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 Un songe et une invitée surprise || PV Channel H. Deadwood

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Worcestershire Mathias

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MessageSujet: Un songe et une invitée surprise || PV Channel H. Deadwood    Sam 25 Juil - 4:49


La tourelle, c'était un magnifique endroit, je suis sûr que tu l'aimerais. Comment ne pas l'aimer? C'était calme, l'ambiance était apaisante. La pièce était finement décorée, tandis que la vue qu'elle donnait sur les alentours du manoir était tout bonnement magnifique. L'observer à deux et s'extasier sur toutes les petites choses qui s'y déroulaient, y pointer les jardins, contempler certains clients se perdent dans les labyrinthes en riant quelque peu, occasionnerait un merveilleux souvenir. Doux, tendre, il arracherait un fin sourire à toi comme à moi. Mais tu n'étais pas là pour partager ce moment avec moi, je crois bien? Non, c'était autre chose qui t'intéressait et moi qui sommeillais sur le canapé n'en avais pas conscience. Tout du moins, je n'en avais pas encore conscience.

Le canapé était certes un peu trop petit pour ma personne, mes jambes dépassaient, je devais me recroqueviller sur moi-même un peu comme un enfant. J'étais un peu coincé, mais les coussins étaient si moelleux, confortables, que ça compensait largement ce petit désagrément. La main passée sous ma tête, sous un petit coussin, mes yeux se fermaient lentement, s'ouvrant un instant vivement, avant que mes paupières ne retombent et m'enveloppent de ce douillet drap noir. Étais-tu déjà présente alors que je m'endormais paisiblement? Alors que Morphée m'accueillait dans ses bras, m'enlaçait tendrement? Étais-tu dans cette pièce, étais-tu autre part? M'observais-tu sombrer dans le monde des songes de la manière dont je l'aurais fait? Car oui, j'aimais veiller sur les gens, sur toi, quand le sommeil venait les chercher bon gré mal gré. Je te regarderais, mes yeux portés sur ton fin visage, ton adorable petite bouille, tandis que lentement tu t'assoupirais. Mes doigts caresseraient tes cheveux, se mêleraient aux mèches pour les glisser derrière ton oreille avec délicatesse, un peu comme si tu étais une fragile poupée de porcelaine. Je pourrais te chanter une berceuse mélodieuse ou peut-être plutôt te la fredonner faiblement. Ce ne serait pas d'une voix forte, de ces voix d'opéra. Ce serait le contraire. Ce serait de ces voix que prennent les amoureux ou les mères, douces et faibles, simplement pour t'accompagner alors que tu sombres à petits pas. Et, longuement, je resterais assis à tes côtés, continuant simplement de te cajoler.

Je ferais ce que je lui faisais.

Les rêves me faisaient souvent défaut ou, s'ils daignaient se présenter à ma porte, c'était souvent le même. Ils étaient tous similaires et je les connaissais sur le bout des doigts. Je savais que je la verrais, dans notre ancien jardin derrière la demeure et dans sa robe blanche romaine. Ses longs cheveux blonds, presque de blé, tombant en cascade sur ses minces épaules dénudées. J'arrivais toujours derrière elle, un large sourire aux lèvres. Souvent, elle préparait une couronne de fleurs et surtout de lys. Elle aimait les mettre sur ma tête quand j'avais le dos tourné, le regard ailleurs. Elle me surprenait en riant amoureusement. Je crois que tu l'aurais apprécié et je crois que ces couronnes t'iraient certainement à merveille, tu en serais probablement très jolie, voire adorable. Cette fois encore, elle était accroupie au sol, mêlant feuillage et vignes de raisin, des fleurs de lys déjà coupées près d'elle. Discrètement, j'arrivais et venait enlacer sa taille, déposant un baiser dans son cou, tandis qu'elle sursautait et poussait un petit cri de surprise. Je humai son odeur qui me paraissait si réelle même si ce n'était qu'un songe. Elle avait l'apparence de la vingtaine, du temps où elle était encore bien en forme et de nos folles années.

