il ne me prenne pas au sérieux ou pire qu’il me ridiculise encore plus. Logiquement, si j’avais de l’argent, j’en aurais laissé dans le chariot après mon départ. Mais, malheureusement pour moi, ceux qui m’ont volé ma victoire m’ont aussi piqué ma bourse. Ma culpabilité face à mon voyage clandestin cède cependant rapidement place à la colère. Il ose me juger alors qu’il n’a aucune idée des épreuves qui m’ont menées dans ce chariot poussiéreux? Et bien moi, je vais lui montrer à juger les autres injustement.

Patiente, je laisse ma rage enfler et enfler jusqu’à ce qu’elle atteigne son paroxysme. Je sens ce serpent meurtrier tournoyer dans ma poitrine. J’ignore pourquoi, mais cette présence obscure me rassure. Peut-être est-ce parce que je me sens plus forte lorsque je suis furieuse. Un autre regard vers l’homme et son regard arrogant et ma colère atteint son maximum.

Ma dague quitte ma main à une vitesse surhumaine et se dirige directement vers sa gorge, certaine de s’y enfoncer.
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Lewis E. Nathanaël

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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Ven 26 Juin - 11:09


Silencieuse, étrangement, elle était devenue bien silencieuse. Le mutisme avait-il pris d'assaut sa petite gorge, lui avait-il ordonné de se taire avant de s'enfoncer davantage? Ou, peut-être, ne trouvait-elle pas de répliques assez convaincantes à me renvoyer? Elle qui semblait pourtant en avoir des cinglantes en réserve. C'était une impression que j'avais eue dès qu'elle avait pris la parole. Le ton, les mots, c'était une personne un peu trop imbue d'elle-même, qui se croyait plus forte que n'importe qui et se surestimait. Pourquoi osais-je penser de telles choses? Car j'en avais trop vu dans ma vie pour ne pas reconnaître les prémisses d'une telle personnalité. C'était une gamine, une enfant, qui défiait un homme dont elle ne savait absolument rien. Ce n'était pas réellement ce que j'appellerais une idée brillante. N'étant même pas humain, étant si on le voulait un type de monstre, arriverait-elle vraiment à me faire poser un genou au sol et relever la tête de cet air abattu, défait? Elle se fourvoyait et j'imaginais que lui en faire prendre conscience ne devait pas tant lui plaire et que ça clouait sa langue à son palais. Son orgueil devait détester tout autant que sa fierté mal placée. S'énerver pour si peu, quelle plaie. Mais voilà petite, il vaudrait mieux pour toi que tu apprennes où tu te situes, car les gens ne sont pas tous aussi gentils que moi et certains ne se gêneront certainement pas pour employer des méthodes plus violentes, moins pacifiques. Étrangement, je suis sur que tu n'apprécierais pas. As-tu seulement la moindre idée d'à quel point l'humanité peut être atroce? D'à quel point elle est la pire des bêtes existantes en ce bas monde? Parfois même les démons ont l'air d'anges comparés à eux. Et je n'aimais pas les démons.

Finalement, alors que je m'apprêtais à me retourner, mes yeux s'écarquillèrent en voyant ce reflet argenté. Vif. Éclatant. Agressif. Ha, merde. Réflexion faite, peut-être avais-je été celui qui se fourvoyait.

Je reprenais mon souffle haché, une légère panique encore présente dans le creux de mon estomac. Si j'avais été un pauvre humain, je serais certainement mort, étendu au sol dans un bain de sang, me vidant de ma vie et la regardant défiler sous mes yeux. Mes réflexes m'avaient sauvé, ceux de se décaler sur le coté dès que j'aperçus le métal dans sa main, dès que je sentis ce danger imminent. Quelques secondes, je n'avais eu que quelques secondes pour penser et agir. Voire beaucoup moins. Instinctivement, j'avais aussi monté le sac de pommes de terre pour me protéger ne serait-ce qu'un tant soit peu. Il n'avait servi à rien, mais sérieusement à rien. La lame avait passé au travers comme s'il s'agissait d'un simple amas de beurre, éventrant la toile sans gêne. Je sentis aussi ce brûlement si désagréable d'une entaille dans mon cou. Heureusement pas assez pour lacérer ma carotide ou sinon le sang coulerait réellement à flots. Une de mes mèches n'avait pas non plus été épargnée, coupée sèchement en diagonale, mes cheveux tombaient lentement, un peu comme s'ils étaient bercés par l'air. La première chose qui me vint en tête, c'était que ce serait vachement laid, qu'il faudrait que je trouve un moyen de cacher ça au minimum. Peut-être avec une tresse? Question de ressembler davantage à une femme, pourquoi pas.  

Ravalant ma salive, mon regard avait suivi la course de son poignard qui, ma foi, était une arme assez létale, plus que je ne l'aurais cru. Je le vis tout d'abord trancher le nez d'une statue à l'allure grecque se dressant en bordure du pavé avant de s'enfoncer jusqu'à la garde dans un vieux saule pleureur. Machinalement, je passai ma main à ma gorge, la massant avec une certaine inquiétude. Bon Dieu, ça avait failli finir là. Mes doigts passèrent sur ma peau déjà cicatrisée, la légère entaille s'étant guérie presque aussitôt et, heureusement, une seule petite goutte de sang semblait avoir réussi à s'enfuir pour, par la suite, rouler vers le bas, se cacher à l'intérieur de mon collet et tacher ma chemise. J'espérais simplement que la demoiselle un peu trop violente ne l'ait pas remarqué, que mon cou soit resté caché par le sac de patates ou qu'elle soit un peu trop perdue dans ses petites pensées rageuses. Lentement, je ramenai mes iris vers la jeune furie. "Oi... t'as vraiment aucun respect pour la vie des gens toi, hein." Je replaçai après coup le sac dans le creux de mon bras, l'observant plus attentivement maintenant. Disons que si elle avait un autre poignard, j'aimerais bien m'en rendre compte un peu plus tôt la prochaine fois. J'y avais échappé de justesse. J'étais peut-être un ange déchu, mais j'étais loin d'être immortel. Je pouvais mourir comme n'importe quel humain et, malheureusement, je ne m'étais pas encore lassé de ma vie.

