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 Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥

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Abberline Andrew

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MessageSujet: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Dim 23 Aoû - 2:59

Un pas devant l'autre, et pas deux pas du même côté à la suite, sinon on tombe. Parce que les humains marchent sur deux pattes, comme les poules, et pas comme les chats. Ce serait drôle, si les humains étaient des chats. Il faudrait tout repenser pour eux : les sièges, les vêtements, les instruments... D'ailleurs, en parlant d'instruments, j'avais bien envie d'aller rencontrer ce magicien que j'avais entendu le dernier soir dans le Grand Salon. Il jouait vraiment bien de la flûte, et je ne voyais pas comment j'avais pu le rater. Peut-être était-il nouveau ? Ou alors s'habille t-il d'habitude de manière si quelconque que je ne l'avais pas remarqué ?
Dans tous les cas, je me retrouvais en train de marcher le long des longs couloirs de l'hôtel, m'arrêtant de temps en temps et observant la décoration. Pas les tableaux non, ce n'était pas très intéressant. Cette petite araignée qui tissait sa toile sur une fleur était bien plus intéressante, tout comme cette plante au sol dont la peinture s'écaillait à cause de l'humidité. C'était de petits spectacles, tandis que les tableaux restaient les mêmes sans jamais bouger. L'hôtel était très bien entretenu mais il aurait été inintéressant s'il empêchait même les araignées de faire leur toile de temps en temps.

J'arrivais finalement dans le Grand Salon et mon premier réflexe fut de vérifier si un meuble avait bougé. Ce n'était pas le cas. Tant pis. Après tout ce n'était pas ce qui comptait. Je m'assis sur un des canapés, le même que d'habitude lorsqu'il n'était pas déjà occupé. Sur un côté, près d'une fenêtre. Cette pièce était sombre, et je préférais aujourd'hui être proche de la lumière. Alors je me mis dans le rayon de lumière que la fenêtre faisait entrer dans la salle. Il y avait de la musique, mais ce n'était pas de la flûte. C'était du piano. Et ce n'était pas le musicien que je cherchais qui jouait. Où pouvait-il bien être ? Peut-être derrière la porte là-bas, réservée au personnel ? Dommage que je ne puisse pas y aller. Peut-être pouvais-je simplement aller y toquer. Après tout, toquer était une marque de politesse lorsqu'on allait quelque part.
Alors je me levais après bu une petite tasse de thé et me dirigeait vers la porte, tranquillement. Au passage, j'écoutais le piano, m'amusant à imaginer les marteaux frappant ces pauvres cordes à l'intérieur de l'instrument, comme des gouttes de pluie tombant au sol et produisant ainsi une mélodie créée par la nature elle-même. Contrairement à ce que certains voulaient croire, l'Homme ne pouvait rien faire sans l'aide de la nature. Sauf peut-être faire les idiots. Mais s'il existait des idiots, c'est que la nature avait voulu les créer. Drôle d'idée.

Devant la porte, j'hésitais un court instant. La plupart des gens avaient tendance à me trouver étrange et à m'ignorer quand je venais discuter avec eux sans les avoir croisés auparavant. Comment réagirait le musicien ? De toute manière je ne le saurais pas tant que je n'aurais pas demandé. Je verrais tout de suite s'il était quelqu'un avec qui je pourrais m'entendre. Si c'était le cas, j'étais curieux de discuter avec lui ; tant de créatures fantastiques savaient jouer des instruments à la perfection... Peut-être cette personne était-elle de ces créatures. Ce serait si beau, d'enfin avoir mes idées sur cet établissement enfin validée.
Enfin, ma main vint frapper à la porte. Trois petits coups secs, avant de mettre les mains dans le dos, me tenant bien droit et me mettant sur la pointe des pieds avant de reposer les talons au sol. Aujourd'hui, j'étais habillé normalement. Une chemise blanche, une fleur bleue à l'emplacement du cœur, un pantalon noir... Peut-être que mes chaussures vertes et mon nœud papillon de même couleur allait se faire poser des questions au musicien.
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Inozemtsev Avdeï

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Dim 23 Aoû - 4:51

Il avait toujours été malaisé de suivre le passage du temps, pour Ava. Non pas véritablement les enchaînements entre le jour et la nuit. Il les sentait, sans en connaître vraiment la différence, mais les changements plus subtils avaient toujours été... complexes. Raison pour laquelle il était souvent très en avance, ou très en retard. Et compter les semaines, les mois, les ans, était simplement impossible. Tout n'était qu'une cascade de voix et de sons se fondant les uns dans les autres, dans sa mémoire.

Lorsqu'il se leva, un nouveau jour commençait. Il sortit sans un bruit, pour ne pas déranger son camarade de chambrée, et se dirigea vers les cuisines, autant que faire se pouvait, sans renverser ni casser quoi que ce fut, une corde à la main. L'une de celles du santouri était abîmée, et il lui faudrait la changer, le son s'en ressentant grandement. Il fut interrompu par l'un des autres musiciens qui l'entraîna vers leur salle de répétition, et jusqu'à l'instrument. Doucement, du bout des doigts, il l'explora, caressant les cordes, les pinçant pour en tirer une harmonie. Chacune était examinée avec attention, l'oreille tendue. Il n'eut pas besoin d'étudier les cent pour trouver la corde défectueuse.

Délicatement, il la retira, mais elle semblait irréparable. La nouvelle fut mise en place, et il dut l'accorder ensuite. Le temps que tout ceci soit terminé, l'heure du repas était amplement passée, et il était, effectivement, en retard. Il ne le sut que quand une servante vint le chercher dans la salle, tandis qu'un autre emmenait l'instrument jusqu'au Grand Salon. Ou, au moins, le bougeait précautionneusement.

Habillé confortablement, il fut entraîné jusqu'à une salle sentant le parfum et le tissu. Les produits cosmétiques. Il n'avait jamais prêté une attention outrancière à sa personne, sachant que la nature, dans son étrange ironie, l'avait doté d'un visage désirable pour convenir à son corps animal. En sachant qu'il ne verrait jamais l'un ni l'autre. Ou peut-être était-ce une forme de punition? Pour quoi, il l'ignorait, cependant. Pour un temps indéterminé, il fut apprêté et maquillé, pendant que les jeunes femmes parlaient entre elles d'un invité séduisant, mais étrange. Il n'avait rien à ajouter, aussi se contenta-t-il de songer à sa prochaine performance. S'il avait manqué son rendez-vous de l'après-midi, cela signifiait qu'il avait dû être remplacé, et qu'il devrait donc travailler plus tard. Un rire le sortit de ses pensées, et il entendit que l'on approchait. Quelques soupirs, quelques murmures, puis une exclamation. Apparemment, l'une d'elle lui avait présenté un miroir, afin de voir la façon dont elles l'avaient apprêté. Elles l'avaient manipulé comme une poupée, tirant ses cheveux pour les relever, appliquant il ne savait quoi. Il sentait les plumes, et ses cils lui semblaient lourds, en touchant la peau veloutée de ses joues. La tunique qu'il portait était lourde, tombant en plis élégants sur sa taille, resserrée par une large ceinture, puis s'évasant sur de larges pantalons à la douce texture. Le tout dans un bleu sombre comme la nuit. Elles lui mirent une cape rebrodée de plumes à l'encolure et sur la capuche, et il finit par parvenir à s'échapper avant qu'elles n'amènent un flacon de parfum.

Ignorant où il se trouvait, il parcourut les murs du plat de la main, anxieux de revenir à des territoires connus, enfermé dans ses ténèbres. Il reprit contenance, se redressant enfin, se détendant, en entendant retentir des pas familiers, étouffés par les tapis. Indifférent aux murmures, il les suivit, comme happé par le mouvement d'air crée par leur déplacement. Cela lui rappelait la façon dont il devait se fondre dans les courants ascendants lors d'un vol. Un sourire ourla ses lèvres peintes, et il poussa enfin la porte familière.

Il examina son contour par habitude, sentant cette petite entaille, sous le bouton, la chaleur des dizaines de mains l'ayant poussée avant lui, mettant le pied, enfin, dans un endroit connu et familier. Ici, nul besoin de se tenir au mur, et rien, ou presque, ne barrait son chemin. Pas de meubles, peu ou prou de tapis. Il glissait sur la pierre nue comme sur la surface de l'eau, laissant à peine un souffle dans son passage, celui des plumes ornant sa tenue. Le Grand Salon n'était plus loin. Il suffirait d'attendre la fin d'une mélodie et de faire son entrée, le plus discrètement possible.

Satisfait, il s'approcha de la porte, et attendit, attentif seulement à la musique qui s'élevait. Elle était belle, comme toujours, et plus elle avançait, plus il s'entendait murmurer la mélodie. Si bien que lorsque des coups secs retentirent, il fit un véritable bond, tombant sur le serveur arrivant derrière lui dans un fracas de métal. A l'odeur, il avait amené les cigares, et non le thé, sinon, tout la vaisselle aurait succombé.

Avec l'aide de l'hôte, il se releva, s'excusant platement, avant de finalement ouvrir la porte, toujours troublé. Personne ne venait jamais. Il n'eut pourtant pas le temps de se poser la question plus avant, poussé sans délicatesse vers la pièce par le serveur qui referma la porte derrière lui. Incertain, Ava remonta la capuche sur son visage, le mettant en valeur plus que le dissimulant, se tournant dans la direction approximative du souffle étranger, le saluant humblement, puis ajoutant d'une voix mélodieuse.

"Cette zone est réservée au personnel du Manoir, puis-je faire quelque chose pour vous?"

Son désir de servir était audible, de même que son intérêt sans préjugé. Ne pas se présenter aurait dû être malvenu, mais peu lui importait, en réalité. Un nom n'était que le soupir d'une mesure, pas son rythme ou sa force.

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Abberline Andrew

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Lun 24 Aoû - 23:29

Juste après que j'eu frappé, un grand bruit retentit derrière la porte. Comme si un plateau remplit était tombé. C'était ma faute ? J'avais surpris quelqu'un ? Oups. Peut-être devrais-je aller l'aider, du coup, et--
La porte s'ouvrit et, avant que je puisse voir ce qui avait causé ce bruit, quelqu'un fut poussé devant moi avant que la porte ne claque derrière lui. Mais qu'est-ce qu'il se passait, ici ?.. Ou alors je n'avais rien fait, et c'était juste cette personne qui avait fait tomber quelque chose. Et, avant qu'elle ne fasse tomber autre chose, on l'avait envoyé dans la salle pour faire ce qu'elle devait faire. Un numéro, vu son accoutrement.

Je me surpris à ne pas prendre la parole tout de suite, détaillant sa tenue. Très colorée au niveau du visage, avec toute ce maquillage, mais sombre sur le reste du corps. C'était vraiment beau. Les employées charger de maquiller et habiller les artistes de cet hôtel étaient vraiment douées. Cependant... Cette personne était-elle une femme ou un homme ? Impossible à dire. J'aurais plutôt penché pour une femme, ceci dit. Lorsqu'il -elle ?- prit la parole, je me rendis compte de mon impolitesse à l'observer ainsi sans rien dire. Surtout s'il s'agissait bel et bien d'une dame, car un vrai gentleman ne devait pas ainsi juger les gens du regard comme je l'avais fait... Une petite rougeur prit place sur mes pommettes alors que je lui répondait en bredouillant légèrement.

- Je sais que cet endroit est réservé, mais je ne comptais pas y aller... Il est sûrement impoli de frapper ainsi plutôt que d'attendre que la personne que l'on cherche sorte, mais c'est toujours mieux que d'entrer, n'est-ce pas ? Mon ton avait reprit sa confiance naturelle et la rougeur avait disparu. Je recherche un musicien... Je l'ai vu jouer d'un instrument semblable à une flûte hier même. Voyez-vous de qui je veux parler ?

Puis je me rendis compte d'un détail qui m'avait échappé jusque là : la personne se tenant devant moi n'ouvrait jamais les paupières. Du moins, je n'avais pas vu la couleur de ses yeux jusqu'ici. Serait-elle aveugle ? Dans ce cas, elle n'avait pas pu voir mon regard quelques instants auparavant, et cela me rassurait en un sens. Loin de moi l'idée de vouloir gêner cette aimable personne mais incapable d'avoir le moindre tact, une question m'échappa comme bien souvent.

Le maquillage sur vos paupières est magnifique, mais vous ne semblez jamais ouvrir celles-ci... Seriez-vous aveugle ?