Comme toujours, je revenais d'un long voyage, moi qui étais engagé dans l'armée romaine et avec laquelle nous allions piquer les Gaulois. Un an avait presque passé et je voyais les larmes perler au coin de ses yeux verts quand elle me reconnaissait, me sautant au cou tout en se blottissant contre moi. Mon étreinte se resserrait, tandis qu'elle me soufflait de cet air si heureux : "Tu m'as tant manqué..."  Et je la prenais un peu plus dans mes bras halés par le soleil. "Toi, aussi, tu m'as tant manqué. Tu n'as pas idée à quel point." À cette partie du rêve, j'avais toujours cette impression d'avoir cette boule dans mon estomac qui remontait lentement, qui me donnait presque envie de pleurer, de sangloter silencieusement. Ce songe était doux, mais aussi atrocement cruel. À mon réveil, je n'aurais qu'un amer souvenir. À l'époque, je n'avais pas l'apparence d'aujourd'hui que je dois admettre lui avoir quelque peu empruntée. Ces cheveux, cette couleur, ne trouves-tu pas qu'elle ressemble à la sienne? Pourtant, dans ce rêve, mes cheveux étaient noirs et longs, mes yeux, quant à eux, foncés. J'étais davantage musclé et vivait en tant qu'humain. Qu'un simple humain. J'aurais presque pu me fourvoyer, si le jour de sa mort ne m'avait pas ramené à la réalité.

D'ailleurs, le songe se dirigea vers ce jour, le décor changeant du tout au tout et son corps s'évaporant de mes bras pour se retrouver allongé sur un lit. Désormais vieille, sa belle chevelure devenue blanche avec le temps, ses yeux moins pétillants, plus éteints. Elle me tentait sa main ridée et je la tenais, accroupi à son chevet. Vois-tu, cette femme, je l'aimais et ces paroles que je prononçais si souvent étaient pour une fois vraies. Ce n'était pas un mensonge. J'avais passé mes plus belles années à ses côtés et, maintenant, son souvenir était si douloureux et pourtant aussi si enivrant. Parfois, j'aimerais oublier, oublier ce petit pincement au cœur, cette impression que la vie était bien longue sans elle. Toi, petit ange des rêves, peux-tu m'aider à tout oublier, à tout reléguer aux oubliettes?  
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MessageSujet: Re: Un songe et une invitée surprise || PV Channel H. Deadwood    Mer 29 Juil - 0:25




un songe et une invitée surprise
Les rêves sont partout, que ce soit dans la chambre d'une dame, ou au coin de la rue. Peu importe l'endroit, si l'on y trouve le sommeil, on y trouvera alors le rêve. Même si vous avez eu l'impression de vous réveiller sans pour autant avoir rêvé, vous vous trompez. Ce vide que vous ressentez, comme-ci on vous avez forcé à oublier quelque chose. Ce vide dont vous n'arrivez pas du tout à vous souvenir. C'est le même vide que vous essayez de combler avec vos ambitions misérables, vos projets d'avenir ne sont rien d'autre que des rêves, réalisables ou non. La dame rêve d'être choyée par un époux, aimer d'un amant alors que le sans-abri veut être au chaud, au sec et manger à sa faim. Les rêves, comme on dit, peuvent définir tellement de choses... Les rêves vous reflètent comme des petits miroirs, placés sous différents angles. Un jour, ils vous montreront le bon côté de votre personnalité, un autre jour, ils vous enfonceront dans les ténèbres de l'insécurité. Vu votre visage, j'imagine que vous ne me croyez pas.

