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 Navré, mais ce lit est mien... [PV Nathanaël]

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Inozemtsev Avdeï

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MessageSujet: Navré, mais ce lit est mien... [PV Nathanaël]   Ven 11 Sep - 6:15

Arriver au manoir avait été une chose. En revanche, s'y installer avait été un véritable calvaire. Un parcours du combattant qu'il n'était pas et ne serait jamais. Il avait donc erré de place en place jusqu'à être, à ce qu'il lui semblait, oublié, se perdant et se retrouvant entre les murs, ou à l'extérieur, trébuchant, chutant, percutant gens et meubles, incapable de trouver les instruments sans qu'on les lui donne, ou même d'être à l'heure. Il n'était pas un très bon employé, à dire vrai... D'où la décision qui fut prise, sans qu'il en soit tout d'abord informé, de lui faire partager sa chambre. Le but était de l'aider, disaient-ils.

Il avait passé un long moment au bord du lac, en remplissant les eaux, les agitant de sa voix. Sa honte était sans fond, en vérité. Que l'établissement fut forcé de s'adapter à sa condition et non l'inverse, qu'une personne fut contrainte de s'occuper de lui... Il en serait mortifié de se présenter à lui, ou elle. Serait-ce pire encore s'il s'agissait d'une femme? Non, probablement pas. Il finit pourtant par se décider, un soir, à se rendre dans ce fameux endroit. Il n'avait qu'un nom et une indication qui lui semblait fort peu pertinente. Nathanaël, chambre 7.

Il avait enfilé ses confortables chaussons de cuir (parme), un pantalon large de tissu fin (vert amande), un haut ajusté à col montant (rouge bordeaux), et une houppelande à capuche (indigo), avait pris son maigre bagage, ses instruments, puis avait entamé son périple. Plusieurs heures plus tard, la nuit tombée, à en croire le crépitement des lampes qu'il parvenait à entendre, il finit par déboucher dans un couloir percé de nombreuses portes. S'il était chanceux, mais cela n'arrivait pas souvent, ce serait celui des employés, et il ne dérangerait nul client. Il explora chaque porte des doigts avec minutie, épuisé, ses longs cheveux dorés en bataille, jusqu'à enfin identifier le sept. Puis il hésita.

Un léger soupir s'échappa de ses lèvres pleines. Il n'osait pas, ou plus. Il se posait mille et une questions sur le fait que cette personne partageant ses quartiers puisse mal prendre d'avoir la charge d'un être inutile tel que lui, et ce fut donc l'air désespéré, et des larmes perlant à ses paupières closes qu'il finit par frapper du bout des phalanges contre le dur battant de bois. Il avait presque envie qu'on ne lui réponde pas. Ou qu'il fût renvoyé. Tout pour n'être pas une charge, en réalité, pour cette âme charitable à qui il avait été imposé...

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Lewis E. Nathanaël

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MessageSujet: Re: Navré, mais ce lit est mien... [PV Nathanaël]   Dim 20 Sep - 15:59


De mauvaise humeur? C'était un euphémisme. Ma respiration tremblait alors que je tentais tant bien que mal de me calmer, tournant en rond dans ma chambre, le bruit de mes pas martelant le bois résonnait en échos. Je marmonnai quelques petites choses pour moi-même, impatient tout comme énervé. Respire, respire, c'était ce que je me répétais encore et toujours, cherchant à m'apaiser. Sauf qu'il n'y avait rien à faire, cette boule restait au fond de mon estomac, me rongeant le ventre à la manière d'un rat. Lentement, elle me grignotait, lentement, elle répandait sa rage jusqu'à ma moelle osseuse. Je serrai et desserrai les poings, jetant des regards furtifs à l'horloge, à ses aiguilles qui avançaient à petits coups depuis déjà trop longtemps. Combien de fois, ces dernières heures, l'avais-je regardée? Je n'en avais aucune idée, je n'avais pas pris la peine de compter. Au départ, ça avait été au dix minutes, puis au cinq, puis au trois et, désormais, c'en était presque à la minute. Même si je savais parfaitement que lui lancer des coups d'œil ne changerait rien, que ça n'encouragerait certainement pas cette personne à accélérer le pas et à se présenter à ma porte.