D'un pas vif, je m'approchai d'elle, écrasant au passage ma mèche de cheveux et laissant retomber l'un de mes sacs lourdement sur les planches de bois, un nuage de poussière se levant, créant une nuée grisâtre qui piquait les yeux. J'avais besoin d'une main libre et, cettedite main, je la portai vers elle, cherchant à attraper son poignet, à l'enlacer et l'emprisonner de mes fins doigts. Je pensais qu'une petite discussion ne lui ferait probablement pas de mal. Simplement pour lui dire que régler ses problèmes ou, plutôt, essayer de tuer une personne parce qu'on est frustrée ou vexée, ce n'était pas très, hm, bien. C'était même méchant. Devais-je employer des termes enfantins pour lui faire comprendre la chose? Si je lui disais que ce n'était pas permis par la loi, s'en moquerait -elle tout bonnement? Le savait-elle seulement? J'imaginais qu'elle ne concevait même pas pouvoir se retrouver derrière les barreaux, en cage, sans liberté, enfermée pour bien longtemps. La pendaison était aussi dans les choix. Aimerait-elle avoir sa jolie nuque brisée? "J'ai deux trois trucs à te dire la furie... ou peut-être la meurtrière en série?" C'était une pique je lui lançais, je voulais voir sa réaction à ces mots. Des yeux étonnés? Un regard fuyant la vérité? Davantage de frustration peut-être?
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Ven 26 Juin - 14:23

Bon là, c’est officiel, les dieux m’haïssent. Non mais vraiment? Il a évité mon poignard?

… Il a évité mon poignard. Personne n’évite mes dagues volantes. Personne d’humain en tout cas. Alors qu’est-il? Bonne question. Je n’ai aucune idée mais je me ferai un plaisir de le découvrir. Est-ce une goutte de sang que j’aperçois là, sur le col de sa chemise? Oui, c’est bel et bien du sang. Mais où est la coupure qui l’accompagne? Déjà cicatrisée? Probablement. Après tout, je doute fort qu’il soit humain. Alors qu’est-il? J’espère sérieusement qu’il soit une créature végétarienne car je n’ai vraiment pas envie de finir mangée. J’imagine que je ne tarderai pas à découvrir ses préférences alimentaires. Cela dit, si la douleur qui me déchire présentement les entrailles ne me tue pas avant.
Je suis tellement idiote. J’aurais pu facilement éviter tout ceci. J’aurais pu m’expliquer et espérer qu’il trouve mes excuses valables. En fait, j’aurais même put proposer de travailler pour compensé du désagrément posé par ma présence dans ce chariot. Mais non. Il  a fallu que mon orgueil y mettre son mot. Et, comme toujours, portée par l’arrogance, j’ai pris la mauvaise décision.

Mauvaise décision. Au fond, c’était un choix comme les autres. Un choix qui aurait eu d’excellents résultats si celui qui m’avait découvert avait été humain. Mais bien sûr, je suis probablement tombée sur le seul immortel de la région. Cependant, rien ne me prouve qu’il soit immortel. Si seulement j’avais une autre dague, je pourrais tester cette théorie. Heureusement pour sa gorge, je suis désarmée. Non mais quelle chance j’ai! Je ne crois pas aux coïncidences. La conclusion à en tirer: les dieux m’haïssent. Non seulement ils mettent ce foutu homme aux réflexes incroyables dans mon chemin, ils font en sorte que je n’ai pas de deuxième essai.

Je crois l’entendre faire allusions à mon indifférence face au meurtre. Pfft ça t’apprendre à provoquer des étrangers. Quoique, cette leçon s’applique aussi bien à lui qu’à moi. Contente de ne pas être la seule personne qui sous-estime les autres.

Je l’entends s’agiter, cependant, je suis maintenant entièrement concentrée sur la douleur. Et quelle douleur! Au début, elle s’est éveillée dans mon ventre. Une poignante douleur qui s’est déplacée aussi rapidement que mon poignard. Maintenant, elle me cloue au sol. Je serre les dents, voulant à tout prix éviter de gémir. Quoiqu’il est assez difficile de faire du bruit lorsqu’on peut à peine respirer. Peut-être que je devrais essayer de pleurer et de geindre. Qui sait, peut-être qu’il prendrait pitié de mon état. Ouais, je suis sûre que sa première idée sera de venir à la rescousse de la personne qui a tenté de lui ficher un couteau dans la gorge.  Je soupire faiblement, découragée par ma propre naïveté. Il ne me sert à rien de me donner de faux espoirs. Je sais que je vais crever. Avant de tomber, j’ai bien vu son regard furieux. Ou, du moins, je crois l’avoir vu. Je ne sais plus ce qui est réalité et ce qui est un produit de cette douleur qui me dévore de l’intérieur. Selon toute logique, il et furieux et entrain de mijoter ses propres idées meurtrières.