À Red Castle, il ne faut pas longtemps pour trouver des âmes endormis, sans protection, bêtes comme humains. Ils ont des rêves différents, des ambitions différents, des sentiments différents, mais ils sont tous égalitaires face à la mort et au sommeil. Faibles, incapables de faire quoi que ce soit. Oh, vous pouvez déjouer le sommeil en vous empêchant de dormir grâce à la caféine. Et pour la mort, vous avez trouvé quoi, l'immortalité, mais ces humains mortels n'ont pas tous cette... bénédiction en eux. Oh oui, ça plairait à beaucoup de gens d'être immortel, et de ne jamais vieillir. Ça vous plairez tout autant de ne jamais mourir, et de voir ceux que vous aimez partir en poussière? Vous êtes sans cœur dans ce cas. Dans ce bas monde, on a tous une personne qu'on apprécie plus ou moins. Personne ne veut vivre et revivre ce genre de souffrance, sans quoi il deviendrait... fou? Au moins, notre Channel n'avait pas perdu la tête avec ce travail éreintant.

Elle n'avait qu'à fermer les yeux, se décontracter et voir où étaient les dormeurs dans les environs. Elle n'eut pas de mal à reconnaître des collègues et des clients. Oh, elle en savait des choses sur eux, mais sa principale occupation était de manger, non pas de récupérer des informations... Pas tout le temps du moins! Le premier étage était vraiment plein de rêves, un vrai buffet à volonté! Mais si c'était aussi facile, elle n'aurait qu'à claquer des doigts pour s'offrir ce copieux repas! À Red Castel, on ne dormait pas n'importe où. Même les clients perdus dans le labyrinthe ne s'endormaient pas dans ce dernier. Et il fallait avouer que ces derniers temps, la créature n'avait pas trouver de rêve intéressant, et elle attendait donc son succulent songe comme un chat couchait aux pieds de son maître pour avoir son assiette de thon. À vrai dire, même les rêves érotiques que faisaient les clients ne l'intéressaient pas, et parfois même la dégoûté et lui faisait remettre en question la souplesse du corps et la créativité de certains, tout comme la tolérance à la douleur des autres.

Assise sur un canapé, la créature ouvrit son œil émeraude. Channel avait enfin trouvé son repas on dirait. Ce n'était pas un problème pour elle de voyager de rêveur en rêveur, eux-mêmes étant des véhicules permettant ce transport si aisé pour les créatures de son genre. Toutefois... Elle ne se rappelle pas avoir traîné dans ce coin du château. Se pourrait-il que l'endroit génère de lui-même des pièces? Non, il ne faut pas charrier quand même. Elle ouvrit son autre œil pour découvrir son univers. Elle n'était pas dans un rêve, c'était sûr et certain, car il y avait l'odeur des verdures environnantes. Ce n'était que des plantes décoratives, vraiment pas ces fleurs au parfum délicat et presque enivrant. Et cet endroit ressemblait à une sorte de véranda, agencé de manière à ce que les plantes et les canapés laissent un endroit non-seulement agréable mais propice à la discussion. Elle regarda silencieusement autour d'elle; si elle était ici, c'est que quelqu'un dormait, et par conséquence, en train de rêver. Elle se leva du canapé, marchant lentement pour ne pas faire du bruit et c'est ainsi qu'elle tomba nez à nez avec son repas. Un blond, tout comme elle, recroquevillé sur un canapé de cette tour si agréable. Oh, il était certainement plus grand qu'elle, il n'y avait pas de toute là-dessus! Tout le monde était plus grand qu'elle de toute façon. Channel n'était pas si étonnée de le voir dormir dans un endroit pareil, même si un lit est tellement plus confortable qu'un canapé. Alors qu'elle se tenait droite devant lui, elle se laissa divaguer, se demandant bien à quoi il pouvait rêver alors que son regard glissa de la tête aux pieds du jeune homme. Si elle était ici, cela voulait dire que le rêve allait l'intéressait et qu'elle n'avait pas affaire à un rêve torride.