Elle était en retard.

Je poussai un autre long soupir, massant mes tempes longuement. Le crépuscule commençait à se faire ressentir, les rayons du soleil se cachant avec lenteur à l'horizon, éclairant dès lors faiblement ma fenêtre. Je m'en approchai, tentant de contempler ce tableau plutôt que de fracasser une chaise contre un mur. Je n'étais pourtant pas du type violent, seulement, pour une fois, j'avais cette profonde envie d'ancrer en moi, de tout évacuer par ce simple geste. Les retardataires avaient toujours eu le don de presser une de mes  cordes sensibles. J'aimais la ponctualité et je détestais qu'on me fasse attendre. Et ça faisait quelques heures que j'attendais, planté là comme un pieu. Aujourd'hui, j'accueillais mon nouveau camarade de chambre, bon gré mal gré. On m'avait sorti ça, que j'allais la partager et qu'on voulait que je m'occupe de ladite personne ou, tout du moins, que je l'aide à s'habituer à la vie ici. À ce que je pus comprendre, sa vue lui faisait défaut et j'allais donc servir en quelque sorte de guide. Tout du moins, pour ce qui concernait la chambre, car j'avais déjà un emploi du temps bien assez chargé comme ça. Je n'allais pas ajouter un aveugle dans mes pattes. Il aurait pu demandé à un incube, ce directeur. Je suis plus que certain qu'il se serait fait un plaisir de lui montrer chaque recoin de l'endroit.

Délaissant la fenêtre, les dernières lueurs du jour ayant disparu, je m'assis dans mon lit, tapant du pied. Si quelqu'un était sous ma chambre, je le plaignais. J'étais loin d'être silencieux, j'étais même bruyant, et je me doutais qu'à force de malmener le plancher, le plafond en dessous devait en pâtir les frais, laissant dès lors une montagne de poussière tomber et vaguer dans l'air, un peu comme une nuée de sauterelles ou une buée de rosée. Ma mauvaise humeur avait raison d'être. Aujourd'hui, j'avais fait mon horaire en prévision de son arrivée, en prévision de sa ponctualité. J'avais fait une bonne partie des tâches en avant-midi, chaque corvée avait été effectuée minutieusement. Puis, j'avais dû m'arrêter pour venir accueillir mon colocataire, croyant même arriver quelques minutes en retard - ce qui, déjà, m'avait énervé, moi qui détestais ne pas être à l'heure. Si je demandais aux autres de l'être, c'était bien parce que je l'étais moi-même. Enfin, j'avais tant de choses à accomplir, j'ai à peine eu le temps de terminer ce que je m'étais donné à faire. Pour la suite de la journée, je m'étais réservé une ou deux heures à lui consacrer avant de retourner au boulot. Le hic, c'est qu'il n'était pas arrivé à l'heure et qu'il n'était toujours pas arrivé, je ne pourrais jamais achever mon travail dans les temps et c'était frustrant, si frustrant que j'en serrais les dents au point d'en casser l'émail.  

Massant mon cou, j'hésitai désormais à la meilleure manière de passer le temps en l'attendant. Je pensai un instant à sortir mon violon et à me distraire de sa tendre mélodie, toutefois, l'idée qu'il m'entende à son arrivée m'horripilait. Oui, j'aime en jouer, oui, j'adore laisser l'archer glisser sur les cordes, mes doigts les faisant vibrer. Cependant, j'en jouais pour ma personne, je n'en jouais pas pour me donner en concert. J'en jouais pour mes oreilles, pour la mélancolie que cela m'apportait et rien d'autre. Au final, j'optai tout bonnement pour la lecture et c'est alors que je m'étirai vers l'un des chefs d'œuvre de Voltaire que le son de coups se fit entendre. Si discrets que si je ne les attendais pas avec impatience, je crois que je ne les aurais jamais remarqués. Vivement, je me retournai, m'accrochant un instant dans les pattes du lit, poussant un fort juron et manquant de m'étaler de tout mon long au sol. Mon petit orteil hurlait son mécontentement, m'élançait jusqu'à la hanche. Qu'il était rancunier. Je pris une bonne respiration, continuant de pester. Ces temps-ci, mes pieds avaient la vie dure et pas qu'un peu. On aurait dit que le destin s'acharnait sur eux.