Je l’entends laisser tomber les sacs qu’il transportait, surement pour me flanquer une volée avant de mettre fin à ma vie. Je me tasse sur moi-même, espérant ainsi protéger mon ventre. Quoique ça ne fasse aucune différence. Je ne suis clairement pas en position de me défendre. J’entends ses pas se rapprocher puis sa voix résonne tout près. Oh à quel point j’aimerais être en état de lui faire ravaler ses paroles.  
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Sam 27 Juin - 5:11


Silence, encore. Peut-être pourrions-nous même entendre une mouche volée et tournoyée dans les airs. Le seul petit hic, c'était bien tous les bruits à l'extérieur du chariot, dont notamment les oiseaux qui piaillaient à cœur joie. Nous étions toujours très tôt le matin, le manoir commençait doucement à bouger, donnant presque l'impression qu'il n'y avait plus que nous deux dans le domaine. Williams n'était pas revenu et je me disais vaguement que ça devait être une grosse envie ou que, peut-être, il avait trouvé le moyen de se perdre dans les différents couloirs. Au fond, ça ne serait pas si étonnant. Ce n'était pas petit et je le savais bien. Il reviendrait sûrement d'un moment à l'autre et on pourrait probablement discuter de sa passagère clandestine. Je le connaissais bien et je savais qu'il ne ferait que s'esclaffer en lui disant qu'elle aurait pu se montrer et venir s'asseoir sur le banc à l'avant avec lui, qu'il aurait bien aimé sa charmante compagnie et une personne avec qui parler pour passer les heures et les journées. C'était un bon vieillard. Un peu trop bon même. Sa gentillesse lui retomberait dessus un jour ou l'autre et ça ne serait certainement pas d'une bonne façon. Je le lui répétais souvent, de faire attention avec les étrangers et sa réponse était, est et restera toujours la même. « Si je n'ai pas confiance en mon prochain, comment peut-il alors avoir confiance en moi en retour? »

Mais, Williams, il y a des gens dans ce bas monde, comme dans tout monde, à qui il ne faut pas faire confiance, qui ne le mérite pas et qui en abusera volontiers. Les humains ne sont pas tous sympathiques, ils ont même tendance à pencher plutôt pour le contraire, à épouser la méchanceté comme si elle était leur deuxième nature. Regarde cette petite rousse qui, comme première chose, pense à m'éliminer et à faire tomber ma tête. Pour une simple remarque qui, au fond, n'était pas bien vilaine. Je ne pensais pas qu'elle puisse mériter une quelconque confiance de la part de n'importe qui, elle était bien trop dangereuse pour la santé de ses prochains. Et je savais pourtant qu'il me contredirait, me dirait que c'était peut-être justement parce qu'elle n'en avait jamais eu qu'elle était ainsi, que tout le monde a le droit à sa chance et qu'il le lui donnerait. Pas d'exceptions pour lui.  

Toutefois, mes pensées changèrent vite de capte alors qu'elle s'effondrait devant moi, lourdement au sol, ma main qui cherchait à attraper son poignet se refermant dans le vide.  Mes sourcils s'arquèrent bien haut un peu en mode : « mais que se passe-t-il? » Elle qui, quelques secondes plus tôt, se tenait droite et fière, la voilà maintenant étendue sur les planches de bois, recroquevillée sur elle-même. Une feinte pour mieux pouvoir m'attaquer à revers? C'était ce à quoi je pensai en premier. Cependant, sa respiration saccadée, haletante, me fit réaliser la chose plus probable. Je laissai vivement tomber mon second sac au sol qui, à son tour, fit relever un petit nuage de poussière, m'arrachant une légère quinte de toux alors que je m'accroupissais près d'elle. Sans la moindre cérémonie - elle n'en avait pas fait lorsqu'elle avait tenté de m'assassiner, alors hors de question d'en faire à mon tour -, j'attrapai l'une de ses épaules pour la pousser dos contre le plancher. Elle était petite cette épaule, ronde, féminine. Ma main me paraissait soudainement large, soudainement bien grande, tandis qu'elle en faisait le tour. Au fond, c'était bel et bien une fille, qu'elle agisse en homme ou non. Elle restait une petite chose qui donnait envie qu'on la protège.

Mes yeux devenus étrangement sérieux se posèrent dans les siens, lui intimant de rester calme ou je ferais en sorte qu'elle le soit. Comment? Je n'y avais pas encore réfléchi, mais je trouverais bien. Ce ne devait pas être bien compliqué. Il y avait des cordes dans le coin. Un peu effilochées, certes, mais ça en restait des cordes... plus ou moins solides.  Mon regard longea finalement son corps, s'arrêtant au niveau de son abdomen avant que mes paupières ne s'ouvrent grand, exagérément grand. "Mais tu es blessée! Et pas qu'un peu!" Le tissu sombre était fendu, un peu comme si on y avait enfoncé une arme. De loin, je ne l'avais pas remarqué, cette couleur plus foncée qui entourait la plaie. C'était trempé par le sang et il y en avait beaucoup. Des parties étaient sèches, mais restaient plus sombres, d'autres étaient encore humides. Le sang avait probablement afflué de nouveau alors qu'elle avait bougé si inconsciemment. Cette gamine était impossible ma parole! Quand tu étais dans un état aussi lamentable, tu ne bougeais pas et tu restais tranquillement immobile. Tu n'allais pas défier le premier étranger venu! Elle voulait mourir? Elle était suicidaire peut-être? "Oh mais merde, j'ai pas envie d'avoir un cadavre sur le dos, j'ai un paquet d'autres choses à faire que de m'occuper de ça!" que je grognai dans un long et las soupir.

