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 ❝ An Eala Bhàn ❞ -【MATHIAS】 ✝

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Kahveci Ceyhan

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MessageSujet: ❝ An Eala Bhàn ❞ -【MATHIAS】 ✝   Dim 4 Oct - 1:11




Lives Lost and Friends Gained

feat Mathias Worcestershire


Son corps ondule, bouge. L'eau ne pèse pas sur lui; il ne pèse pas dans l'eau. Léger, agile, capable de tout. La brume qui entoure le lac le protège. Il plonge, replonge. Dans ses oreilles, une douce mélodie. L'envie frénétique d'aller plus loin, d'avoir cet infini océanique juste pour lui.
Quand il sort de l'eau, tout le pèse. Sa peau trempée, ses cheveux lourds sur son crâne; même les cils de ses paupières sont un calvaire. Il n'a jamais apprécié sa forme humaine. Pas à proprement parlé, en tout cas. Disons que quitte à choisir, son enveloppe animale lui plaît plus. Il n'a plus besoin de penser, de subir aucune contrainte. Le lac, il le connaît, à force. Il l'aime beaucoup, même. Seule étendue d'eau à des kilomètres à la ronde, seule échappatoire pour Ceyhan. Seul exutoire.

Il replonge. Aussitôt dans l'eau, la peau de phoque adhère la sienne, ils ne font plus qu'un. Il recommence à valser dans l'élément, son élément. Elle est tendre avec lui.
Finalement, il émerge. La peau sur ses épaules, il fait quelques brasses. Quand on est humain, nager n'a rien d'évident. Et il craint le froid. Celui de la lune, jalouse de l'eau, est plus mordant que les autres en cette saison. Sans compter le ciel couvert de la journée précédente.

Lentement, Ceyhan se dirige vers une petite digue pour s'y asseoir. Nu, uniquement drapé de la peau. Il replongera quand il aura froid, ou rentrera simplement.
    ... Gur duilich leam mar tha mi... Il commence à chantonner, tout bas. Comme s'il était timide ou craignait simplement d'être entendu. ... 'S mo chridhe 'n sàs aig bròn...

Il n'a jamais mal chanté, Ceyhan. D'autant que les chansons de chez lui, l'Écosse, sont plutôt mélodiques pour la plupart; il chante depuis qu'il est enfant. C'est sans mal qu'il pousse un peu sur sa voix; pas trop, pour ne pas déranger ni l'eau, ni la lune. Comme s'il chantonnait juste pour elles.

Bercé par ses propres chants, il reste assit sur la digue, les pieds dans l'eau, observant la lune se refléter dans l'étendue foncée. La brume l'entoure. Il aimerait danser.

FICHE DE RP (C) MISS YELLOW sur LIBRE GRAPH'

_________________



Their gnashing teeth and criminal tongues conspire against the odds but they haven’t seen the best of us yet ; Don’t try to sleep through the end of the world and bury me alive 'cause I won’t give up without a fight...
If you love me let me go.
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Worcestershire Mathias

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MessageSujet: Re: ❝ An Eala Bhàn ❞ -【MATHIAS】 ✝   Dim 11 Oct - 13:19


Parfois, il y avait de ces nuits que je trouvais longues, de ces nuits où je n'arrivais à dormir et où je ne pouvais que regarder le plafond, le contempler sans trouver le sommeil. Je fermais mes yeux, me voilant du linceul sombre de mes paupières, me drapant de leur pénombre, seulement, les songes me faussaient compagnies, m'évitaient comme si j'étais la peste. Les rêves étaient une utopie qui me paraissait bien éloignée, voire inatteignable. Est-ce que, de temps à autre, tu vivais ce calvaire de ne pouvoir t'endormir, d'être aux prises avec tes pensées? En ces nuits où la lune était belle, souriant d'un croissant et éclairant faiblement, t'arrivait-il de contempler le ciel, d'en compter les étoiles? De te perdre dans le labyrinthe de tes souvenirs, de rêvasser bien éveillé? Qu'en était-il? Pour ma part, c'était une vieille époque qui remontait à la surface, un temps bien différent d'aujourd'hui. C'était dans un autre pays, des siècles auparavant. Mes pensées vagabondaient, passant d'une image à une autre. J'y revois ce jardin bordé de vignes, j'y revois ma femme aux cheveux de blés, aux iris de topaze, et j'ouvrais les yeux, me redressant dans cette chambre vide, silencieuse. Mon colocataire était de garde cette nuit et je devais me faire à cette solitude, à ce silence si pesant.