Ma tendance à chercher tous les détails se remit en marche et, maintenant que j'avais détaillé le physique de cette possible jeune femme je me mis à repenser à sa voix, la façon dont elle avait prononcé ces mots, la forme que sa bouche avait prise à ce moment là... Quelle voix mélodieuse. Chaque son semblait être une note de musique et ses phrases étaient des portées, formant ainsi une belle mélodie lorsqu'elle parlait... Une voix pareille appartenait sans doute à une femme. Mes doutes s'évanouirent et je me décidais à voir une femme en face de moi. Cela faciliterait la conversation car je n'aurais pas à choisir des mots passe-partout.
Mais cette voix m'intriguait. Je n'en avais jamais entendu de pareille. Beaucoup de femmes parlaient de façon chantante, mais celle-ci était différente. De plus, avec mes soupçons sur cet hôtel, peut-être était-elle comme je l'imaginais une de ces créatures vivant ici ? J'étais sûr que des êtres surnaturels travaillaient ici, et j'en voulais des preuves. Peut-être en avais-je une devant moi ! Ce serait si beau, d'enfin pouvoir prouver à ma chère cousine que les créatures surnaturelles existaient bel et bien, vivant au milieu des humains comme si de rien n'était...

- Quelle voix splendide. On croirait entendre une sirène...

Encore une fois, je parlais sans réfléchir. Mais quelle importance ? Si je ne faisais pas ce genre de petite réflexion, je n'apprendrais jamais rien sur cet hôtel. Enfin, comme il s'agissait à mes yeux d'une femme, je lui pris la main.

- Qu'est-ce que je peux être impoli... Je me présente : Andrew Abberline. Je suis un habitué de ce bel hôtel.

Mon nom commençais à être connu par les employés, peut-être qu'il suffirait pour que cette personne décide de m'ignorer, vu les rumeurs que j'avais sur le dos : étrange, fou... Mais peu importe.
Je lui fis un baise-main, comme mes parents m'avaient appris à le faire car ils savaient qu'avec mon rang je serais obligé de rencontrer d'autres dames nobles. Personnellement, j'aimais faire des baise-mains aux femmes de tout rangs car toutes méritaient le respect.
Espérons simplement qu'il s'agisse bel et bien d'une dame.


Dernière édition par Abberline Andrew le Mar 25 Aoû - 8:38, édité 1 fois
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Inozemtsev Avdeï

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mar 25 Aoû - 0:18

Un long silence répondit à sa question. Pour nombre de gens, il n'était qu'inconfortable, ou porteur de peu de sens. Mais lorsqu'il était tout ce à quoi on pouvait se raccrocher pour comprendre quelqu'un, il était des plus parlants. Concentré, il écouta chaque détail, chaque souffle emballé, chaque mouvement. Si bien qu'il s'attendit à l'entendre parler. Simplement pas à ce qu'il dit. Il y avait une logique sous-jacente certaine à ses propos. Effectivement, frapper à la porte était probablement mieux que la pousser. Pourtant, Ava n'avait pas l'habitude des requêtes originales des clients. Il n'était là que pour le spectacle, l'ambiance.

Il remarqua que le client se faisait plus sûr de lui à mesure que les mots sortaient de sa bouche. Une forme d'assurance qu'il construisait lui-même, alors qu'il oubliait la situation embarrassante dans laquelle il avait été mis, certainement. Le musicien sentit ses doigts se crisper quelque peu. Personne ne l'avait jamais cherché pour les bonnes raisons. Et cette performance. Il était l'un des seuls à jouer du kaval. Il sentit les battements de son cœur accélérer. Il ne comprendrait jamais la raison pour laquelle il ne pouvait simplement vivre ses mélodies, porté par le vent intérieur qui entraînait son vol. Il lui était déjà si difficile de côtoyer ces gens au jour le jour. Il avait sacrifié sa liberté pour ne plus craindre la solitude. Il baissa la tête, et poursuivit de sa voix mélodieuse.

"Je ne vois pas vraiment de qui vous voulez parler, mais je crois le savoir..."

La question suivante, encore, le prit par surprise. Plus encore que la fin de la mélodie douce du piano. Il tourna la tête vers celui-ci. Attentif. Il ne s'était pas levé, pas encore. Peu de clients étaient présents dans la salle. Pourtant, il avait peur. Il n'était pas un hôte, il n'entrait jamais en contact avec eux. Les humains étaient à la fois si fragiles et si précieux, fils tendus qui pouvaient être brisés d'un simple filet de voix, détournés, abusés... Et si violents, également, dans leurs paroles, dans leurs préjugés, dans leurs actes...

Un simple hochement de tête confirma ses dires. Aveugle oui. Une erreur de la nature, quelle ironie. Dans ces instants plus encore qu'à l'ordinaire, la mer lui manquait. Son bruit, assourdissant, celui du ressac s'écrasant en vagues majestueuses, avait une qualité propre qui lui permettait d'oublier. Oublier qu'il n'aurait probablement jamais dû éclore sur cette plage, porté par une tempête grandiose. Pourtant il inspira profondément. Il ne pouvait se permettre d'être malpoli. Il ne saurait que faire s'il devait être chassé. Ses années, décennies, centenaires, difficile à dire, d'errance ne pouvaient recommencer. Plus maintenant.

Pourtant, un sourire naquit sur ses lèvres pleines en l'entendant vanter sa voix. C'était un compliment qu'il avait déjà entendu. L'un de ceux qui lui plaisaient, en réalité. Les sirènes étaient de lointaines cousines, et rien n'était honteux dans le fait de leur ressembler. Il se tourna à nouveau vers lui, surprit de sentir sa main sur la sienne, puis son souffle sur sa peau. Il eut un frisson étrange, restant un instant immobile, inconscient de la légère rougeur de ses joues. Puis il le salua élégamment. Il avait entendu dire que le baisemain était une pratique noble, entre un homme de lignage et une dame. Son sourire se fit plus charmant encore.

"C'est un honneur de faire votre connaissance, Sir Abberline. Je vous en prie, appelez-moi Ava. Peut-être voudriez-vous que nous nous asseyions, afin de poursuivre cette discussion?"

Finalement, écouter les conversation des autres pouvait être un avantage. Il le guida jusqu'à un fauteuil dont il explora le dossier du bout des doigts, prenant place plus ou moins en face de lui, sur un tabouret, sa cape s'évasant telle une corolle sur le sol. Il n'avait pas fait un bruit en marchant. Dès qu'il fut installé, il reprit.

"Votre compliment est des plus charmants, les sirènes sont effectivement réputées pour posséder des voix enchanteresses, et une apparence captivante. Cependant, je ne suis qu'une addition à la famille des nombreux musiciens de ce manoir et, je le crains, celle que vous recherchez."

Immobile dans sa resplendissante tenue, il se laissa à nouveau bercer par le piano. Il était toujours très mal à l'aise, se demandant ce qu'il avait bien pu faire de mal pour être ainsi poursuivi, mais au moins, il était désormais en vue de tous. Le manoir ne laissait pas ses membres être blessés, ou insultés avec trop de virulence. Il ne voulait plus que s'asseoir devant sa table et caresser les cordes de son santouri. La musique était aisée à comprendre, une mélodie devenant symphonie, une beauté exprimée en sons élégants, parfois brutaux, parfois tristes. Des émotions vibrantes à chaque corde pincée, frappée, à chaque souffle d'air expiré. Sans faux-semblants...

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Abberline Andrew

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mar 25 Aoû - 8:31

Un petit tressaillement au bout des doigts de la jeune femme m'indiqua que mes mots avaient un effet pour elle. Était-elle énervée ? Si oui, qu'avais-je dit ? Ou alors peut-être m'étais-je simplement mépris. Un simple petit tremblement pouvait très bien être nerveux ; vu la façon dont elle était habillée et maquillée elle était sans doute tendue car sa prestation devait être pour bientôt. Peut-être la gênais-je alors qu'elle voulait simplement passer pour aller dans la salle. Dans tous les cas, j'eus une réponse qui me fit très légèrement grimacer. Le musicien que je cherchais était peut-être arrivé trop récemment pour être encore très connu de ses collègues, sans doute pourrais-je le trouver un autre jour. J'aurais voulu poser tant de questions à propos de cette flûte si particulière.

- Dommage. Je n'avais jamais vu cet instrument, j'aurais aimé pouvoir en apprendre plus dessus. Merci pour vos renseignements.

Pourtant je ne la laissai pas partir, lui demandant si elle était aveugle. Le piano finit son doux chant presque au même moment, ce qui me fit tourner un instant la tête vers le pianiste. Pourquoi donc voulais-je retenir cette jeune femme ? Simplement car, puisqu'elle ne semblait pas plus pressée que ça, j'avais envie d'en apprendre un peu plus sur elle. J'aimais faire connaissance avec de nouvelles personnes et celle-ci en était une bien intéressante, à mon goût. Et belle, en plus de cela... Non pas que j'ai la moindre idée derrière la tête, mais après tout j'avais le droit d'apprécier les belles choses de ce monde, n'est-ce pas ?
Un hochement de tête m'appris que j'avais vu juste. Quel calvaire cela devait être d'être aveugle... Ne pas pouvoir apprécier les couleurs, le ciel, et tout ce qu'on ne pouvait pas simplement toucher... Mais d'un certain côté, ce devait être très intéressant. Découvrir le dessert de ce soir uniquement au goût, apprécier le poil d'un nouvel animal uniquement au toucher, entendre chaque note de musique sans être distrait par un mouvement dans la salle... Ce devait être comme un autre monde et ce devait être très agréable, même si sûrement peu pratique... Lorsque l'on n'avais jamais connu le monde des couleurs, alors on pouvait au moins se vanter de pouvoir facilement se concentrer sur une musique...

Lorsque je me redressais après avoir fait le baisemain en me présentant, je cru voir une rougeur sur ses joues. Mais... non, c'était son maquillage, après tout il était impossible de voir le moindre rougissement sous une couche aussi épaisse de fond de teint et autre produits de beauté. Je sentis un sourire charmé naître sur mon visage en l'entendant me donner le titre de Sir, que je trouvais si agréable à l'oreille. Je n'aimais pas les titres de comtes, ducs, et autres. C'était pour cela que j'avais donné mon propre titre à un proche plutôt que le garder. En dehors des responsabilités que cela engendrait, je préférais me présenter simplement de mon nom et prénom et qu'on m'appelle Sir plutôt que me présenter avec toute une brouette de titres.

- Je ne refuse jamais de m’asseoir en si charmante compagnie, mais je ne voudrais pas vous retarder dans ce que vous aviez prévu... Un si beau maquillage avec cette tenue ne peut que signifier que vous alliez commencer votre prestation, si je ne me trompe pas.

Je fus surpris de constater l'aisance avec laquelle elle se déplaçait, allant gracieusement entre les fauteuils et les tables en laissant sa cape bleutée se déplacer derrière elle. Il était vraiment difficile de croire que cette belle jeune femme était aveugle, en voyant sa démarche silencieuse semblable à celle des félins. Je restais à ses côtés, souriant même si elle ne pouvait me voir. Elle reprit la parole de sa délicieuse voix et je l'écoutais en continuant de me dire que j'avais de la chance d'avoir fait connaissance avec cette dame. D'ordinaire, soit elles ne me prêtaient pas attention soit elles m'évitaient lorsqu'elle me connaissait un peu.
Ainsi, c'était bien elle que j'avais vu hier, jouant de cette flûte si étrange mais au son si doux. Je ne l'avais sans doute pas reconnue à cause de son maquillage, qui devait changer chaque jour selon le bon vouloir de la personne qui gérait les musiciens...

- Je n'ai jamais entendu d'égal à votre si belle voix et vous êtes tout à fait captivante. Quel était donc cet instrument dont vous jouiez ?

Mes yeux se fermèrent un instant pour savourer le son du piano. Que rêver de mieux que d'être ici, avec cette charmante jeune femme, en entendant une si belle mélodie ? Une tasse de thé et des scones seraient les bienvenus, mais ce n'était qu'une broutille, après tout.

- J'entends souvent la mélodie que le pianiste est en train de jouer, et je la trouve sublime... Mais j'ai toujours eu ma préférence pour les instruments à vents, quels qu'il soit. Petit, j'ai appris la flûte traversière, mais j'ai perdu l'habitude d'en pratiquer depuis que je suis ici...
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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mar 25 Aoû - 9:20

Les mots avaient leur propre rythmique, leur propre sonorité, et surtout, une mélodie qui correspondait à chaque personne de façon individuelle. Chacun était un chant, agréable ou non à son oreille. Unique. Et les sentiments y apportaient comme une saveur. Il aurait dit une couleur s'il avait eu connaissance de celles-ci. Il ne pouvait voir les expressions de chacun, leurs réactions physiques, naturelles, le poussant souvent à simplement, de façon parfois fort littérale, mettre les pieds dans le plat. Pourtant, parler à cet homme semblait comme couler de source. Il ne paraissait aucunement malin dans ses intentions, si bien que la peur croissante qui lui avait tordu les entrailles auparavant disparut, le poussant à sourire encore en réaction à sa remarque. Et à rougir bien plus violemment encore que précédemment.