Je me passai une main dans les cheveux, les replaçant légèrement en fixant la jeune fille. Bon, je faisais quoi maintenant avec elle? Je la laissais crever et je me débrouillais après coup pour cacher et enterrer son corps? Ou je prenais le temps de la soigner? Je pensais que j'avais déjà assez enterré de corps ces derniers temps comme ça, alors je votai pour la deuxième option. "Bon, si tu veux bien être calme et ne pas jouer à l'hystérique, on va aller dans le manoir et soigner ça. Compris?" Ce n'était pas un choix que je lui laissais et, pour accompagner mes dires, je pointai sèchement et avec conviction la bâtisse. Enfin, je pointai surtout la toile, le manoir étant derrière celui-ci après tout. Elle n'était pas transparente, donc on ne le voyait pas, mais il était sans aucun doute là, se dressant fièrement de son amoncellement de pierre.
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Sam 27 Juin - 13:28

Il m’empoigne par l’épaule et me plaque au sol. Imperturbable, j’attends que la mort vienne. Son regard sérieux, trop sérieux, se plante dans le mien pour ensuite baisser vers le reste de mon corps. Je déglutis faiblement. Si la mort ne me fait pas peur, toutes les histoires que j’ai entendues à propos de ce qu’un homme peut faire à une femme contre son gré me fichent une peur bleue. Moi, guerrière implacable toujours prête au combat, est cependant apeurée lorsque le regard d’un homme s’attarde un peu trop longtemps sur moi. J’essaye de rester immobile, voulant sauver un peu d’énergie au cas où il tenterait de faire autre chose que me tuer. C’est son exclamation de surprise lorsqu’il remarque ma plaie qui me rapporte à la réalité. Oui je suis blessée. Et alors?

Son second commentaire attise ma curiosité et me fait oublier mes craintes. Ça t’arrive souvent d’avoir à t’occuper de cadavres toi? J’aimerais bien le lui demander, mais les remarques sarcastiques ne sont peut-être pas de mise à cet instant. Aussi bien éviter de le mettre en colère, puisqu’il semble déterminé à m’empêcher de crever. Putain. Pour une fois que je suis décidée à en finir avec cette vie mortelle de merde, je tombe sur la seule personne sur cette foutue planète qui ne désire apparemment pas me trancher la gorge. Et mon éternelle malchance continue.

Bon, et maintenant voilà qu’il veut m’apporter à l’intérieur pour me soigner. Je doute être capable de me sauver de celle-ci.  Non mais cette journée ne vas qu’en s’améliorant. Tuez-moi quelqu’un.

Il pense quoi, qu’il va me soigner et qu’ensuite ont vas prendre le thé en discutant de la qualité impeccable de ma dague? Ma dague… elle est passée où au fait? Car cette lame, c’est la seule chose à laquelle je tiens. Bon, ça, et le gâteau. Mais quand même, elle est irremplaçable à mes yeux. Tiens tiens,  j’ai une idée. Et une bonne pour une fois.  

Je me racle la gorge, toussote, puis dit d’une voix étouffée par la douleur : "D’accords, je vais te suivre… Mais est-ce que tu pourrais aller retrouver ma dague? " Je ne suis pas idiote. Je sais très bien qu’il refusera si je présente ma demande ainsi. Je fais donc l’effort monumental d’ajouter : "Tu n’es pas obligé de me la rendre tout de suite. Je veux tout simplement éviter que quelqu’un d’autre la prenne. Disons qu’elle a une valeur sentimentale. " Je lui accorde un regard implorant, espérant qu’il se sente d’humeur indulgente. Après tant de violence, j'imagine qu'un peu de politesse ne me ferait pas de mal.

Sans blague je tiens vraiment à ce poignard. Cependant, le fait qu’il s’éloigne pour la trouver me permettrait de descendre du chariot sans son aide. Ainsi, je garderais un peu de ma dignité.
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Lewis E. Nathanaël

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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Mar 30 Juin - 14:54


"Si tu tiens tant à cette dague, tu devrais peut-être éviter de la balancer à tout va, hein? Tu ne crois pas que ça serait une bonne idée? Hm?" que je lui dis d'un ton assez ironique et sarcastique, énervé tout comme assez las. Elle me demandait ce service alors qu'elle venait à peine d'essayer de planter cedit poignard dans ma gorge et, de par là, causer mon trépas. J'allais l'envoyer balader, même si elle avait eu la décence d'au moins rester calme et de ne pas gigoter comme un petit diablotin durant mon examen. Enfin, mon observation du regard. Je n'avais pas osé la toucher. Si je l'avais fait, ça aurait été une petite atteinte à la pudeur, dois-je dire. La blessure était quand même au milieu de son abdomen, pas simplement sur un bras ou juste une jambe, la cheville, le pied, la main. Non, c'était une partie du corps un peu plus intime. Ravalant ma salive, j'allais lui dire deux trois mots jusqu'à ce que j'aperçoive son regard implorant, ses belles émeraudes qui avaient laissé leurs éclats flamboyants de colère pour des lueurs plus faibles, presque suppliantes. Ouch. Dur, dur de dire non. C'était un peu comme réprimander un chaton avec ses grands yeux purs et innocents après l'une de ses conneries. C'était impossible, tu avais seulement envie de le câliner et de laisser un long « hawww » remplir la pièce au lieu d'un grondement sévère.