Toutefois, je ne l'ai jamais aimé, je l'ai toujours appréhendé. Je préférais le bruit rassurant d'une personne à mes côtés, le bruit des draps qui se froissent sous les mouvements, le son d'une lente respiration, saccadée sous le sommeil. La chaleur d'un autre corps était aussi bienvenue, si agréable et réconfortante. Mais, dans cette pièce où seules les aiguilles de l'horloge se faisaient entendre, il n'y avait rien de tout ça. Je ne parvenais pas à m'y accommoder, j'avais besoin de compagnie. D'une douce compagnie pour oublier, pour me fourvoyer dans le présent et non dans le passé. Pourrais-tu être cette compagnie? Je me le demandai, si je te trouverai en quittant cette chambre. Passant une main sur ma nuque, la massant, je lançai un regard à la fenêtre, me perdant un moment dans la vue avant de sortir des couvertures, frissonnant sous le froid qu'avait apporté le coucher du soleil. Enfilant chemise froissée et pantalon plissé, je ne pris la peine de boutonner tous les boutons, laissant mon collet entrouvert, tandis que je glissai mes pieds dans mes chaussures et ajustai ma ceinture. Replaçant d'un mouvement de main mes cheveux, passant mes doigts entre les mèches, je sortis, fermant la porte derrière moi. Les gonds grincèrent et accompagnèrent pour un court instant le bruit de mes pas sur les lattes de bois.

En règle générale, je restais à l'intérieure, préférant le confort du manoir. Cependant, cette fois-là, je décidai de me laisser guider par mes pieds, me dirigeant dès lors à l'extérieur. Il était bien, parfois, de se laisser bercer par ses instincts et dois-je admettre qu'autrement, je ne t'aurais rencontré en cette soirée bien avancée. Tu n'étais pas cloîtré entre quatre murs, non, tu étais dehors au grand air. Lorsque je t'aperçus de loin, après avoir déambulé un long moment, je m'arrêtai, restant dès lors immobile. Penchant la tête sur le côté, je t'observai discrètement plonger dans ce lac, y nager si allègrement. Je savais me fondre dans le décor et c'est ce que je fis, attendant patiemment l'instant idéal où me dévoiler. Ainsi, mes yeux de miel te détaillèrent alors que tu t'assoyais sur cette digue, dos à moi. Ton corps était dissimulé sous une peau de phoque et je ne pouvais apercevoir ta peau à ma guise, je ne pouvais l'admirer pour mon grand désarroi. Rapidement, tu me sortis de mes pensées, entamant un chant charmant, enjôleur. Ta voix était belle, ta voix me surprenait. D'abord faible, un léger bourdonnement un peu à la manière des comptines que les mères chantent à leurs enfants, juste avant de les border. Puis, plus forte, plus assurée. Cette chanson, elle ne m'était pas inconnue. Moi qui avais vécu si longtemps, serais-tu surpris d'apprendre que je connaissais bien des langues, bien des cultures et des coutumes?

« Bho'n an uair a dh'fhàg mi » Que je laissai entendre, t'accompagnant dans ton chant de ma voix douce, mielleuse, suave. « Beanntan àrd a' cheò » Mon rythme s'accordait au tien, tandis que je sortis de la pénombre, délaissant mon recoin sombre pour m'approcher de ta personne, la lune m'éclairant dès lors faiblement. Mes yeux scintillaient dans la pénombre, leurs reflets dorés mis en évidence, en valeur. « C'est une magnifique chanson, cela faisait bien longtemps que je ne l'avais pas entendue. » Que je rajoutai, me joignant à toi sur la digue et m'assoyant à tes côtés, retirant au passage mes souliers et roulant mes pantalons jusqu'à mes genoux. Je trempai à mon tour mes pieds dans l'eau, frissonnant au passage. Ce n'était pas exactement chaud, bien que ce ne fut pas non plus glacial. « Vous n'arrivez pas à dormir? » Que je m'enquis, plongeant mon regard dans le tien, tout du moins, je le cherchai. Il ne me prit pas longtemps pour réaliser que je t'avais déjà aperçu, derrière le comptoir et servant à boire. Tu étais l'un de ces barmans, un collègue d'Isaac, d'un autre incube. Je t'avais souvent remarqué alors que je venais commander les boissons de certaines clientes, te réservant toujours un charmant sourire, bien qu'il l'était beaucoup moins que celui que je t'offrais en cet instant précis.

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