Il monta une main à son torse, détournant légèrement son visage, baissant la tête, ses longs cils décorés de minuscules perles de verre resplendissantes s'accrochant à ses joues. Il ne savait que dire. Il avait senti, peu auparavant, la capuche retomber, et il hésitait désormais à la remonter. Ce n'aurait pas été le bienvenu, certainement. Il se contenta de hausser élégamment une épaule, une mèche blonde en profitant pour venir la caresser.

"Vous me flattez bien trop, Sir Abberline, je ne sais que vous répondre. J'ignore l'heure qu'il peut bien être, mais tant que mon collègue joue, ce n'est pas encore à moi..."

Il finit par redresser la tête, l'air désolé. Il n'était vraiment pas de bonne compagnie, il s'en rendait compte. La Nature, dans son infinie cruauté, ne l'avait pas doté d'une langue fleurie, juste charmante. D'une beauté éthérée, mais qui restait invisible à ses yeux. D'une voix pure, mais mortelle. Et surtout, d'une faim de société qu'il ne pouvait assouvir. Ou plutôt, une soif qu'il ne savait comment étancher.

Une chaleur l'envahit à ses paroles. Captivant. Il était... Il se sentait tout à la fois embarrassé et heureux. Comme s'il s'était jeté, à nouveau et pour la première fois, du haut de la falaise qui avait été le témoin silencieux de sa croissance, débutant sa course en se laissant porter par l'air marin, euphorique, avant de lentement sombrer dans l'eau saline, le sable emmêlant ses serres. Toutes les bonnes choses avaient une fin, mais ce sentiment de complétude...

Il se reprit en songeant à la musique. Elle n'était pas la mer, mais elle se substituait à celle-ci, ses sons rafraîchissants, tour à tour apaisants et poignants, déchirants, envoûtants... Sans aucune aide de sa voix enchanteresse et maudite. Pourtant, le sourire lui revint, avec la surprise. L'enthousiasme était authentique, visible sur son visage, et clairement audible.

"Vous jouiez, vraiment? J'aimerais beaucoup vous entendre! Peu nombreux sont ceux à jouer pour moi, comme vous pouvez l'imaginer et..."

Il porta la main à son visage, sincèrement choqué.

"Oh, je suis navrée, Sir Abberline, je ne suis pas en position de demander une chose pareille, vous êtes l'un de nos respectés clients, je vous prie de bien vouloir m'excuser..."

Il se laissa tomber à bas de son tabouret pour s'agenouiller devant lui, la tête basse. L'image même de l'humilité. Toute discussion sur le kaval était oubliée, enterrée par sa honte. Comment pourrait-il encore accepter de lui parler après qu'il eût jeté l'opprobre sur cet établissement..?

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Abberline Andrew

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mar 25 Aoû - 22:53

La jeune femme fit plusieurs petits mouvements parasites démontrant de l'anxiété. Avait-elle peur de me déplaire, ou quoi que ce soit d'autre, alors que je ne voulais simplement que faire plus ample connaissance ? Pourtant, juste après que je l'eut complimentée, elle se mit à rougir. Cette fois, j'en avais la certitude : le rouge de son maquillage était devenu encore plus voyant en quelques instants. Cette dame aimait les compliments ; elle risquait de m'apprécier, moi qui ne pouvait m'empêcher d'en donner aux belles femmes.

- Alors permettez-moi d'apprécier encore un peu votre délicieuse compagnie, chère madame. Par ailleurs, je ne sais toujours pas votre nom...

Elle était visiblement timide, ne faisant que répondre à mes questions sans jamais s'étaler sur le sujet. Etait-ce parce qu'elle connaissait mon nom et ma réputation de jeune noble givré et qu'elle se méfiait donc un peu de moi, ou n'était-ce rien de personnel et était-elle comme ça avec tout le monde ? Dur à dire, mais peut-être pourrais-je réussir à la détendre en continuant mes paroles qui semblaient tant lui plaire.
Alors que je bougeais un peu pour m'appuyer un peu plus contre le dossier afin de détendre mon dos, je vis un nouveau sourire sur les lèvres rouges de la jeune femme lorsque j'évoquais de mes maigres capacités à la flûte traversière. Je me sentis rougir, un peu gêné en me rendant compte que je me vantais peut-être à ses yeux. Je n'aimais pas me vanter, car ceux qui se vantent sont souvent ceux qui en savent le moins sur un sujet donné. Je portais une main à mes cheveux, me passant les doigts dans la chevelure pour remettre quelques mèches en place, tentant d'oublier ma gêne qui aux yeux de certains n'étaient pas justifiée.

La jeune femme me dit alors qu'elle aimerait m'écouter car elle n'avait pas l'habitude que l'on joue pour elle. Mais avant que je puisse sortir un seul mot elle s'arrêta, portant une main à sa bouche, avant de plaider mon pardon d'avoir demandé ça à un client. Elle se mis même à genoux devant moi et mes yeux s'écarquillèrent sous la surprise. Pourquoi donc me demander pardon ? C'était pourtant flatteur qu'on me demande de jouer d'un instrument, qu'on me dise que je pourrais ainsi faire plaisir... Je ne comprenais pas sa réaction.

- Mais je... Je... Je ne savais pas comment réagir, ni quoi dire, et ma gêne se fit plus grande encore. Finalement, je mis un genou à terre et pris ses deux mains dans les miennes en regardant son visage, même si elle ne pouvait voir le mien. Vous n'avez rien fait de mal, voyons. C'est même très flatteur de savoir que vous aimeriez m'entendre jouer. Relevez-vous donc avant qu'un de vos supérieurs pense que vous avez fait une bêtise et que vous me demandez pardon... Je n'aimerais pas que vous soyez mis en faute à cause de moi.

Ma voix était douce, ne voulant en aucun cas lui donner l'ordre de se relever mais voulant lui faire comprendre que pour moi, un clien de l'hôtel n'avait pas à se sentir supérieur aux employés. Elle pouvait me dire ce qu'elle voulait, je ne voyais pas en quoi cela était offensant qu'elle prenne autant de libertés que moi. Peut-être serait-elle moins gênée si nous étions en privé ? Mais elle devait attendre pour prendre bientôt place près du piano et jouer de son propre instrument, de cette flûte si envoutante. Ou peut-être jouait-elle d'un autre instrument aujourd'hui... Nous ne pouvions pas aller en privé tout de suite. Et certaines personnes m'avaient déjà regardé très étrangement lorsque je leur avait proposé d'aller dans ma chambre pour être plus tranquilles. Un ami m'avait dit que beaucoup pensaient de travers à ce genre de proposition, comme si je leur proposais de passer une nuit en ma compagnie. Drôle d'idée. Et après, on disait que c'était moi qui avait une logique étrange...

- Peut-être voudriez-vous que l'on aille dans un endroit calme, après votre prestation, afin que nous puissions discuter sans que ne soyez obligée de vous préocuper de vos paroles ? Je n'aime pas vous voir aussi gênée...
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Inozemtsev Avdeï

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mer 26 Aoû - 2:15

Le musicien fut surpris qu'il lui demande à nouveau son nom. Il lui avait semblé... Peu importait, ses propres souvenirs devaient être mélangés, incertains. Après tout, il n'y avait aucune raison que le client soit en tort. Puis il redressa la tête. Il souriait encore. La frontière entre les genres était floue au possible pour le commun des mortels et immortels de la même façon, et pour lui, elle était simplement... inexistante. Les échanges n'étaient qu'une toile, et les attirances une araignée avançant à pas prudents le long de celle-ci, perturbée par l'une ou l'autre onde, chaque pas une expérience. Il n'avait lui-même aucune idée de ce qu'il était, de ce qui, socialement, aurait dû l'identifier comme appartenant à l'un ou l'autre sexe. Les conventions n'étaient qu'une idée, une base reconnue comme véridique par une large partie de la population, mais sans véritable réalité concrète. Ce qui était considéré comme bien, ou mal, bon ou mauvais... Peu lui importait. Tant que son client était heureux, il était ce qu'il voudrait bien voir en lui.

Il hocha donc la tête, se présentant à nouveau, cette fois avec plus de précisions.

"Ava Inozemtsev, employée au manoir en tant que musicienne."

Avant qu'il ne soit finalement entraîné par son enthousiasme. Il n'avait jamais voulu cela, et la beauté du vol s'était effectivement retournée contre lui, comme à chaque fois. L'air dans ses plumes n'était qu'un moment éphémère d'extasie, alors même qu'il se précipitait vers une chute certaine, inévitable, douloureuse. Pourtant, pour une fois, une unique fois, un courant d'air chaud vint le secourir, l'entraîner encore vers les cieux ouverts et vides, vers la félicité de l'air marin dans ses narines.

Il sentit ses mains sous les siennes, la douceur veloutée de sa peau contre les cals et les cicatrices de ses mains de musicien. La chaleur délicate de sa proximité. Il releva la tête, sentant son souffle sur son visage. Une odeur de thé inhabituelle. Ses paroles également, étaient surprenantes. Il n'aurait rien fait de mal, selon lui? Vraiment? Cette impression persistante le hantait, pourtant, mais il suivit le mouvement, se pliant à cette demande, se relevant. Il ne lâcha pas ses doigts, comme une ancre dans cette tempête d'incompréhension. Puis il hocha la tête.

"Ce serait avec plaisir, Sir Abberline. Je n'ai pas l'habitude de converser avec les clients du manoir et je crains de n'être pas la plus agréable des compagnies. Cependant, si vous acceptiez d'attendre la fin de ma performance, je serais ravie que nous puissions discuter plus avant..."

Les dernières notes du piano retentirent, et Ava serra les mains du jeune Lord entre ses doigts, avant de lui sourire, s'avançant vers la scène, prenant place devant le santouri. Il toucha doucement la table, ramassant les baguettes, qui prirent place entre chaque index et chaque majeur, puis il joua, d'abord délicatement, puis avec plus de ferveur, un sourire aux lèvres. L'air était entraînant. Et après celui-ci, d'autres vinrent. Comme toujours, il ignorait la réaction de la salle. Ils étaient trop cultivés pour applaudir, et trop maniérés pour le siffler.

Lorsqu'il eut fini, il attendit. Il ne savait même pas si le jeune client était encore là. Peut-être n'avait-ce été que la politesse, le poussant à faire cette invitation..?

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Abberline Andrew

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mer 26 Aoû - 6:12

Ava Inozemtsev, alors. Difficile à prononcer et certainement pas anglais. Amusant... Pourtant, la jeune femme n'avait aucun accent. Il était pourtant difficile de trouver des gens dont les ancêtres étaient venu s'installer ici et dont le nom de famille était resté. Je n'avais cependant aucune idée d'où le nom de cette personne pouvait venir, car je ne connaissais que les consonances anglaises bien sûr, françaises, autrichiennes et allemandes. Si je les connaissais, c'était grâce aux invités que mes parents avaient eu lorsque j'étais petit et qui venait du continent, et avec qui je m'entendais plutôt bien. J'avais appris quelques mots dans ces langues mais je ne me souvenais plus que du français puisqu'il s'agissait de la langue officielle pour les échanges diplomatiques et que mes parents me l'avaient donc fait étudier.

- Quel joli nom... Mais ne m'en veuillez pas si j'ai du mal à le prononcer, je ne connaissais pas ces sonorités. De quelle origine êtes-vous ? Vous n'avez aucun accent et vous exprimez parfaitement bien en anglais...

Un hochement de tête accueillit ma proposition de nous relever et je me redressais en même temps qu'elle, sentant qu'elle gardait ses mains sur les miennes comme si, soudainement, elle avait du mal à se repérer. Alors qu'elle s'était déplacée avec aisance entre les tables, elle semblait maintenant en proie à une incompréhension du lieu dans lequel elle se trouvait. Après... je n'avais rencontré qu'une personne aveugle avant elle, et je n'en connaissais donc pas assez sur cette anomalie pour savoir. Peut-être se déplacer était-il facile, mais rester statique un peu moins ?
Sa réponse me tira un large sourire et j'hochais légèrement la tête. J’oubliais sans cesse qu'elle ne pouvait me voir, mais peut-être savait-elle tout de même les gestes que je faisais, avec l'air déplacé ? Je n'en avais strictement aucune idée.

- Arrêtez donc de dire que votre compagnie n'est pas charmante... Et si vous n'avez pas l'habitude de converser, je serais heureux de vous y habituer.