Je pris une grande respiration, submergeant mes poumons d'air, avant de soupirer longuement. "Très bien!" que je laissai tomber, clairement agacé avant de me relever sèchement. Je baissai la tête, mes yeux se posant sur sa personne. Stricts et équivoques, comme quoi il n'accepterait aucun refus de sa part pour ma demande ou, plutôt, l'ordre qui suivrait bientôt. "Tu ne bouges pas, compris?" Mais je n'attendis pas sa réponse, tournant déjà les talons avant de me frayer un chemin entre les diverses boîtes et les divers sacs. Il manquait beaucoup de chose au manoir, la dernière commande remontait déjà à un moment et c'était un peu mission impossible de traverser le tout sans ne rien accrocher, ne rien faire tomber, ne rien briser. Agilement, je m'y faufilais tout de même, posant un pied entre deux caisses de bois, prenant de grandes enjambées par-ci et par-là. Je ne pris pas la peine de faire attention en descendant, préférant simplement sauter en bas du chariot au grand damne de mes chevilles. Je manquai d'ailleurs de m'en tordre une, un long élancement parcourant ma jambe, tandis que je balançais in extremis mon poids sur l'autre pied. Le pavé était cabossé, il n'était pas droit, loin de là. C'était de ces vieilles pierres grisâtres surélevées, de celles qu'on avait apposées depuis bien trop longtemps et qui demandaient à être en quelque sorte changées. Ou, tout du moins, replacées. Il n'était pas rare que je trébuchais à cause d'elles, quand j'avais la tête un peu en l'air et que je ne regardais pas nécessairement où je posais les pieds.

Lançant un regard à la statue, je ne pus m'empêcher de laisser un soupir mélangé à un rire étouffé m'échapper. Elle était atrocement laide sans son nez tout en restant atrocement belle si nos yeux ne s'attardaient pas sur ce détail. Mais c'était un gros détail qui attirait inévitablement le regard. Un gros vide, plat et, étrangement, la coupure était bien nette. Juste... à quel point cette lame était-elle affilée? Non, au fond, je n'avais pas tant envie de le savoir. Je vais m'en tenir à très coupante, du genre à facilement te trancher la gorge, un bras, une jambe. Encore, je déglutis, tandis qu'une certaine pensée s'insinuait en moi. Cette petite, combien de personnes avait-elle tuées avec ce poignard? Car je ne pensais pas être le premier à subir une telle attaque de sa part. Je ne pensais pas être le premier à essuyer ses foudres, surtout au vu de comment elle semblait s'offenser facilement, pour un rien. Et je me demandai un instant si ce n'était pas à cause de ça qu'elle s'était retrouvée avec une entaille béante dans le ventre. Enfin, pas que cela m'intéressait réellement, je voulais juste éviter de me retrouver avec un corps sous les bras. J'en avais assez comme ça, ces idiots n'arrivant pas à garder leur secret, à cacher le fait qu'ils étaient des êtres dits surnaturels, voire mystiques pour certains. Et boom, un autre cadavre à enterrer loin des regards, car messires n'avaient pas envie de trimbaler un humain à leur côté. Ha, si seulement ils apprenaient au moins à prendre la responsabilité de leurs actes. Ils pourraient se donner la peine d'aller creuser leur tombe de fortune, ça serait déjà ça.

La fausse commençait d'ailleurs à être pleine, un autre problème que je devrais régler un de ces jours. Des problèmes, toujours des problèmes.

Mes yeux se posèrent sur l'arme bien enfoncée jusqu'à la garde dans l'écorce. Passant une main sur ma nuque, la frottant légèrement, je fixai un instant l'arbre, le pauvre arbre qui n'avait au fond rien demandé et n'avait certainement pas cherché à vexer la petite furie par sa simple présence. Trêve de rêveries. J'attrapai la monture du poignard d'une main, n'ayant pas assez de place pour m'aider d'une deuxième. Forçant de mes jambes, je tentais tant bien que mal de la retirer, mais ce n'était pas si aisé que ça pouvait en avoir l'air. L'herbe était glissante et je perdais quelque peu pied. C'était vrai qu'il avait plu la veille, des cordes tombantes même. Lentement, elle commençait finalement à bouger, à se déloger du saule. Je devais admettre que je dus forcer pour le sortir de là, râlant un peu contre lui et son idée de faire son têtu. Je ne pensais pas, mon gars, que l'écorce soit l'endroit le plus confortable au monde. Un étui à l'intérieur doux sous la soie était probablement bien mieux. D'un coup sec, je finis enfin par le retirer, mon bras se renvoyant vers l'arrière. La gamine n'y était certes pas allée de main morte en lançant son poignard. Elle avait de la force dans ses petits bras cette rousse. Beaucoup de force.

Inévitablement, mes yeux se portèrent à la lame, la détaillant silencieusement, tandis que je me retournais. Relevant le regard, j'assistai à un merveilleux spectacle. Je vous jure, les mômes, ça n'écoutent rien de rien!  
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Mer 1 Juil - 11:45

Son premier commentaire me fait légèrement perdre espoir. Je sais bien que je ne devrais pas la lancer à bout de bras si j’y tiens. Mais je tenais aussi à le voir mort dans une mare de sang alors… parfois il faut s’avoir prioriser.