Sèchement, j'ouvris la porte et la première chose que je fis fut d'abattre la reliure de mon roman sur le sommet de son crâne. Au passage, je me permis de lui hurler : "Tu es en retard! Tu as idée de l'heure qu'il est!?" J'éclatai quelque peu, soufflant bruyamment. Ma frustration s'évacuait sur sa personne, il faut dire qu'il en était aussi la cause. "Tu-..." Et je m'arrêtai, le fixant un long moment, bouche bée de son accoutrement. Le dévisageant, j'en oubliai un instant qu'il était aveugle alors que je pouffais de rire."Mais c'est quoi cet accoutrement! Tu te prends pour un clown?" J'étais franc. Peut-être un peu trop. Sauf que si l'on regardait ces couleurs, cet agencement, quoi penser d'autre? Je repris encore une respiration, désormais pour calmer mon fou rire et non ma mauvaise humeur. "Enfin. Entre, la voie est libre devant toi." Et, à mes dires, je me tassai sur la gauche, les planches de bois craquant sous mon poids, tandis que je repoussais un peu plus la porte sur le côté, histoire qu'il n'y ait réellement rien pour obstruer son passage.

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MessageSujet: Re: Navré, mais ce lit est mien... [PV Nathanaël]   Sam 26 Sep - 22:28

La première réponse qu'il entendit à son timide appel, tout tremblotant et apeuré qu'il était, fut un bruit de choc. Il sursauta, se recroquevillant sur lui-même. Cette personne venait-elle de frapper un meuble pour faire passer sa colère, parce qu'il était en retard? Son souffle se faisait court dans sa poitrine. Il commençait sérieusement à se demander s'il n'aurait pas mieux fait de tout laisser derrière lui et de s'enfuir à tire-d'aile. Il entendit le battant de la porte s'ouvrir violemment et il retint à grand-peine son mouvement de recul. Il retint son souffle un instant, une seconde à peine. Le temps pour un objet contondant non identifié de s'écraser sur son crâne. Il avait commencé à se redresser pour se présenter, s'excuser, n'importe quoi pour tenter d'apaiser la colère.

Le choc violent fit sonner ses oreilles, et il n'entendit pas le cri de souffrance qu'il ne retint même pas. Il sentit les larmes couler sur ses joues, cette fois, sans retenue. Il avait si mal qu'il n'écoutait pas ce qu'il disait. Un sifflement persistant l'empêchait de détacher les syllabes en paroles cohérentes. Il n'y avait que la douleur, et ce rire terrible. Il baissa la tête alors qu'elle commençait à pulser. Il se demandait même s'il ne saignait pas, tant il avait mal. Mais il n'avait aucune main de libre pour vérifier. Si cette personne était capable de ça sur un autre être vivant, que ferait-il à ses instruments?

Avec ces questions, il sentit cette appréhension initiale se transformer en terreur véritable. Il se serait senti trembler s'il n'avait pas été si distrait. Les sons se répercutaient sous son crâne. Des mots sans sens, des bruits de pas. Approchait-il? Non, c'était la porte. Qui s'éloignait. Il sentait l'espace vide devant lui. Il était instinct, enfermé dans sa bulle de terreur. Un instinct qui lui piquait les doigts et l'enjoignait à s'éloigner plutôt que s'enfoncer dans l'antre du démon. Peut-être était-ce ça, après tout...

Mais il était assez agacé pour que la fuite puisse paraître un jeu. Et ses chances en matière de survie n'étaient pas très bonnes, s'il commençait à courir à l'aveuglette, nécessité faisant loi, en l'occurrence, comme un poulet au cou tranché. A ce qu'on lui avait dit au moins, car il ne l'avait jamais constaté. Comment était-ce possible, cependant? Ou comment penser à n'importe quoi pour se forcer à faire ce premier pas hésitant, ses instruments serrés fermement entre ses bras. Son baluchon léger, comme le reste des vêtements lui appartenant en propre, était d'une toile usée jusqu'à la trame et jamais reprisée. Des dons, pour la plupart.