Elle se leva, serrant mes mains dans les siennes et me souriant avant de me tourner le dos et d'aller s'asseoir devant un instrument pour le moins original. Je n'avais jamais rien vu de tel. Et pendant que la jeune femme s'installait, je restais debout pour observer les cordes et chercher le son qu'un instrument comme celui-ci pouvait bien produire. Je m'attendais à un son proche du piano, mais lorsque les petites baguettes permettant de jouer vinrent frapper les cordes, je m'approchais lentement sur le côté pour ne pas gêner mais voir de plus près. Quel son...  En fermant mes yeux, j'avais l'impression de voir des gouttes tomber sur un toit dans une mélodie sublime, puis la musique accéléra et j'eus l'impression d'être dans une promenade en forêt. Les animaux fuyant à l'approche d'un homme, le bruit du vent dans les feuilles... Puis encore beaucoup d'autres visions s'empilèrent dans mon esprit, tinté d'une note orientale, formant comme un rêve. Cette jeune femme ne jouait que des instruments intéressants...
Avant même que je m'en rende compte, la musique était déjà terminée. Je rouvris les yeux et observait la jeune femme, avant de m'approcher d'elle pour voir l'instrument de plus près. Je ne cherchais pas à me cacher car je ne voulais pas la faire sursauter en arrivant auprès d'elle sans bruit, et je me fichais bien de savoir s'il était autorisé pour les clients de venir si près des instruments.

- De combien d'instruments envoûtants pouvez-vous ainsi jouer ? Je suis loin de m'y connaître en musique, et mes connaissances se limitent au piano, aux quelques flûtes, et à quelques autres instruments.

Je lui souris et tendit ma main vers elle. Puis, me rappelant qu'elle ne pouvait voir, lui proposait doucement :

- Me permettez-vous de vous aider à vous lever ?
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Inozemtsev Avdeï

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mer 26 Aoû - 7:03

Un nom n'était qu'une enveloppe. Moins encore. Le corps était l'incarnation au sens propre, la chair de la chair d'un esprit. Mais le nom... Le nom était un générique utilisé à des fins de détermination. Sans pertinence aucune. Chaque Avdeï n'était aveugle, ni chaque Andrew un noble anglais amateur de flûtes. Les sonorités pouvaient en être agréables, peut-être, certainement, même, mais ils ne contenaient aucune essence, rien de l'âme d'une personne, celle qui lui donnait sa saveur, et le goût de la côtoyer. Ava trouvait les mots impropres à convoyer des sentiments vrais. Mais ils étaient nécessaires quand le reste était invisible.

"Ne vous inquiétez donc pas de ça, tous me nomment Ava pour des raisons pratiques. Cela ne me dérange nullement que vous en fassiez autant. Les patronymes russes ont tendances à... être une partition à eux seuls."

Longtemps, il avait même ignoré d'où il pouvait bien venir. Cette origine dont ils vantaient les mérites, comme si une matrie pouvait véritablement englober les hommes et leur vocable. Une patrie une terre leur appartenant. La terre n'était qu'à elle-même, et les hommes l'empruntaient. Pour un temps indéterminé, se l'appropriaient, la violaient, la pillaient. Mais là n'était pas la question. Il avait ignoré donc que ce nom qui lui avait été donné pût être russe, jusqu'à ce qu'un client le lui fasse remarquer, un jour. Lui n'était que d'une falaise glacée en bord de mer. Le reste n'était que de peu d'importance. Quant aux langues... Elles se ressemblaient toutes, ne définitives, partageant des bases communes. Le reste n'était question que de rythme et de mélodie. Sa spécialité.

Après la performance, le musicien tourna la tête. Il avait été surpris par un déplacement, un frottement de pied sur le sol riche, un courant d'air. Une odeur. Celle du thé, encore. La sienne, à n'en pas douter. Il se demanda un instant ce qu'il faisait si près de lui et du santouri. Puis il en prit son parti, appréciant en définitive que les instruments attisent tant sa curiosité. Il reposa doucement les baguettes, afin d'être certain qu'elles soient bel et bien sur la table, ses doigts courant sur les chevilles, entrelacement d'une centaine de cordes aux sonorités si envoûtantes. Son air s'était fait pensif, comme s'il songeait vraiment à la question, puis il eut un sourire innocent.

"Je n'en ai aucune idée, Sir Abberline. Tous ceux du manoir, sans doute aucun. Pour le reste... chaque instrument est un coffre dans la clef est en nous, il suffit de la chercher, de trébucher, afin de la saisir et de découvrir ses trésors."

Il ne songeait aucunement que ne put être vrai que pour une frange de la population. La musique lui semblait si naturelle, part intégrante de son être et de sa définition, si tant était qu'elle existât, que le contraire l'eût étonné. Sa proposition transforma son sourire. Il devint plus gêné, le rouge colorant ses joues à nouveau. Ce n'était certainement pas convenable, non. D'autant qu'il le faisait habituellement sans troubler la quiétude de la salle. Mais il ignorait où il souhaitait le mener, et, de surcroît, cela semblait l'enthousiasmer, à en croire son ton enjoué.

Personne ne se dirigeait dans leur direction, ni ne semblait commenter leur étrange alliance. Il tendit donc la main dans sa direction, un peu trop loin, effleurant son vêtement du bout des doigts.

"Oh, je suis navré. Cela m'enchanterait que vous m'aidiez, Sir Abberline. Après tout, cette cape, pour élégante qu'elle doive être, n'en est pas moins pratique."

Il lui arrivait de faire d'inconfortables plaisanteries d'aveugle, mais le moment ne semblait guère approprié. La parole, comme la musique, était affaire de décorum. Et l'art de s'embarrasser en public en était véritablement un, par moment...

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Abberline Andrew

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mer 26 Aoû - 23:38

Il s'agissait donc d'une jeune femme d'origine russe. Mais soit, si elle désirait que je l'appelle Ava, alors je l'appellerais ainsi même si j'avais l'habitude de nommer les gens par leur nom de famille. Mais après tout, si cela la dérangeait moins, cela me rendait ravi.

- Je vous appellerai donc demoiselle Ava, si cela vous convient.

Après sa performance, je m'étais approché d'elle et observait maintenant l'instrument avec curiosité pendant qu'elle me répondait. Mais sa réponse souleva d'autres questions, que je me retint à temps de poser. Si je continuais de lui demander beaucoup de choses, elle serait sûrement à nouveau aussi perdue que tout à l'heure. Je devais attendre de pouvoir discuter avec elle en privé.
“Chaque instrument est un coffre dont la clef est en nous, il suffit de la chercher, de trébucher, afin de la saisir et de découvrir ses trésors.". Quelles belles paroles... Mais... ce n'étais pas vrai pour moi. Selon moi, chaque instrument était un produit de l'homme pour s'inspirer encore une fois de la nature. Ceux qui savaient jouer savaient percevoir les sentiments du bois, des cordes, de tout ce qui constituait l'instrument, et savaient comment les utiliser pour créer une musique joyeuse, triste, entraînante ou bien calme. Tout comme la pluie créait un son cristallin, pendant que le bruit du vent était calme et intimait au repos, pendant que le galop du cheval donnait envie de profiter de la vie en entendant le bruit rapide des sabots tapant le sol.

- Chacun voit les instruments et la musique à sa manière, et j'aime beaucoup votre point de vue même si nous n'avons pas exactement le même. L'idée d'une clef est vraiment intéressante, mais tout le monde n'en a pas en lui et a juste l'instrument sous les doigts sans savoir comment l'utiliser. Je ne saurais jamais jouer de l'instrument que vous venez de nous faire écouter.

Après un instant d'hésitation et un rougissement qui me fait sourire, la jeune femme tendit la main vers moi mais rata mes doits, venant frôler mes vêtements. Je souris de plus belle et rit gentiment, venant prendre sa main dans la mienne. Des regards curieux me suivaient depuis un moment, attirés par les vêtements que je portais et par l'intérêt que je portais à la jeune femme. Certains devaient penser que je voulais la charmer. Quels imbéciles. Bien qu'elle soit belle et qu'elle ait une voix sublime, j'étais loin d'avoir des pensées indignes d'un gentleman anglais.

- Il n'y a aucun soucis, demoiselle Ava. Et je comprend que des vêtements si amples puissent être gênants.

Je la laissais donc se lever avec mon soutient puis je tourna la tête vers l'entrée de la pièce, gardant sa main dans la mienne, appréciant le contact de sa peau. Je mettais souvent des gants, mais pas aujourd'hui... C'était une bonne idée, au final.

- Pour que nous puissions discuter aimablement, je vous aurais volontiers proposé d'aller dans ma chambre mais j'ai peur que vous ne pensiez que j'ai des idées derrière la tête...
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Inozemtsev Avdeï

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Jeu 27 Aoû - 0:27

Toutes les clefs avaient un coffre, et vice-versa. Ava n'était pas fermé sur ses croyances, elles changeaient au fil des temps, des peuples, des saisons, des expériences. Pourtant celle-ci... Personne n'avait de passe universel qui les ouvrirait tous. Et fort heureusement encore. Que serait la vie si tout était aisé? Ne serait-elle qu'un chemin droit, sans anicroche, et d'un ennui terrible? Et si tous n'avaient les clefs des instruments, alors, ils en possédaient très certainement d'autres qui lui-même n'avait pas. Fort probablement.

Pourtant il lui sourit. Il ne doutait pas qu'un santouri semblait certainement complexe de l'extérieur. Il n'était que délicat, en réalité. La moindre onde, la moindre manipulation incertaine pouvait changer l'identité complète d'une mélodie. Pourtant, accompagné de la cithare, il était moins effrayant dans son mysticisme. La voie vers les dieux, la voix des dieux, telle était la musique, pour lui. Un chaman était musicien, et l'inverse n'était-il pas aussi vrai? Les sons étaient des voleurs s'insinuant dans chaque faille de la plus solide des forteresses intérieures.

Un rire vint l'interrompre. Se moquait-il de son embarras, de son geste, de ses excuses? Peu importait, il n'avait été que charmant jusqu'à présent, et certainement continuerait-il à l'être. Il sentit sa main soutenant la sienne, chaleur incongrue, et pourtant rassurante, quelque part. Peu le touchaient par simple plaisir de sa compagnie. Son compagnon de chambrée, même, s'en passerait fort probablement s'il en avait le choix. Il se leva donc, caressant la table du bout des doigts afin de ne la point renverser, s'approchant après l'avoir contournée. Pas un instant son visage ne s'était détourné de celui du client, comme s'il l'avait mieux entendu en se tournant vers lui. Certes non, mais sentir son souffle sur lui permettait d'apprécier d'une étrange façon la sincérité de ses propos. L'air... Que ne permettait-il pas?

Ses paroles le surprirent. Ava n'était ni innocent ni inepte, malgré son handicap. Pourtant la simple possibilité était incongrue, dans son esprit. Il avait été si enthousiaste de parler instruments qu'il ne pouvait même imaginer la possibilité infime qu'il tente de l'abuser de telle façon. Il lui sourit donc avec innocence, et peut-être même une pointe d'humour, la blancheur parfaite de ses dents apparaissant derrière ses lèvres rouges alors qu'il ouvrait la bouche pour parler.

"Sir Abberline, je ne doute pas que vous usiez et abusiez de moi, mais faisant détailler chaque instrument et même vous offrir un concert privé si le cœur vous en dit."

Il eut un rire cristallin qui illumina son visage, puis il reprit, avec plus de sérieux.

"Il n'est pas question de privauté entre nous, Sir Abberline. Vos appartements offriront, je n'en doute pas, le cadre idéal à cette agréable discussion que nous prévoyons. Et mon honneur sera sauf, ne vous en inquiétez nullement."

Son sourire était rassurant, aimable. Ava n'avait aucune idée licencieuse, et ne se le serait pas permis quoiqu'il arrivât. La musique était une ode suffisante à la beauté du monde. Le reste... Il préférait ne pas y songer.

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Jeu 27 Aoû - 23:58

Si ses yeux n'étaient pas en permanence fermés, j'aurais réellement pu penser qu'elle voyait. Son visage restait toujours tourné vers le mien, lorsque je parlais ou qu'elle avait la parole, comme si elle pouvait me voir à travers ses paupières closes. Quelle étrange impression de se sentir observé ainsi... Cela ne me mettait pas mal à l'aise, loin de là, et j'appréciais même l'idée de me dire que, sans couleur et lumière, elle me voyait pourtant aussi bien que n'importe qui.
Sa réponse me fit sourire de soulagement. Elle n'avait pas peur de moi, alors que beaucoup de gens auraient put être extrêmement méfiants devant une telle proposition. Je serrais un peu plus sa main dans la sienne en ressentant de la gratitute et je détaillais ses lèvres rouges en me disant que beaucoup d'hommes devaient la trouver magnifique en plus de moi. Quel dommage qu'elle ne puisse pas voir sa beauté.

- Un concert privé ? Ce serait un pur plaisir, bien plus intéressant que l'usage dont aiment faire les hommes des chambres d'ordinaire. Et si vous n'avez pas peur d'entendre quelques fausses notes, je pourrais réessayer de jouer de ma flûte traversière.

Je donnais un petit écho à son rire, qui me rendait légèrement euphorique sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être parce que j'avais une nouvelle amie ? C'était rare que je parvienne à m'en faire réellement, et cela me faisait chaud au coeur de trouver une personne comme elle. Elle était sans aucun doute beaucoup plus portée sur la musique que moi, mais ça restait un sujet que je trouvais très intéressant bien que ma vie ne reposât pas dessus comme la sienne.