Heureusement, Channel n'aimait pas ça. Doucement, elle joint son index et son majeur de sa main gauche pour poser ses deux doigts sur le front du jeune incube. Elle pouvait différencier les humains des créatures, mais ne pourra jamais affirmer de quelle race il s'agit. Avec ce geste précis, elle pouvait voir les rêves. Elle pouvait aussi y pénétrer. Une particularité de sa condition qu'elle aimait particulièrement. Ainsi, la créature se retrouva plonger dans la pénombre un court instant, histoire que le rêve l'intègre et la dissimule. Trouver une couverture dans ce rêve n'a pas était une mince affaire. On avait une femme mourante sur le lit, un bel homme tenant sa main. Incruster Channel dans la scène à été compliqué, c'est pourquoi elle n'était pas directement dans la chambre. Elle espionnait presque derrière la porte. Le rêve était si modulable, mais pas au point de transformer Channel en infirmière ou en bonne sœur. Et puis, elle ne voulait pas ajouter d'autres éléments dans le rêve déjà bien triste. Oui, il ne lui a pas fallu longtemps pour qu'elle récupère les fragments du début de ce songe. Mais avait-il vraiment besoin de Channel? Elle mangerait le rêve, le libérerait de cette souffrance pour cette fois, mais il pourrait refaire ce même rêve encore et encore. Elle était un peu perplexe. Devrait-elle lui demander directement? Pourquoi pas? De toute façon, elle était dans son rêve maintenant. Certes, elle ne pourrait pas changer le rêve, mais elle pourrait au moins demander à cet incube si, ce soir, il voulait oublier à quel point il avait été amoureux. A quel point les mortels sont différent des monstres. Mais elle pouvait aussi le conseiller, lui dire comment maîtriser son rêve pour rendre la jeunesse à son aimée et prolonger ce songe dans une douceur cruelle, et Channel pourra dévorer le rêve, et il oubliera les conseils de la baku, ainsi que le rêve. La question était particulière, tout comme les solutions qui se présentaient.

Derrière la porte de cette chambre, la créature à l'apparence d'enfant fronça un sourcil. Elle finit par entrer dans la chambre. Elle n'avait pas changé, sa tenue était toujours la même, son visage, son regard de deux couleurs. Elle posa son regard sur la vieille femme, puis sur le jeune homme. Être rentré comme ça, sans vraiment de motif autre que changer le rêve. Heureusement que le songe allait un peu l'aider. Ce rêve serait certainement différent de tous les rêves qu'il a pu faire jusqu'à présent.

« Je suis désolée de vous déranger, mais j'ai un message important à transmettre à... Monsieur Worchestershire. »

Son regard était planté sur le dit Worchestershire, et s'il ne s'appellait pas comme ça, dans son autre vie? Est-ce que ce rêve faisait partie d'une autre vie au moins?! Elle n'en savait rien. Et il ne semblait pas être le genre de personne à modifier son rêve à volonté. Channel jeta un rapide coup d'œil à la vieille personne avant de souffler à nouveau

« Pouvez-vous sortir de la pièce et me rejoindre dans le couloir s'il vous plaît? »

Même si la vieille n'était qu'une partie du rêve, c'était toujours mieux de ne pas mélanger le subconscient. Elle sortit rapidement de la chambre, restant dans le couloir imaginaire. Même si le rêve se passait dans la chambre, il suffit à Channel de parler d'un couloir pour que ce dernier se construise petit à petit. Elle eut un petit sourire en coin, il semblait bien intégrer le concept, même si cela allait lui paraître étrange. Ou bien tout à fait normal, et que ça ne lui parait pas suspect qu'une petite blonde se pointe, dans de beaux vêtements, pour lui apporter un billet. Les coursiers n'étaient pas aussi soignés... Sauf si le message vient d'une personne importante, et ils n'ont pas pour habitude d'envoyer des filles. Elle était tout de même curieuse de voir sa réaction, et alors qu'elle l'attendait à l'extérieur de la chambre, la créature préparait déjà son discours!