Même s’il semble insensible à ma demande, je n’abandonne pas. J’affiche sur mon visage un air de supplication et lève mes iris émeraude vers lui. J’imagine que l’attachement profond que j’ai pour cette dague se voit dans mes yeux car, après quelques secondes de ce que je devine être un combat intérieur intense, il soupir et cède à ma demande.  Il semble légèrement irrité… Aucune idée pourquoi. C’est pas comme si il allait chercher la dague qui avait failli le tuer pour la remettre à la tueuse en question.

Son regard devient autoritaire alors qu’il m’ordonne de rester immobile. Je lui offre un sourire angélique qui l’aurait surement mis sur ses gardes s’il ne s’était pas retourné avant. Bien sûr, je ne bougerais pas d’un centimètre. Pfft il me prend pour qui lui? Il se dirige à grand pas vers un arbre. J’imagine qu’il a observé la trajectoire de ma dague après qu’il l’avoir évitée. Un rire étouffé m’échappe alors que j’imagine les difficultés qu’il aura à déloger mon arme de l’arbre. Il n’a pas beaucoup de muscle, ça pourrait  prendre une éternité. Mon seul commentaire est qu’il est plus facile de sortir cette dague de la chair que de l’écorce. Donc vraiment, il s’est mi lui-même dans cette situation.

Bon, je devrais me dépêcher si je veux sortir e ce chariot avant son retour. Je me lève péniblement, m’appuyant sur les boites qui m’entourent. Je me faufile entre la marchandise et arrive au bord. Sans plus de considération pour ma blessure, je saute hors du véhicule à l’instant même où il se retourne.

Évidemment, mes genoux fléchissent sous moi et je m’écroule avec un grognement.  Direction : flaque d’eau.

Lorsque quelqu’un me demande mon plus grand talent, j’ai tendance à répondre le combat. Cependant, c’est faux. Mon plus grand talent consiste à prendre des décisions pour les regretter immédiatement. J’ai aussi une disposition particulière pour les situations déplaisantes. Pas par choix, oh non! Elles semblent cependant me trouver d’elles-mêmes. Genre, sérieux. Je tombe. Déjà c’est assez minable. Mais en plus, je tombe dans la flaque d’eau! Pile dedans. Je n’aurais pas pu m’effondrer un peu à gauche ou un peu à droite. Noooooonn. Ça aurait été bien trop pratique. Les dieux m’haïssent. J’en suis convaincue.

Moi qui espérais conserver un peu de ma dignité en sortant de la charrette sans aide, je me retrouve allongée dans une flaque d’eau. Trop découragée par la vie pour tenter de me relever, je reste couchée en poussant des gémissements de douleur et de découragement. Je peux officiellement dire au revoir à ma crédibilité. Quelle idiote je fais. Ma situation est tellement minable que j’en rirait presque. Presque étant le mot clé.
 
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Ven 10 Juil - 13:29


Finalement, cette fichue dague avait bien voulu se retirer, délaisser l'écorce pour se loger dans la paume de ma main. C'est en observant les détails minutieux qui recouvraient la lame et en me retournant que j'entendis ce bruit mat, celui d'un corps tombant contre une matière tout aussi solide. En prime, un léger son d'éclaboussement l'accompagnait. Pas très fort, certes, seulement pour désigner sa présence, mais je savais déjà en relevant le regard à quoi m'attendre. Enfin, en le baissant plutôt. Le sol n'était pas à hauteur d’yeux, mais de pieds. Un long soupir franchit mes lèvres, un peu agacé, je dois l'admettre. Cette gamine n'en faisait réellement qu'à sa tête. "T'as vraiment envie de crever ou quoi?" que je m'écris en m'approchant à grands pas, m'arrêtant devant elle avant de m'accroupir. Elle ne m'avait pas écouté, elle avait cherché à sortir d'elle-même du chariot et elle était tombée, trouvant le moyen de s'étaler dans l'une des rares flaques d'eau qui avaient réussi à se former. Il n'y avait pas tant de dénivelés dans le chemin cabossé par les dalles qui le permettait. Ainsi, même lors de fortes averses comme celle de la veille, l'eau avait tendance à ruisseler plus bas au lieu de stagner au même endroit.

Plissant les sourcils, j'observais les vagues toujours présentes dans la flaque d'eau qui, lentement, prenait des teintes rougeâtres. Le sang de la petite démone rousse s'y mélangeait, y tourbillonnait. D'un geste las, je lui tendis son poignard, le tenant par la lame en lui offrant la poignée. Je n'avais pas envie qu'elle trouve le moyen par-dessus le marché de se couper, d'entailler sa paume. J'allais déjà avoir bien assez de problèmes à m'occuper de cette plaie que je devinais bien vilaine au niveau de son abdomen. J'attendis qu'elle la prenne, sa dague, me doutant que, même si elle l'avait désormais en main, elle serait dans l'incapacité de me taillader ou de simplement me la lancer. Elle n'était pas en état de faire des mouvements brusques et je me demandais si elle allait bientôt le réaliser ou si elle continuerait à jouer à la petite butée idiote. "Tu sais, je ne sais pas si tu tiens à ta vie ou pas, mais moi je tiens vraiment à ne pas avoir à m'occuper de ton cadavre..." Je laissai ma phrase en suspens, allant glisser mes bras autour de son corps qui me paraissait en quelque sorte si frêle. Elle n'était pas encore une adulte, mais elle n'était pas non plus une enfant. C'était une ossature située entre les deux et je dois bien avouer que je n'avais pas pour habitude de prendre une personne dans mes bras. Qu'elle proteste ou non, j'en fis fi, la plaçant dans mes bras comme si je tenais une belle, modeste, inoffensive et innocente princesse, ce qu'elle n'était pas du tout en gros. "Alors, à partir de maintenant, tu vas rester bien calme et m'écouter, compris?"