- Laissez-moi alors vous en indiquer le chemin, ma demoiselle. Sauf si vous voulez tout d'abord aller vous changer ou prendre quelque chose dans votre propre chambre.


Finalement, je me mis à la guider dans les couloirs, relâchant la légère pression sur sa main. Je ne savais pas si elle avait besoin d'un appui pour marcher dans un endroit où elle n'allait pas d'ordinaire, mais je ne voulais pas non plus m'imposer. Si je sentais qu'elle gardait sa main dans la mienne, alors je l'aiderais sans soucis.
Une fois devant la porte de ma chambre, je sorti ma clef et ouvrit la porte, la poussant et m'effaçant pour qu'elle puisse entrer et disant d'un ton enjoué, dans une petite courbette :

- Bienvenue dans mon humble demeure, my Lady.

Demeure était un grand mot, mais j'aimais m'imaginer être dans mon petit comté, comme si je n'avais pas vendu le manoir. Je ne le regrettais en rien, mais il était amusant de voir comme on s'habituait facilement à vivre dans un endroit si petit par rapport à là où on a toujours vécu.
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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Lun 31 Aoû - 2:16

Il sentit avec surprise la pression plus grande qui serra sa main entre les doigts du jeune client. C'était, encore une fois, inhabituel. Peu l'avaient touché de la sorte, évidemment, mais plus que cela encore, ce geste était... troublant. Ce geste presque convulsif n'arrivait que dans quelques situations. La surprise, bien sûr, pour remercier sans un mot ou bien... pour rassurer. Ou se rassurer. Peut-être était-ce l'angoisse de partager ses talents musicaux avec un professionnel. Il lui serra légèrement la main en retour, rassurant, un doux sourire aux lèvres.

"N'ayez crainte, je ne vous accompagne pas pour juger de votre performance, juste pour profiter d'un agréable moment avec une aimable personne. Rien de moins."

Le reste de sa remarque fut laissé sous silence. Ce que les hommes faisaient des chambres à l'ordinaire... Ava n'en avait qu'une idée bien vague, il n'avait plus fréquenté de telle façon depuis qu'il vivait entre des murs de pierres et dans un lit, et non plus au clair de lune, dans la froide nature. Mais il ne doutât pas que les mêmes activités puissent s'y transposer.

A son rire répondit celui du jeune homme. Très joyeux. Presque trop. Son cœur manqua un battement. Avait-il perdu le contrôle au point de laisser sa voix, son expression d'allégresse, prendre les caractéristiques de son chant? Ne lui restait plus qu'à espérer que non... Sinon ce serait catastrophique au mieux. Il ne pouvait le laisser maintenant, il devait en être absolument certain. Il secoua donc la tête, faisant encore un mouvement dans sa direction.

"Non, allons-y, il me tarde de vous entendre jouer. Ce ne pourra être qu'un agréable changement dans ma routine, Sir Abberline..."

Il le suivit, calant son pas silencieux sur le sien, n'accompagnant le bruit de ses talons que du bruissement gracieux de ses riches vêtements de scène. Ils traversèrent un courant d'air qui fit danser autour d'eux l'odeur particulière du jeune homme. Il sentit la pression de sa main faiblir, se demandant s'il souhaitait, finalement, le lâcher, le laisser aller. Il n'osa pourtant pas la retirer, la faisant simplement plus légère. Sa présence était rassurante, et le bruit ambiant du manoir le forçait toujours à se concentrer d'abondance s'il souhaitait suivre quelqu'un, le forçant souvent à oublier le reste de son environnement. Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait chuté à la suite d'incidents similaires.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent, Ava testa le sol sous ses pieds, l'identifiant comme, certainement, les chambres des clients. Le tintement caractéristiques des clefs retentit, et le musicien ne put s'empêcher de légèrement trépigner d'impatience. Un mouvement d'air trahit un... salut? Il hésita, riant aisément de la remarque. Écartant un pan de la cape, il eut une légère révérence.

"Je ne suis nullement une Lady, mais je suis plus que ravie d'être votre invitée, Sir Abberline..."

Ne l'entendant pas bouger, il avança une main, tâtonnant le long du montant de la porte. Prudemment, il avança, tentant de s'assurer qu'aucun obstacle ne venait barrer sa route, que nul tapis n'entraînerait sa chute, et surtout, qu'en définitive, il n'endommagerait rien. Le processus était long et certainement peu divertissant. Il avait l'air terriblement mal-à-l'aise, cette fois.

"Je suis sincèrement navré, mais j'ignore tout de la disposition des appartements dans cette aile et de l'emplacement des meubles ou de vos bagages. Je ne voudrais pas causer un incident..."

Il avait baissé la tête, plutôt penaud. C'était ridicule, ils étaient là pour discuter plaisamment, et non pour qu'il se plaigne de sa condition et de ce que, subséquemment, il ne pouvait faire. Comme appréhender aisément un nouvel environnement regorgeant de dangers potentiels...

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Abberline Andrew

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mar 1 Sep - 8:02

Sa main serra la mienne à son tour, ce qui fit courir un très léger frisson dans mon dos sans que je sache pourquoi. Sans rien éprouver de sentimental pour la jeune femme, sa beauté presque surnaturelle m'envoûtait. Entre cette voix et cette attirance... Ce n'était pas possible qu'il ne s'agisse pas d'un de ces êtres que je voulais absolument découvrir. Mais revenir sur ce fait était délicat, j'avais peur qu'elle se braque ou pire, que je me trompe et qu'elle me prenne pour un “imbécile croyant à ces idioties”, comme on me décrivait parfois, et qu'elle parte donc en me laissant seul avec mes histoires de sirènes et autres créatures fantastiques.

- Cela me rassure, même si je lis sur votre visage que vous n'êtes pas de ces gens qui jugent les autres... Et je vous en remercie grandement.

J'hochais la tête lorsqu'elle m'indiqua qu'on pouvait y aller et la conduisit alors à ma chambre. Lorsque je relâchais la pression contre sa main, je sentis qu'elle la faisait plus légère sans pour autant me lâcher. Il semblerait qu'elle ait bien plus de mal à se déplacer ici, même avec de l'aide. Elle ne devait pas connaître énormément cette partie de l'hôtel. Je souris presque tendrement en la sentant avoir besoin de moi pour avancer mais ce n'était nullement de la moquerie. Je ressentais juste le plaisir d'aider quelqu'un et de pouvoir divertir une jeune femme comme elle.

Elle fit une gracieuse réverence lorsque je l'invitais à entrer et je ris doucement de nouveau. Elle était vraiment de bonne compagnie, malgré ce qu'elle pouvait en dire. J'appréciais être en sa présence, car ses paroles étaient belles et, même si elle ne s'en rendait pas compte, elle se montrait assez amusante à mes yeux. Qu'elle puisse dire qu'elle n'était pas une Lady m'amusait et je lui répondis d'une voix assez amusée et gentille.

- Chaque belle et charmante femme est une Lady pour moi, Lady Ava.

Je me redressais alors qu'elle rentrait et je me rendis compte à quelle point elle semblait avoir du mal à se déplacer, sans mon appui. Peut-être avais-je fait une bêtise en lui faisant l'inviation d'entrer dans la chambre en première. Mais je ne comptais pas la pousser pour repasser devant et prendre sa main à nouveau et l'aider à se déplacer. Je me contentais donc de vérifier devant elle.

- Il n'y a rien devant vous, demoiselle Ava. Faites encore trois pas et je viendrais vous guider de nouveau.

Dès que j'eus la place de passer, je passais à son côté puis devant elle après avoir fermé la porte. Puis je repris sa main, y posant un nouveau baisemain rapide, voulant m'excuser d'avoir été si impoli.

- Pardonnez-moi de vous avoir mis dans cette situation. Je n'aurais pas du lâcher votre main et vous laissez vous guider par vous-mêmes alors que vous ne connaissez pas cet endroit.

Je la conduisis doucement vers les deux fauteuils disposés autour d'une petite table ronde, dans un côté de la chambre. Le thé de ce matin y était encore. Peut-être était-il encore assez chaud pour être bon. Je souris, posant sa main sur le fauteuil afin qu'elle se repère, et vérifiait qu'elle pouvait s'assoir avant de m'assoir en face en l'observant de nouveau. Sans doute aimerait-elle une tasse de thé avant que je me mette à jouer de la flûte. Mais je devais vérifier si le thé était encore bon. Je m'en voulais de l'avoir vue si maladroite dans mes appartements, par ma faute.

- Je vous demande encore une fois de m'excuser... Désirez-vous un peu de thé ? Si celui qui est ici a refroidit, je peux en demander un nouveau. J'aime énormément le thé, je ne sais pas pour vous.
J'étais habitué à l'odeur de ma chambre, à force, mais sans doute devait-elle paraître très forte pour la jeune femme. J'aimais tant le réglisse que j'en avais tout un sac sur un meuble près des fauteuils, et les bâtons embaumaient jusqu'ici. Des fleurs étaient posées dans des vases un peu partout, au parfum plus ou moins prononcé, et pour couronner, les meubles sentaient un peu le bois. Sans compter l'odeur de thé. Cette odeur mélangeait en fait tout ce que j'aimais, sans que je m'en rende compte tellement j'étais habitué. Mais il ne fallait pas exagérer, la senteur ainsi créée n'était pas poussée au point de rendre malade.
Je pris ma tasse et y versait un fond de thé, avant de goûter. Avec le capuchon laissé sur la théhière, il était encore chaud à la perfection. Amusant de voir comme la chaleur pouvait facilement se garder.

- Celui-ci est encore très bon.
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Inozemtsev Avdeï

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mer 2 Sep - 4:02

L'entendre le complimenter n'avait en réalité rien de rassurant. Non qu'il imaginât qu'il puisse songer à abuser de lui. Non, elles étaient inquiétantes par leur... attachement. Il craignait toujours d'avoir laissé sa voix prendre le dessus. Pas celle qu'il utilisait à l'ordinaire, mais celle qu'il devait garder pour lui et pour le couvert de la nuit, pour l'intimité d'un endroit désert, ou abandonné. Lorsqu'il pouvait sans en ressentir aucune conséquence s'abandonner. Le mieux restant encore le bord de mer, mais bien que l'Angleterre soit, de ce qu'on lui avait dit, une île, il lui semblait n'avoir jamais été aussi loin de la côte. Une Lady. Il n'avait jamais eu cette ambition. Il n'était pas avide de ce genre de reconnaissance. D'aucune reconnaissance, en réalité. Il voulait simplement jouer de la musique sans blesser qui que ce fut. Et cela ne semblait pas gagné d'avance.

D'autant plus lorsqu'il se retrouvait à ne pouvoir avancer sans craindre de détruire cette fragile relation qu'il construisait avec ce client si différent. Un humain, sans doute aucun, à l'odeur, bien qu'il sentît suffisamment fort le thé et la réglisse pour noyer celle-ci. Faisant pourtant preuve d'un intérêt certain pour lui. Pour sa musique, plus que pour lui, en réalité, ce qui était d'autant plus flatteur.

Un mouvement dans son dos le fit presque se retourner. Inutile, bien entendu, mais faire face à une potentielle menace était étrangement ancré dans ses veines. Sans intérêt aucun pour sa condition réelle ou supposée. Il avait réalisé son embarras. Il en avait parlé, cependant, rien de surprenant, donc. Rien devant. Avec hésitation, il mit un pied devant l'autre, doucement, lentement. Par trois fois. Puis attendit. L'humiliation n'était plus une notion si nouvelle. La situation non plus. Cela ne l'empêchait pas d'avoir l'air misérable. Il ne s'était pas encore moqué de lui. Mais le ferait-il seulement? Certainement... La nature était cruelle envers tout ce qui ne pouvait vivre seul entre les murs des hommes. Ou était-ce la nature humaine, qui ressentait ce plaisir pervers à se gausser de lui?

Entendre la porte se fermer lui fit l'effet d'être emprisonné, mais il ne bougea toujours pas. La vie, la sienne surtout, était ainsi faite. Il le frôla en le dépassant et Ava baissa les épaules. Il avait juste peur. Puis il sentit à nouveau sa main sur la sienne, et le baisemain. Ses paroles... Il s'en voulut d'avoir douté. Rapidement, pendant qu'il savait encore à peu près où il pouvait être, il avança la main, la posant sur sa joue, un peu bas, peut-être, effleurant ses lèvres de son pouce. Et il lui sourit doucement.

"Cela n'est rien, Sir Abberline. N'ayez crainte, cela signifie simplement que vous aviez oublié ma condition, et je préfère encore cela, malgré l'inconfort. Je ne veux pas que vous ayez à en être constamment conscient et que vous marchiez sur du verre à cette idée..."