Il sentait presque l'air vibrant de colère. Ou peut-être était-ce simplement son esprit affolé qui extrapolait sa première impression de son nouveau colocataire. Il arriva à un endroit qu'il estima être à peu près le milieu de la pièce. Il était en réalité à quelques centimètres de tomber sur un des lits. La tête baissée, il continuait à pleurer silencieusement, puis il n'en put plus. Il acceptait les punitions le concernant, peu lui importait, mais il lui fallait avoir la garantie que ses instruments seraient saufs. Il ne pouvait vivre sans eux. Enfin, il ne pouvait pas vraiment mourir non plus, mais peu importait à cet instant. Il était bien trop paniqué pour réfléchir de façon cohérente. Il ne releva la tête que pour libérer le son, dévoilant, sous ses cheveux emmêlés, ses joues humides. Sa voix était hachée par les sanglots. Il ne regardait rien mais s'était tourné, à peu près dans la bonne direction.

"Je...Je suis...dé-désolé... Je me s-s-suis perdu... Et... Je-j'avais juste... Le numéro. Ne cassez pas mes instruments... Je v-vous en p-prie. Je ferai... Ce que vous voulez..."

Il pleurait à chaudes larmes, sans aucune retenue. Et il ne contrôlait ni sa voix ni ses pouvoirs. Il avait mal, il avait peur. Mais il tenterait tout ce qu'il pourrait pour sauver ses biens précieux. Tout, et peu importait l'humiliation.

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MessageSujet: Re: Navré, mais ce lit est mien... [PV Nathanaël]   Ven 9 Oct - 13:27


Lorsque j'avais ouvert la porte, l'entrebâillant aux premiers abords lentement, j'ignorais quel type de personne elle laisserait apparaître. Tout ce que je savais concernait ses yeux, cette incapacité à percevoir les choses autour d'elle. Seulement, ça m'était complètement sorti de la tête, n'y pensant pas un seul instant, tandis que j'abattis la reliure de mon livre sur le sommet de son crâne. Évidemment, je fus loin d'y mettre toute ma force, je n'avais pas non plus envie de le fracasser ni de le tuer. Ça n'avait été qu'un réflexe, qu'un geste instinctif pour réprimander ce petit retardataire. J'admets que je ne m'entendais pas du tout à cette réaction, à ce cri qui m'arracha bien des battements de cils et à ces larmes qui me mirent in extremis mal à l'aise. Doucement, elles roulaient sur ses joues d'albâtre, ces joues qui me semblaient être de la porcelaine, de la douce et fragile porcelaine. En réalité, il était même bien aisé de l'imaginer en tant que poupée de porcelaine, si on passait outre sa tenue extravagante qui, quant à elle, m'avait arraché malgré moi un rire moqueur. Ce n'était pas méchant, du moins, ça ne se voulait pas méchant. C'était peut-être même un peu candide au fond. Je n'avais su me retenir, c'en était réellement difficile. Ces agencements étaient seulement hilarants, complètement horribles. Je n'allais certainement pas mentir en affirmant qu'elles étaient magnifiquement choisies, c'était faux et l'hypocrisie avait tendance à me rebuter quelque peu.

Finalement, je m'étais écarté de son chemin, poussant la porte au passage, histoire de le laisser passer sans encombre. J'avais cessé de rire, l'observant avancer en silence, tout de même un brin impatient du temps qu'il prenait. Je contemplai ces coulisses d'eau sur sa peau avant d'en dévier le regard, confus. Son cri me revenait en tête, hantait quelque peu mes pensées. Un léger "Tsk" agacé m'échappa alors que je venais passer ma main dans mes cheveux, ras ma nuque. La massant un instant, la frottant par ailleurs, je cherchai dorénavant la meilleure façon de l'aborder. Sérieusement, je ne pensais pas qu'il allait éclater en sanglots pour si peu, ce n'était pas comme si j'avais utilisé un dictionnaire, mais un simple roman d'une centaine de pages. Il était mince et pas très lourd. À sa suite, je refermai la porte dont les gonds grincèrent violemment, m'arrachant une grimace. Je devrais penser à les huiler bientôt ou, plutôt, à trouver le temps de les huiler. J'étais le concierge, cependant, j'avais certainement la porte la plus bruyante de toutes celles des employés, voire du manoir entier. C'était assez ironique en définitive. Malgré qu'au fond, ce n'était pas très dérangeant. Je ne passais pas mon temps à sortir et à entrer dans ma chambre, contrairement à certaines personnes.