Enfin, je me doutais que ça ne lui plairait pas. En réalité, je savais que ça ne lui plairait pas du tout. Que cela ne tienne, je jouais déjà au babysitteur, je n'allais pas en plus jouer au gentil gentleman. "Ou tu as encore envie de t'humilier comme tu viens juste de le faire? J'aimerais bien te voir monter les marches et déambuler dans les corridors dans ton état." Je lui lançais une pique, une petite œillade qui, je pensais, allait certainement froisser son orgueil. Si la raison ne fonctionnait pas avec elle, soit, j'appuierais sur sa fierté pour calmer ses ardeurs. Je me redressai, mes jambes bien assez fortes pour soulever et supporter ce nouveau poids qui, au fond, n'était pas bien lourd. Ce n'était pas un tas de muscle ou de gras. Loin de là. Je devinais, sous ces vêtements, que sa musculature devait être fine et bien dessinée, présente sans être là à outrance, un ventre plat, des épaules rondes, mais bâties. Et sûrement, je pourrais le constater pour mon plus grand damne en m'occupant de sa blessure.

Mes yeux noirs comme suie se posèrent sur elle, se plongeant dans les siens. Ils étaient sérieux, atrocement sérieux. Ils lui laissaient entendre qu'ils espéraient vivement qu'elle ne fasse plus aucune connerie, qu'elle ne décide pas de se débattre et de se trémousser. Il valait mieux pour elle qu'elle ne gigote pas, je n'avais certes pas envie de l'échapper au sol. Enfin, l'envie était là, j'aimerais peut-être même l'échapper du haut du toit, la laisser tomber et dévaler les étages pour s'écraser lourdement contre le pavé. Mais je n'étais pas un monstre, je ne ferais pas une telle chose. La pensée était toutefois bien alléchante. J'avais aussi l'autre envie de la balancer sur mon épaule et de la transporter à la manière d'un sac de pommes de terre. Le seul petit hic, c'était que ce n'était peut-être pas la meilleure des idées. Sa plaie s'ouvrirait davantage et tacherait au passage ma chemise. C'était un vrai enfer de nettoyer les taches de sang et je préférais m'en passer. J'avais déjà bien assez de literie à laver comme ça, je n'avais pas en plus envie d'y ajouter au lot mon linge. Quoiqu'un lavage serait certainement bientôt dû. Urgh, je n'avais pas le temps de m'en occuper. Mon horaire était chargé et voilà que cette morveuse venait le charger davantage, prendre de mon temps si précieux. M'occuper d'elle n'allait certainement pas prendre que quelques minutes, non, j'en doutais fort. Je pencherais plutôt pour plus ou moins une heure, voire bien plus. Surtout si on considérait comment elle était coopérative.
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Mer 15 Juil - 8:14

Ma journée ne fait qu’empirer. Je me fais découvrir, je manque ma cible, je tombe dans une flaque d’eau et voilà que Mr. l’arrogant a décidé de me faire la morale. Encore.

Au moins, il m’a redonné ma dague. Cependant, le fait qu’il me prenne dans ses bras, sans ma permission en plus, annule complètement le peu de gratitude que j’avais à son égard. Pfft, je n’ai pas besoin de son aide. Je n’étais pas clouée au sol par la douleur… je ne faisais qu’observer les dalles… Bon j’avais un peu besoin d’assistance. Mais pas la peine de me transporter. Il n’avait qu’à m’aider à me relever et je me serais débrouillée. Mais, évidemment, il s’est surement rentré dans la tête qu’il allait me soigner. S’il pense sérieusement que je vais le laisser voir ma blessure, il se rentre le doigt dans l’œil.  

J’attends patiemment qu’il arrête son discours ennuyant. Puis je réponds à chacune de ses questions en même temps en prenant soin d’être sarcastique et arrogante. "Oui j’ai vraiment envie de crever. Non je ne vais pas rester calme et t’écouter. M’humilier? C’est seulement humiliant si je le considère comme tel. " (Ce qui est le cas, mais ça, il n’a pas besoin de le savoir). "Et je suis capable de marcher. Je suis blessée, pas infirme ".

J’ai la vague impression qu’il va me lancer à bout de bras du haut d’une falaise. Ce qui serait probablement la meilleur solution pour nous deux. Mais, bien sûr, monsieur est tout à coup devenu le sauveur des gamines morveuses impolies qui ressemblent à des garçons (son opinion, pas le mien). Je ne comprends pas pourquoi il perdrait son temps à essayer de me sauver. Avec tout le sang que je perds, il doit bien savoir que ma blessure est sérieuse. Mais, dans le fond, il ne peut pas être incroyablement intelligent. Après tout, il va soigner la fille qui a essayé de le tuer.
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MessageSujet: Re: Une passagère clandestine | PV Freya    Dim 19 Juil - 5:49