Bizarrement, l'expression ne sonnait pas juste. Mais son anglais, tout du moins ses formes les plus idiomatiques, lui échappaient parfois dans leur inconsistance. Dans leur abstraction également. Il laissa retomber sa main, la posant sur ce sur quoi il le  guida. Il caressa le tissu du bout des doigts. Tâta le rembourrage. Effleura les contours. Un fauteuil. Il le contourna, s'asseyant avec force précautions dessus. Il releva les mains. Elles sentaient vaguement la même chose que le reste de la pièce. Il inspira profondément. Le thé, toujours, et la réglisse, plus forte encore, presque étouffante. Les fleurs... Ava n'aimait pas les fleurs. Leur odeur entêtante lui rappelait trop de souvenirs troublants. Des souvenirs de mort, plus que d'amour.

Du plat de la main, il aplatit sa tenue, tentant de ne pas la froisser trop fortement. Les servantes lui en voudraient certainement, s'il le faisait. Il eut un mouvement vague de la main devant son regret affiché. C'était presque aussi embarrassant d'avoir été dans cette situation que de l'entendre se confondre en excuses. Il haussa une épaule.

"Vous n'y êtes pour rien, Sir Abberline, vous ne m'avez pas aveuglée."

Il entendit le tintement de la porcelaine, attendant le verdict. Il lui sourit ensuite avec malice.

"Je me doutais un peu de cela. Vous avez cette senteur flottant autour de vous. Thé et réglisse. Elle vous imprègne. C'est agréable et permet de vous reconnaître..."

Il rougit légèrement. Il n'avait pas l'habitude de faire des commentaires si personnels, d'ordinaire. Il trouvait cela gênant. Il ne put détourner la tête pour se dissimuler, il ignorait même où il pouvait se trouver dans la pièce. Les petites surfaces avaient tendance à réverbérer le son et à troubler ses sens. Il en avait même oublié de répondre qu'il serait ravi de goûter à ce breuvage...

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Sam 5 Sep - 0:21

Je lui fis un baisemain et la jeune femme tendit alors le bras, cherchant mon visage. Elle caressa un instant ma joue et frôla mes lèvres du pouce. Ce contact particulier n'était pas dans mes habitudes et ce fut à mon tour de rougir sans que je sache réellement pourquoi. Sans doute car je n'étais pas habitué à ce que l'on me caresse la joue ainsi. C'était à la fois gênant et agréable, car cela prouvait qu'elle n'avait pas peur de moi alors que, la connaissant à peine, je l'avais guidée à ma chambre. Elle devait bien se rendre compte que je ne lui voulais aucun mal, et je souris en posant un instant ma main sur la sienne, sur ma joue.

- Je n'aime pas vous mettre dans une position gênante comme je l'ai fait... Et après vous avoir vu vous déplacer avec tant d'aisance et de grâce dans le Grand Salon, j'avoue que je n'ai pas pensé que cet endroit inconnu vous poserait problème...

Elle s’assit et je me posais à mon tour sur le fauteuil en face. Elle lissa sa tenue et je me surpris à encore penser à cette pensée envoûtante qu'elle incarnait. Je n'avais aucune attirance pour elle, je ne voulais rien avoir à faire avec elle, mais je la trouvais belle. Simplement belle. Et même magnifique. Je me demandais si elle était déjà mariée, ou même si elle entretenait des liens amoureux, mais ce genre de pensée ne convenait pas à quelqu'un comme moi. Entendre qu'elle ne m'en voulait pas de l'avoir mis dans une situation gênante me fit pousser un petit soupir de soulagement. Dieu que je pouvais être idiot, des fois, à laisser une jeune femme aveugle se débrouiller dans un lieu qu'elle ne connaissait pas !
Je goûtais donc le thé, indiquant qu'il était encore très bon, puis sourit à sa remarque. Je sentais le thé et le réglisse ? Amusant, cela résumait plutôt bien qui j'étais. Je ne faisais plus attention à ces deux odeurs tant j'y étais habitué mais... oui, l'odeur devait tout de même être assez forte. J'avais déjà vu plus d'une personne grimacer en entrant dans ma chambre. Peut-être n'aimaient-ils pas sentir le réglisse, le thé et les fleurs.

- Mh... Je suis heureux de savoir que vous trouvez cela agréable, mais j'espère qu'ici, dans ma chambre, ce n'est pas une odeur trop entêtante... Je n'y fais plus attention, mais avec tout ce que je peux boire de thé et manger comme réglisse, je crains tout de même que ce soit déplaisant...

Je ne savais pas si elle en désirait mais, si elle trouvait l'odeur agréable, sans doute aimait-elle le thé. Alors je me levais pour prendre une seconde tasse dans un tiroir, ainsi qu'une petite assiette, et déposait le tout sur la table devant elle avant de la servir. Puis je me servi moi-même et me demandai si elle saurait trouver la tasse. Si je lui demandais si elle désirait de l'aide, j'avais peur qu'elle pense que je voulais l'assister. Mais si je ne demandais pas, je la mettrais encore dans une situation délicate... Que c'était compliqué. Je préfèrais cependant qu'elle me dise une fois pour toute ce que je devais faire pour l'aider que continuer de la gêner.

- Pardonnez-moi d'être si naïf sur votre condition, mais désirez-vous que je vous donne votre tasse de thé en main propre ? Ou pouvez-vous la prendre par vous-même sans craindre de la renverser ?

Je réfléchissais à ce que je pouvais bien jouer à la flûte. Les leçons étaient si lointaines... Je pratiquais si peu, de plus... Je pensais faire une des premières pièces que j'avais apprises, puisque c'était celle que je connaissais le mieux, mais la flûte traversière était très souvent accompagnée d'un piano. Celui-ci donnait une musique de fond souvent indispensable... Ca risquait d'être gênant et je craignai de faire une musique qui déplairait à la jeune femme. Elle jouait si bien que j'étais sûr de faire une bien piètre performance. Mais... à la limite, autant faire la pièce à laquelle je pensais, au moins je ne ferais normalement pas ou peu de fausses notes. Après avoir bu ma tasse de thé, je me relevais.

- Je vais simplement préparer ma flûte traversière. Cependant... Je ne suis pas du tout à votre niveau, et je suis incapable de jouer de la flûte comme vous jouiez de cet instrument tout à l'heure. Je crains de faire quelques fausses notes. Et le morceau que je compte jouer est normalement accompagné par un piano... Ma performance sera bien pauvre par rapport à ce que vous êtes capable de jouer...

J'allais plus loin dans ma chambre, près de mon lit, et pris la valise où était rangée ma flûte. Je la remis en état de jouer rapidement et me redressais, regardant les lignes de l'instrument. Mh... J'en revenais à regretter d'avoir arrêté de pratiquer. Je devrais m'y remettre, c'était vraiment un instrument magnifique avec un son que j'adorais. Oui, je m'y remettrais de ce pas ! Mais pour le moment, je devais déjà retrouver mes repères. Je la positionnais, cherchant comment replacer mes doigts, et en quelques secondes je me revis enfant, à jouer devant un professeur chevronné et devant mes parents... Non, jouer d'un instrument, c'était quelque chose qu'on ne pouvait pas oublier. Les notes me revinrent immédiatement en tête et je souris, prêt à jouer.
Alors je revins vers la jeune femme, souriant.

- Si cela ne vous dérange pas d'entendre un amateur en la matière, alors je suis prêt à jouer, My Lady.
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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mar 8 Sep - 1:34

Il s'excusait encore, acceptant sa marque d'affection avec un naturel qui, s'il n'était pas troublant en soi, n'en était pas moins inattendu, bien que bienvenu. Et il parvenait encore à le flatter. Il aurait été malhonnête de dire qu'Ava n'y était pas au moins légèrement sensible. Il n'était après tout qu'un être de sang et d'âme, de sentiments. Toute la perversité, quelque part, d'une condition intermédiaire. Pas exactement humain, ni tout à fait animal. Autre. Un entre-deux, un palier. Avec les mêmes envies, pourtant. Celle de n'être pas seule, celle d'être si non admiré, au moins reconnu. Un animal, pour social qu'il fût, se moquait souvent du regard des autres, de leur opinion de lui-même. Leur rang spécifique, bien entendu, mais rien de plus. Alors que l'homme. L'homme existait à travers l'autre.

Il y avait bien entendu plusieurs façons d'aborder cette problématique spécifique. Soit par le regard, l'apparence véritable ou supposée, naturelle ou artificielle, offerte au monde et par lequel il était représenté, vu, envisagé. Une première approche, en quelque sorte. Une première impression capitale. Ce en quoi lui-même échouait admirablement. Il n'était pas de bonne compagnie car incapable d'offrir cette satisfaction liminaire et primitive. Appelée à contre-sens animale, certainement. Un instinct social qui pousserait l'homme à rechercher cette acceptation par le regard.

Venait ensuite un niveau second, moins immédiat, plus construit et moins spontané. Celui qui se bâtissait au fur et à mesure du discours, de l'échange de propos, d'idées. Subséquent à un dévoilement, une révélation même partielle de ce qui pourrait se cacher derrière cette apparence, parfois fictive. Bien entendu, celui-ci était bien plus traître et trompeur. Il était aisé de mentir avec ses mots. De manipuler, de dire ce qu'il était agréable d'entendre. En un sens, lui-même ne faisait pas mieux, lui offrant à voir la femme qu'il désirait, au dépend d'une identité peut-être plus réelle, mais à laquelle il n'était guère plus attaché. Une imposture innocente, en réalité. Née de bonnes intentions.

Tout cela pour dire que le musicien se sentait tout à la fois loué et coupable en entendant ses belles paroles. Il ne méritait pas tant d'attention, mais il craignait de le vexer en le lui faisant remarquer. Et l'intérêt était de ne pas accomplir tel forfait. Quelque peu infructueux. Puis le sujet changea et son état d'esprit également, voguant au gré des humeurs changeantes et des vents contraires. Les odeurs étaient toujours un monde qui semblait habituel, mais cela n'empêcha pas la rougeur de ses joues de persister. Il étira les doigts sur ses genoux, et les aurait fixés s'il avait pu y voir quoi que ce fut. Il secoua la tête doucement, libérant une longue mèche dorée.

"Cette odeur est... prégnante, certes. Elle vous suit, mais c'est également une façon pour moi de vous identifier, de vous reconnaître. Les odeurs, les bruits de pas, la voix... Les impressions parfois, mais elles sont plus fugaces. Il est, j'imagine, plutôt aisé de reconnaître une silhouette. Je me dois de trouver des détails moins... visuels. Mais j'aime assez ces fragrances, bien moins artificielles qu'un parfum."

Il avait peur de ne pas s'être correctement exprimé. Il suivit les sons qu'il produisait en se déplaçant, le bruit de porcelaine s'entrechoquant doucement, le joyeux écoulement du thé en heurtant la tasse. La soucoupe posée de son côté. Il commençait déjà à se pencher pour tenter de la prendre lorsqu'il fut interrompu. Il s'appuya contre son dossier avec un sourire léger.

"Il est tout à votre honneur de demander, Sir Abberline. Pour être tout à fait honnête avec vous, et autant que j'apprécie d'être servie par d'agréables jeunes hommes, je suis capable de prendre une soucoupe. Cela me prend bien plus de temps, certainement, et il m'arrive parfois d'en renverser lorsque la tasse est un peu fort remplie, mais j'aime à me dire que je ne suis pas à ce point dépendante de mon entourage..."

La fin de sa phrase avait été prononcée d'une voix basse, presque défaite. Il lui sourit encore puis se pencha lentement, effleurant du bout des doigts le rebord de la table, caressant le grain subtil du bois laqué, l'explorant jusqu'à atteindre la froide perfection de la porcelaine. Avec plus de précautions encore, il dessina le contour de la tasse, la tenant malgré sa chaleur, alors que l'autre s'emparait de la soucoupe avant d'amener le tout, avec force délicatesse, jusqu'à ses genoux. Cela avait effectivement pris un certain temps et beaucoup de concentration. Le thé en était, par conséquent, presque froid.

Il ne releva pas immédiatement la tête en l'entendant reposer sa tasse. Il le faisait par convenance, en réalité, par politesse, puisque cela ne changeait absolument rien pour lui. Il s'appliquait effectivement à approcher la tasse de ses lèvres sans en renverser, à nouveau, et sans la faire s'entrechoquer dans ses dents, ou son nez. Il y parvint presque, y étalant une magnifique trace de maquillage, sa bouche d'un rouge intense contrastant avec la blancheur virginale de la tasse. Il l'ignorait bien entendu. Il savoura ensuite le breuvage puis lui répondit, avec un sourire.

"Je ne suis pas venue ici pour entendre un musicien, Sir Abberline, mais un néophyte passionné, ce qui est souvent bien plus intéressant. L'impétuosité qui peut être mise dans un morceau compose souvent les difficultés techniques qui peuvent être rencontrées. N'ayez crainte. Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas ici pour vous juger. Quant au piano... Si je reconnais la mélodie, je vous accompagnerai, cela vous convient-il?"