Durant un court instant, je me questionnai si oui ou non je verrouillais la serrure, décidant au final de la laisser déverrouiller. Je me retournai alors pour faire face à mon nouveau colocataire avant de m'appuyer contre le mur, m'y laissant tomber dans un bruit mat. Je croisai les bras, tapotant sur un de mes biceps, réfléchissant encore et toujours à comment aborder la suite. Je semblais l'avoir en quelque sorte terrorisé, sans en saisir le pourquoi. Ma colère s'était relativement calmée, ma respiration ayant repris une cadence dite normale. Il faut dire que j'avais les pensées un peu trop occupées pour me concentrer sur de la frustration. Je n'avais jamais été doué avec les pleurnichards, j'avais même plutôt tendance à les faire pleurer davantage. Réflexion faite, je n'avais jamais réussi à calmer des pleurs. Peut-être parce que cela avait l'affreuse manie de m'exaspérer? De me faire froncer les sourcils et grogner? Des gamins, je le comprenais, mais celui-là, je croyais qu'il était assez vieux pour contenir ses larmes. Ce n'était plus un enfant de cinq ans. Il pouvait même être plus vieux que ma personne, c'en était une possibilité. Quoique je ne connaissais pas mon âge réel, je ne pouvais donc pas comparer.

En fin de compte, il fut celui qui prit la parole en premier, se tournant vers ma personne du mieux qu'il le pouvait. Un long soupir franchit mes lèvres à ses mots, à ses paroles qui, pour moi, étaient dénuées de sens. De quoi parlait-il, sérieusement? Pourquoi casserais-je ses instruments? Il me prenait pour ces imbéciles de démons incapables de contrôler leurs envies de destruction? D'un pas lourd, je m'approchai de lui, chopant son oreille pour la tirer un peu sèchement vers le haut, même si je tentai de ne pas me faire trop brusque. "Commence par arrêter de pleurer, ça serait déjà un bon début." Que je grommelai, retroussant la lèvre supérieure, avant de rajouter tout aussi désespéré : "Tu es quoi, un bébé? Tu as passé l'âge, je crois, de brailler pour si peu!" Je râlai évidemment, les gamineries m'énervant plus qu'on ne pourrait le croire. Je n'étais pas exactement un modèle de patience. Je relâchai aussitôt son oreille, la libérant tout aussi soudainement que je l'avais attrapée. Me penchant quelque peu, mes mains longèrent ses bras pour attraper ses instruments qu'il semblait chérir comme la prunelle de ses yeux... Enfin. Pouvais-je dire ça pour un aveugle?

Mes doigts enlacèrent les poignées près de ses propres phalanges, alors que je murmurai : "Allez, donne-moi tes instruments, on va les ranger que je puisse te montrer la chambre vite fait sans que tu aies les mains occupées. Je n'ai pas envie de me répéter sans fois ou que tu brises tout." Mon ton se voulait chaleureux, sauf que je crois bien qu'il était plus austère et autoritaire qu'autre chose. Quand je voulais calmer quelqu'un, j'avais tendance à devenir plus nerveux, ne sachant quel mot prononcer, comment réagir. Puisqu'il semblait craindre ce que je pourrais faire à ses effets personnels, je le rassurai aussitôt, un peu pressé : "Ne t'en fais pas, je n'ai pas l'intention de les briser. Si c'était le cas, je les aurais simplement arrachés de tes mains. On va juste les mettre dans un bureau, près de ton lit." Et je me demandai, après coup, comment je ferais pour lui indiquer chaque petite chose de la pièce. Je n'avais pas pour habitude de guider un aveugle et je dois avouer que je n'avais franchement aucune idée de comment m'y prendre.

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