Je sentais l'eau qui s'était infiltrée dans ses vêtements venir imbiber les miens, trempant les manches de ma chemise et quelque peu mon veston où son corps était appuyé tout contre. Comme je l'avais deviné, le fait que je la prenne dans mes bras et la traite comme une princesse qu'elle n'était pas ne lui plut guère. Soit, je n’en avais fichtrement rien à foutre. Je n'avais jamais été l'homme le plus patient du monde, et, cette morveuse, elle semblait très douée pour l'user jusqu'à l'os. Elle m'exaspérait et le long soupir ainsi que mes yeux qui tournaient vers le ciel le lui indiquaient clairement. Elle ne pouvait pas, comme, apprendre à arrêter de se montrer si fière? Et simplement accepter cette aide de bonne grâce? Non, c'était probablement trop difficile. Je reportai mon regard sur elle, arquant un sourcil qui semblait lui hurler : « tu crois vraiment que je n'ai pas réalisé que, oui, ça était humiliant pour toi? Tu me prends pour un idiot? » Avec l'orgueil qu'elle semblait posséder, se planter de manière si théâtrale avait de quoi frustrer, humilier, froisser. Même une personne ayant une fierté dite normale, bien proportionnée, n'aurait certainement pas trouvé la chose très glorifiante. J'en mettrais ma main à couper.

Resserrant ma prise autour de son corps comme pour lui indiquer qu'elle pouvait toujours rêver si elle croyait que j'allais la déposer et lui rendre sa liberté de mouvement, je grognai : "Oui, tu peux marcher et te vider un peu plus de ton sang pour la peine. Oh, et, aussi, mettre de l'eau partout sur le plancher et me donner encore plus de boulot. Oui, certainement. Pourquoi pas." Je me faisais sarcastique, voire très sarcastique, dans ma voix et mes mots. Je répondais sur le même ton qu'elle, étant toutefois beaucoup moins arrogant. Au fond, je pense que l'enterrer directement aurait été un choix plus simple et je ne me serais dès lors pas compliqué la vie. Seulement, j'étais incapable de laisser une personne blessée à elle-même, la laisser à son sort. Je ne sais pourquoi, mais cela a toujours été ainsi. J'ai ce sentiment que c'est mon devoir et que ça me plaise ou non, je me dois de soigner les gens qui en ont besoin. Même si la personne ne le mérite pas. Je n'arrive pas à fermer les yeux, à détourner le regard et à simplement passer mon chemin. Peut-être cela avait-il un lien avec ce passé que j'ignorais? Cette sensation que soigner mon prochain en était presque ma raison de vivre. Bien que ma principale raison de vivre au Red Castle soit de faire le ménage, sinon la saleté ne tarderait certainement pas à prendre d'assaut les couloirs et à en emplir les pièces d'une odeur nauséabonde.

Ignorant ses commentaires, ses protestations, je me dirigeai vers la porte, montant les trois marches une à une avant de m'arrêter près de l'entrée. Williams, le conducteur du chariot, en sortait tout bonnement. Oh? Je l'avais presque oublié. Me regardant d'un air suspicieux, il ne dit mot et ce fut à moi de prendre la parole. "Tu avais une invitée surprise dans ton chariot. Une petite passagère clandestine." Le vieil homme haussa ses sourcils épais, ses yeux gris se posant sur ladite clandestine, l'observant avant de me lancer un regard réprobateur en désignant de son index ridé et crochu la blessure à son ventre. "Tu n'étais pas obligé de la blesser pour autant Nath" qu'il me sortit, l'air mécontent. Je baissai légèrement la tête, la bouche semi-ouverte sous la surprise avant de rétorquer immédiatement : "Hey! Je l'ai trouvée comme ça, je te signale. Et si elle arrêtait de se montrer têtue et acceptait d'être tranquille, ce petit démon, je pourrais m'occuper de la soigner. Mais elle ne veut absolument rien savoir!" que je grommelai en le fixant, un peu indigné. Je ne pensais pas qu'il me croyait capable d'attaquer les gens à tout va. Je n'étais pas comme cet imbécile de démon ou ces idiots d'incubes ou de succubes. Je n'avais pas besoin de m'en prendre aux gens pour me sentir bien, c'en était même tout le contraire. J'avais de la difficulté à tuer une mouche, à l'écraser contre le mur, et j'étais même incapable d'ingurgiter un morceau de viande. Ça me levait le cœur rien qu'à leur vue et mon estomac se nouait.  

Il pencha la tête sur le côté, croisant les bras en nous contemplant un instant avant de demander : "Tu es sûr que tu ne vas faire que la soigner? Hm?" Il pesa ses mots, insistant énormément sur le « que ». J'en restai bouche bée, avant de rétorquer, davantage indigné en comprenant ce qu'il insinuait : "Hey! Mais tu me prends pour qui? Je ne suis pas Isaac ou Mathias! Sérieusement! D'où tu me sors des idées pareilles?" Et puis je le vis rigoler après quelques secondes, pouffer de rire sous mon nez, incapable de se contenir. C'est là que je réalisai qu'il se moquait de moi. Il me connaissait, il savait que je ne profiterais jamais d'un autre et que, en prime, j'étais probablement l'homme le plus prude et chaste de tout le manoir. Durant notre petite discussion, j'en avais presque oublié le poids dans mes bras et je me rappelai de son existence alors qu'il se penchait vers elle, allant lui demander de ce sourire bienveillant, tendre et doux : "Et quel est ton nom ma petite? Tu as fait bonne route?" Comme si c'était sur quoi il devait s'inquiéter, je vous jure celui-là!
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Une passagère clandestine | PV Freya

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