Il l'écouta évoluer dans la chambre avec un certain malaise. Il n'était guère lié à la situation qui n'avait, pour lui, aucune incidence. Il ne ressentait de lui rien qui aurait pu laisser à penser que la bagatelle occupait son esprit. Non, il s'agissait simplement d'entendre bouger dans un environnement inconnu, et en n'ayant donc aucune idée de ce qui pouvait se dérouler. Un embarras bien courant pour lui, pourtant et, il releva finalement la tête lorsqu'il approcha. Il semblait faire preuve de moins de précautions, dans cet environnement plus privatif. Une amélioration. Il sourit, amusé, au surnom, qui n'était pas et ne serait jamais un titre.

"Je n'attends que cela, Sir Abberline..."

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Jeu 10 Sep - 7:46

Une façon de m'identifier par l'odeur, donc... C'était bien une preuve que les autres sens se développaient plus que ceux d'un voyant lorsque l'on ne pouvait voir soi-même. J'aurais été bien incapable de reconnaître la moindre personne à son odeur. Comme Lady Ava le disait si bien, la silhouette suffisait aisément à reconnaître les gens que l'on croisait. Je reconnaissais certaines odeurs, mais seulement les plus prononcées comme celles des fleurs, du thé, de la réglisse, et d'autres choses encore, mais j'étais loin d'avoir un odorat aussi poussé que le sien. Mais... pour autant, je n'aurais pas aimé être malvoyant voire aveugle comme elle. Mais je restais persuadé qu'elle avait de la chance dans sa malchance

- Pourtant, sans pour autant dire que vous êtes la femme la plus chanceuse de l'univers, je peux dire que vous avez une certaine chance. J'ai compris que n'aviez jamais pu voir depuis votre naissance, et ainsi vous n'avez jamais su ce que pouvait être le monde visuel. Mais puisque vous ne connaissez pas ce monde, vous en connaissez un autre qui m'est inaccessible car j'en ai fermé les portes lorsque j'ai ouvert les yeux pour la première fois.. Un peu comme vous vivez dans le monde de la musique alors que je ne peux que l'effleurer... Sauf lorsque vous m'en ouvrez les portes comme il y a quelques instants...

Je lui proposais donc mon aide pour sa tasse de thé mais elle m'arrêta dans un sourire en s'appuyant contre sa chaise. J'eu malgré moi un petit sourire peiné pour sa condition mais elle avait raison. Etre trop dépendant pouvait vraiment devenir étouffant et fatiguant. Il ne lui manquait que la vue, rien d'autre. Je devais arrêter de me montrer aussi volontaire pour aider tout le monde, ça pouvait parfois en blesser certains. Mh. Oui, je devais la faire passer pour une assistée en lui proposant tout le temps mon aide ainsi. Je pris une voix calme en essayant de la faire légèrement amusée

- Je comprends. Excusez-mon tempérament parfois beaucoup trop serviable, My Lady. Je ne voulais pas vous faire penser que je vous voyais comme quelqu'un de dépendant, puisque ce n'est pas le cas.

Depuis le côté de mon lit où je m'occupais de l'instrument, je la vis réussir à prendre la tasse et la coupe, buvant le thé avec un sourire. Je me rendis compte, alors, que puisqu'elle ne pouvait voir les expressions des autres elle ne pouvait certainement pas en copier certaines et devait donc pouvait sûrement cacher assez facilement ses vraies pensées. Je ne doutais pas une seule seconde qu'elle me trouve agréable, mais c'était assez troublant de se rendre compte qu'au final je ne savais rien d'elle à part qu'elle était musicienne et avait un patronyme d'origine russe. Sa proposition de m'accompagner si elle connaissait la mélodie me fit sourire et oublier mes pensées. Je revins à ce pourquoi j'étais là : jouer un peu de flûte traversière à cette ravissante jeune femme.

- Cela me convient parfaitement, Lady Ava. Etre accompagné par une virtuose comme vous serait une superbe expérience. C'est un morceau nommé “Clair de Lune”, qui nous vient de Claude Debussy, un compositeur français. C'est la première mélodie qu'on m'ait apprise pendant que j'apprenais à jouer, et il s'agit sans doute d'un des seuls airs qu'on m'ait enseigné dont je me souviendrais toute ma vie.

Je n'avais pas la partition, juste la mélodie en tête. Pourtant, rien que d'avoir tenu la flûte comme si j'allais jouer pendant un instant m'avait suffit pour savoir où placer mes doigts exactement pour la jouer du début à la fin. Lorsqu'elle me dit être impatiente de m'attendre, je souris et porta la flûte à mes lèvres, effleurant le froid métal pendant un instant. J'étais loin d'être excellent musicien, mais avoir pratiqué pendant plusieurs années de cet instrument me donnait l'impression soudaine de ne faire plus qu'un avec celui-ci. Je ne jouais pas d'un instrument, je le faisais chanter. Je fermais les yeux, le geste me venant naturellement, et me mis à souffler dans l'instrument qui se mit à jouer cette fameuse mélodie qui me rappellait temps de souvenirs. Les notes me venaient naturellement, je n'avais pas à réfléchir, juste à me laisser emporter par la musique. Je n'aurais jamais pensé en être capable mais les années d'entraînement avaient payés et je retrouvais tous les gestes permettant de dompter ce fabuleux instrument qu'était la flûte traversière. Pas une fausse note, pas un son mal placé, l'ensemble était bien plus beau que ce que je pensais. J'avais beau être loin de jouer aussi bien que Lady Ava, je pouvais au moins me vanter de maîtriser un instrument.
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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Ven 11 Sep - 5:17

Il était surpris, et ce n'était pas rien de le dire. Personne n'avait osé, jusqu'à présent, lui dire qu'il était, en définitive, chanceux. De 'avoir jamais vu, d'avoir développé son ouïe, son odorat, les autres sens... Le toucher également, même si l'entraînement musical avait quelque peu annihilé les bénéfices de celui-ci en lui créant les plus absurdes cals qui soient. La question étant, cette fois, de savoir s'il était possible de regretter quelque chose que l'on n'avait jamais eue. Il avait envie de répondre à la fois oui et non. Car il ressentait, au fond de lui, l'absurdité de sa condition. S'il n'avait été un Alkonost, mais un oiseau normal, il serait mort des centaines de fois, non seulement de longévité, mais simplement à la suite de mortels accidents. Il était une erreur et quelque chose, en lui, le savait. En avait la conscience aiguë et profonde. Et pourtant, il ne pouvait dire qu'il ressentait la nostalgie de la vision. Effectivement, il n'avait jamais eu l'heur d'apercevoir les levers de soleil qu'on avait tenté de lui décrire, les couleurs flamboyantes, ou encore la simple beauté du monde, de la nature, de la mer déchaînée. Il n'avait entendu que sa mélodie, que certains ne percevaient probablement pas. L'un dans l'autre, il ne pouvait pas véritablement le contredire. Et dans le même temps, la remarque était blessante.

Il laissa cela derrière lui, pourtant, parce qu'il avait simplement peur de vexer le jeune homme en répondant. D'être, en réalité, lui-même blessant dans ses paroles. Cela n'était pas son objectif. Et s'il se sentait de cette façon, il ne voudrait en aucun cas faire naître les mêmes sentiments chez cette personne par ailleurs si charmante. Il se contenta donc de tenter de rester neutre. Ce n'était probablement guère réussi, mais il n'aurait pu le garantir. Ne pouvoir voir sa propre expression n'aidait pas véritablement à la contrôler. Il ignorait ce à quoi il était censé ressembler, et se réprimer ne suffisait pas toujours.

Le sourire lui revint cependant rapidement. Trop serviable? Cela existait-il même? Il s'empressa donc de démentir, concerné et plus qu'un peu désolé.

"Je suis navrée, Sir Abberline, ce n'était absolument pas ce que je voulais dire. Il n'est pas question d'être trop serviable, je doute même que l'on puisse pécher par excès en la matière. Je vous en prie, je ne voulais pas vous insulter... Simplement... La plupart des gens ne savent sur quel pied danser avec moi. Il est assez inconfortable d'être une curiosité. Mais ici, avec vous, j'ai l'impression de pouvoir être simplement moi-même, et cela signifie faire beaucoup de choses par moi-même, quand bien même le résultat en serait parfois catastrophique, et si je suis tout à fait honnête avec vous, cela m'arrive plus souvent qu'à mon tour."

Il rit doucement, de sa voix cristalline. Puis il le laissa s'installer. Il n'avait aucune idée des compositeurs, des auteurs, ou de qui que ce fut. Il jouait ce qu'il entendait, et c'était bien tout. Il n'avait, à proprement parler, aucune culture musicale, et ne souffrait que d'une curiosité frisant parfois l'obsession. Il se contenta donc de hocher la tête et de se laisser porter par la musique. Un client lui avait dit un jour qu'il ressentait le besoin de fermer les yeux pour n'être pas distrait par le musicien. Ce n'était certes pas l'exacte formulation de ce qui avait dû être un compliment, mais il en saisissait l'essence sans vraiment en comprendre le fondement.

Il prit conscience du rythme, qui s'enroulait autour de lui, dansant dans ses oreilles, et il y joignit sa voix, modestement, doucement, pianissimo. Il aurait été difficile de dire qu'il jouait bien, mais il jouait sans faute. Sans grand sentiment aussi, malheureusement. Ava n'aimait pas la perfection. Elle n'existait pas, pour lui. Dans la nature non plus, chaque avantage avait ses inconvénients, comme cela devait être. Une entité ultime, inatteignable, omnipotente et omnisciente, quel ennui, en réalité.

Il s'était contrôlé, maîtrisé. Le calme de certaines mélodies avaient ce don d'annihiler le sien, de l'apaiser, à tout le moins. Une bonne chose, car l'addiction était mortelle, toujours. Et lorsque la dernière note retentit, malgré son assurance, il sentit une peur familière. Il avait l'impression de n'avoir plus chanté devant quelqu'un depuis si longtemps, à cause même de cette terreur sous-jacente. Celle de les charmer au sens premier du terme. Non simplement qu'ils trouvent sa voix agréable, car elle l'était, et c'était bien sa malédiction, mais qu'ils la trouvent séduisante. L'acception première du charme, en réalité. Qu'ils en oublient les contraintes humaines et ne soient plus qu'oreilles dévouées. Il attendit donc avec une certaine angoisse, avant de finalement se décider à briser la glace, alors que le silence s'éternisait.

"Sir Abberline, c'est un honneur que de rencontrer un jeune homme si versé dans la musique. Quand bien même vous ne connaîtriez que cette mélodie, votre dévouement à l'exécuter avec exactitude est tout à fait ravissante. Souhaitez-vous que je joue pour vous pendant que vous finirez votre thé?"

Comment aurait-il pu savoir qu'il l'était déjà... Il lui sourit, les joues rosies, complètement emporté par la perspective.

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Sam 19 Sep - 8:13

Après tout, qu'est-ce que c'était que la vue ? Rien d'autre qu'un assemblage de couleurs, qui faisaient des formes, formant ainsi des images, et qu'on assemblait pour créer notre environnement... Que valait-il mieux, entre ne pas avoir la vue et ne pas pouvoir entendre les oiseaux, la pluie, la musique, et tant d'autres choses ? Il me paraissait bien plus vivable d'être aveugle que sourd, même s'il restait vrai que le mieux était d'être doté des deux, comme moi. Sans doute ne pouvais-je pas comprendre ce que ressentait la jeune femme dans sa condition car depuis tout petit j'étais habitué à tout avoir pour moi, même par rapport au niveau de vie. Un jeune lord ne connaissait pas la besoin, mais un jeune lord aveugle ou sourd se sentirait sûrement en marge de la société. Oui, en marge. Ce n'était donc sans doute pas un bon raisonnement que j'avais eu avant, et peut-être avais-je blessé Lady Ava en lui disant que d'une certaine manière elle était chanceuse car s'ouvrait à elle un autre monde. Mais d'un certain côté, ça restait une vérité... Et puis... si tous les humains naissaient aveugles, mais que de temps en temps certains naissaient voyants, on dirait que les voyants n'ont pas de chance car il ne sont pas comme les autres. Pas comme les autres. Tout était là, en fait. Ceux qui étaient différents étaient toujours mis de côté. J'étais différent selon certains, et ma famille m'avait mis de côté. Sauf ma chère cousine. Il en fallait peu dans ce monde pour être mis de côté et avoir l'impression d'être le dernier des incapables...
Il y eu un temps de flottement où je me perdis dans mes pensées, pesant le pour et le contre, me disant que je n'étais décidément pas né dans un monde très sympathique pour ceux qui étaient comme moi. Un monde... Celui de la musique était le refuge de Lady Ava. Pour échapper à la société qui ne laissait pas de place aux gens différents, elle jouait et devenait reine de son propre monde, celui de la musique. Cela expliquait son aisance dans la salle où elle venait de jouer et son manque d'assurance en arrivant dans ma chambre. Il lui fallait un environnement musical pour être bien. Ce n'était pas une question de doigté, d'emploi, d'habitude, c'était une question de survie. Certains se réfugiaient dans la religion, Lady Ava se réfugiait dans la musique. Je n'avais donc absolument pas tord en parlant d'un monde duquel je n'avais pas la clef. Restait simplement à savoir si c'était bel et bien un compliment que je lui avais fait... Peut-être, peut-être pas. J'étais incapable de lire dans les expressions comme le faisait certaines personnes.

Un sourire illumina enfin mes pensées. Lady Ava souriait, tous les rouages de mon esprit s'arrêtaient et me laissaient profiter du moment. Quel passe-temps propre de noble, de réfléchir au pourquoi du comment de la vie... Seul quelqu'un qui n'avait pas à se soucier de ramener assez de nourriture le soir avait le temps de réfléchir. Lady Ava n'avait sans doute pas le temps de réfléchir, car son emploi exigeait une concentration extrême. Sans doute lui permettais-je un peu de repos en prenant du temps avec elle.
Selon elle, je ne pouvais pas être trop serviable, c'était impossible. Un large sourire vint se mettre sur mon visage. Elle, m'insulter ? Je ne pouvais songer une seule seconde à cela car je ne voyais absolument pas cette jeune femme insulter quelqu'un. Comment quelqu'un de si charmant pouvait révéler un cœur mauvais ?

- My Lady, jamais je ne croirais que vous puissiez m'insulter. Ne vous en faites pas. Je vous avoue simplement que je n'ai jamais été très doué avec mes relations avec les autres et j'ai tendance à vouloir en faire trop... C'est pourquoi je tenais à m'excuser, j'ai connu trop d'amitié brisée par une simple attention de trop.


Je me mis à jouer, bercé par les notes de cette musique me rappelant mon enfance. Mes parents qui souriaient devant mes fausses notes, qui riaient avec moi... La musique rappelait tant de souvenirs douloureux. Trop douloureux. Ca me faisait à la fois un bien immense de jouer, comme si je revenais en enfance, et en même temps cela me causait une immense douleur en pensant à mes parents défunts. Puis, alors que je ne savais plus me repérer dans la chanson et que mes doigts seuls maîtrisaient les notes, comme vivants, une voix douce et claire se joignit à la mélodie. Il me fallut un instant pour saisir qu'il s'agissait de Lady Ava, car j'étais ailleurs. Peut-être ne ressentait-elle que de simples notes puisque j'étais loin d'être excellent joueur, mais personnellement j'avais presque les larmes aux yeux. Je ne faisais d'habitude qu'écouter la musique, mais actuellement je jouais une mélodie qui me rappelait mon enfance que je croyais derrière moi depuis longtemps. Que de bons souvenirs qui ne faisaient que me rappeler que désormais j'étais seul. La solitude ne me gênait pas en soi mais j'avais été habitué à être proche de ma famille et repenser ainsi à ma jeunesse me fit presque mal physiquement. Mon cœur se serrait, mais mes doigts continuaient de voler de notes en notes pour offrir la musique la plus belle possible à Lady Ava, dont la voix me portait autant que ses instruments lorsqu'elle jouait.
Je fus presque surpris de la dernière note, et avec elle partirent ces souvenirs. Ils étaient de nouveau rangés dans un tiroir de mon esprit, comme si un vent fugace les avait fait voler, se rappeler à moi, avant de retourner les ranger, comme si rien ne s'était passé. Je me sentais étrangement bien sans pouvoir expliquer pourquoi et je fus totalement incapable de parler avant de longues secondes ou de longues minutes. Impossible à dire. La flûte était restée entre mes doigts comme si j'allais rejouer lorsque Lady Ava repris la parole. Elle avait aimé ce que j'avais joué et me proposait de jouer à son tour pendant que je finissais ma tasse de thé. Elle ne savait pas que je ne l'avais pas fini, mais ce n'était pas ce qui comptait pour le moment à mes yeux. Je m'approchais d'elle, prenant une de ses mains dans les siennes et mettant un genou à terre. Pas pour lui faire un baisemain, cette fois. Je portais ma main libre à mon cœur et sourit en fermant les yeux.

- Lady Ava, je veux vous remercier. De tout cœur. Vous ne pouvez pas le savoir mais de m'avoir accompagné dans cette mélodie qui représente toute mon enfance était sans aucun doute un des plus beaux présents que l'on ait pu me faire. Je vous dois quelque chose. Si un jour vous avez besoin de quelqu'un pour quoi que ce soit, je serai là pour vous servir.
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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Mer 23 Sep - 0:29

Perdre une amitié. C'était une notion à laquelle Ava n'avait jamais réfléchi. Perdre... Comment la trouver, tout d'abord? Acquérir ce bien si précieux, ou qui le semblait tout au moins. Il n'avait, lui paraissait-il après réflexion, n'avoir jamais eu d'amis. Des connaissances, souvent aimables, oui bien entendu, comme tout le monde. Probablement. Des relations amoureuses, certaines, bien plus tendres et douces. Pourtant, en définitive, il ignorait ce qu'était une amitié. Tout se dire n'était pas une possibilité envisageable. Sir Abberline était un humain et le secret qu'il devait à son espèce l'empêchait d'aller jusque-là. Pourtant, lui raconter ses états-d'âme ne semblait pas... Non, c'était évidemment impossible, un client restait un client. Ou pas?

Quoiqu'il en fut, l'idée même de perdre un ami parce qu'on lui aurait rendu service lui paraissait tout à fait absurde. L'amitié demandait une certaine forme d'entraide, parfois malvenue, comme quelques instants plus tôt, mais rien qu'une explication claire et agréable ne puisse régler. Comme beaucoup de choses. Parler aidait grandement, et en tous types de situations. Surtout quand on n'avait guère le choix.

Une fois la mélodie éteinte, pourtant, et après qu'il se fût décidé à ouvrir la bouche, il se demanda si parfois les paroles n'étaient pas de trop. Il aurait voulu pouvoir, et ce n'était pas la première fois qu'il se faisait la réflexion, voir son expression et juger en conséquence de l'action à mener. Nonobstant son handicap, il aurait également pu simplement peser l'atmosphère. Ou se taire. Il choisissait fréquemment cette dernière solution. Mais il n'avait pas eu envie de se réprimer, avec lui. Il était un oiseau bavard, et pas véritablement aussi sage que la chouette dont il empruntait le plumage. Malgré ses siècles, certainement, d'existence.

Il entendit le mouvement brusque et eut un léger sursaut, avant de sentir sa main autour de la sienne. Il semblait aimer toucher les gens, ce jeune noble. Dans d'autres circonstance, c'eut pu être inconvenant. Ava n'y songeait pourtant pas. Il n'y avait rien de sensuel dans leurs échanges, et aucune volonté de ce faire. Il se contenta donc de serrer sa main, et de la recouvrir des siennes, si caleuses, un peu rêches malgré le soin apporté, l'amenant à sa poitrine, d'où il pouvait certainement sentir le battement un peu rapide de son cœur.

"Sentez-vous cela, Sir Abberline? Je ne vous ai rien apporté que vous ne m'avez donné en retour. La musique est émotions, et que vous en ayez ressenti dans votre jeu comme dans mon accompagnement, car ce n'était bien que cela, me comble grandement. Tout, en musique, est porteur de sentiments, même les silences, même l'attente, l'anticipation. La mélancolie est une part naturelle de nous-même, celle qui pleure les instants passés qui ne reviendront plus, et dont on n'a plus que les souvenirs. Ces instants d'innocence. Tout est fondateur. Alors non, vous ne me devez rien, Sir Abberline, car vous m'avez donné à entendre une part de votre âme, et qu'il n'y a rien de plus beau."

Il reposa leurs mains dans son giron et lui sourit tendrement. Il s'apprêtait à dire quelque chose de vraiment étrange, il le savait, et il se pencha vers lui, comme s'il avait voulu que personne ne les entende. Son sens des distances faussé le rapprochant un peu plus que nécessaire.

"Peut-être ne me croirez-vous pas, puisque cela vient d'une personne qui n'a aucune idée de ce que cela peut signifier pour un voyant, mais vous êtes beau, Sir Abberline. Peut-être n'êtes-vous pas commun, mais qui a jamais dit que la norme se devait d'être unique? Votre âme, ce que j'en ai vu, ce que vous m'en avez montré, est magnifique et vibrante. Et, si vous le souhaitiez, j'aimerais que nous soyons... amis? Cette demande est certainement présomptueuse, mais... J'aimerais beaucoup cela..."

Il sentait ses joues chauffer. Il était terriblement gêné d'avoir ne fut-ce qu'oser dire une chose pareille. Pourtant, il se rendait compte qu'il en avait véritablement envie, avec tous les risques que cela comportait. Car il savait, à défaut de constater, que les humains vieillissaient, contrairement à lui. Et que cela poserait problème, à terme. Qu'il lui faudrait partir, encore. Ce ne serait ni la première, ni la dernière fois, cependant...

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MessageSujet: Re: Are you a siren ? | Avec Avdeï ♥   Lun 12 Oct - 9:04

Alors que je lui faisais un baisemain, Lady Ava me serra la main et la porta à son coeur. Aussi différent des autres je puisse être, cette proximité soudaine me fit rougir. La poitrine chez une jeune femme était une zone particulière pour les hommes, mais je me refusais à avoir des pensées déplacées alors que je ne voulais rien de ce genre avec la musicienne. Mais le fait qu'elle ait un mouvement aussi... familier ? était surprenant. Mais je souris à sa remarque, oubliant aussitôt ma gêne. Son coeur battait assez vite et cela me fit sourire.

- Je ne sais comment exprimer ce que vos mots me font ressentir... De la joie de vous avoir fait aimer ma modeste performance, de la tristesse à savoir que vous aussi êtes tourmentée par votre passé, de l'admiration car vous savez détecter chaque facette de ma personnalité... Vous êtes une jeune femme étonnante et attachante, My Lady...

Et, alors que j'affichais un sourire un peu idiot, heureux d'échanger ainsi avec quelqu'un d'aussi agréable, elle se pencha vers moi et je sentis son souffle sur ma peau. Elle était vraiment proche ainsi et j'eu une nouvelle preuve de la confiance qu'elle m'accordait. Cependant ses paroles me surprirent. Moi, beau ? Par mon âme ? Quelle curieuse façon de le dire. Mon sourire s'élargit. Il était presque amusé.
Un jeune noble qualifié d'étrange et une musicienne au point de vue si différent, nous faisions une belle paire... Et elle me proposait de faire de cette paire une amitié. Quelle belle proposition, quoique surprenante. Jusqu'ici, mes amitiés s'étaient faite comme ça, on ne se demandait pas d'être amis. On discutait, rigolait, et tout se faisait tout seul. Une demande comme ça était inédite mais loin d'être désagréable.

- J'accepte sans aucune hésitation votre proposition, Lady Ava. Cependant... si vous désirez être amie avec moi, sachez que je peux être assez agaçant... Je suis extrêmement curieux, de ce qu'on me dit, et j'ai tendance à énerver même des amis proches sans le vouloir, parfois...

Je préférais qu'elle soit au courant, qu'elle sache comment les autres me voyaient, avant de regretter l'amitié qu'elle m'offrait. J'espérait qu'elle ne revienne pas sur sa proposition en sachant cela, mais je ne voulais pas lui mentir et lui faire croire que j'étais irréprochable.


Je voulais lui donner un gage d'amitié. Un cadeau. Je n'étais pas très attaché à ces coutumes d'offrir des présents mais je voulais sceller cette amitié avec la musicienne. Mais que lui offrir ?.. Elle ne voyait pas, lui offrir quelque chose de beau était inutile. Surtout que j'avais une notion de ce qui était beau particulière. Elle aimait la musique, c'était sa vie. Il me fallait quelque chose en lien avec la musique.
L'idée me vint. Je lachais les mains de Lady Ava et me redressait pour aller vers l'un des meubles de la chambre. Le tiroir grinça quelques peu, car il commençait à se faire vieux, mais j'en sortis une sorte de petit cube couvert de velours couleur prune, avec des motifs dorés dessinant des courbes que l'on sentait aussi sous les doigts. Je revins vers la jeune femme et posait la boîte sur la table, reprenant délicatement sa main pour poser ses doigts fins sur une petite manivelle sur le côté de la boîte.
Une boîte à musique, que j'avais un jour achetée car je la trouvais sublime. Mais cet objet magnifique allait prendre la poussière à force, et en faire cadeau à la musicienne me faisait extrêmement plaisir.

- Peut-être n'aimez-vous pas recevoir de présent, My Lady, mais je tiens à vous offrir ceci. Je l'avais achetée un jour où je passais à Londres, et je la trouve assez magnifique pour qu'elle vous convienne. Prenez-là, je vous en prie...
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