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MessageSujet: Re: Un songe et une invitée surprise || PV Channel H. Deadwood    Lun 17 Aoû - 11:10


Le blanc était une couleur si pure, une couleur qui lui seyait à merveille même si son corps était désormais ravagé par les rides et les plaques brunâtres. Les draps enveloppaient doucement son corps, épousaient ses courbes avec tendresse comme pour la bercer dans ses derniers moments. Je n'étais pas dupe, à l'époque, je le savais qu'il ne lui restait qu'à peine quelques heures à vivre, son souffle devenait si court et si saccadé. Elle n'avait même plus la force d'ouvrir ses paupières, elles restaient tout bonnement closes. Elle qui avait toujours eu le sourire facile, ses lèvres craquelées étaient désormais fermées dans une ligne sèche. Mes mains tenaient l'une des siennes, la serrant fortement, refusant de la lâcher, de la laisser partir, tandis que je contemplais, impuissant, ce spectacle pour l'unième fois. Ce songe, peut-être devrais-je plutôt l'appeler un cauchemar? Il était cruel, rouvrait toujours cette plaie béante bien logée au sein de mon cœur, y plantant son couteau froid avant de le remuer. Avec bienveillance, je la regardais, me perdant dans ma contemplation. Peut-être était-ce pour ça que je ne t'avais pas remarqué? Que je n'avais senti ta présence se rapprocher de ma personne, s'introduire dans ce rêve? Mais je crois que mes sourcils s'étaient froncés en sentant tes doux doigts se poser sur ma peau chaude, bougeant doucement la tête sur le canapé. Cependant, ces airs dérangés, venaient-ils de toi qui me touchais ou de ce songe qui changeait pour ce dénouement bien tragique?

Toutefois, dès que tu te présentas à la porte, mon attention fut attirée par toi, tournant dès lors la tête pour t'apercevoir, surpris. Cette maison était la nôtre, cette maison était censée être vide, aucun membre de sa famille n'était encore de ce monde pour venir pleurer son trépas et rester à son chevet jusqu'au passage de la faucheuse. Vois-tu, à cette époque, les gens ne vivaient en réalité pas bien vieux. Parfois, je me demandai si la longévité dont elle avait eu la grâce n'était pas un peu de ma faute, si ma présence surnaturelle ne l'avait pas au fond influencée. Peut-être mon souhait de la garder près de moi aussi longtemps que possible pouvait en être la cause? Je me le demandais, de temps à autre. Vivement, je m'étais retourné, tenant toujours une main sur la sienne, l'autre sortant mon glaive de son fourreau. Je le pointai vers toi d'un bras hâlé confiant,  plissant les sourcils à ta vue. Oh, pardonne-moi, je ne suis pas quelqu'un de violent, j'aurais préféré d'accueillir avec un bouquet de roses, mais les circonstances me mettaient à fleur de peau. Là, je me dénommais Matheus, là, j'agissais selon la comédie que j'avais mise en scène. J'étais un humain, j'étais un Romain en temps de guerre et d'assassinat, où les gens se poignardaient dans le dos, alors j'étais sur mes gardes. Tu étais apparu de nulle part et mes réflexes de guerrier étaient de mises.

Sauf que je baissai aussitôt mon arme, tu n'étais qu'une enfant, et je la rangeai tout aussi rapidement que je l'avais sortie, la glissant d'un geste expert à nouveau dans son fourreau. Je te regardai, te détaillant un instant. En théorie, je ne devais pas connaître ces vêtements que tu portais, mais ils me semblaient étrangement familiers. J'eus l'impression d'avoir une migraine, un semblant d'éclair qui élançait mon crâne, alors je portai ma main à ma tempe, la massant doucement. Je m'excuse, je te dévisageai et je te dévisageai davantage à ce nom que tu me sortis, ce ne nom qui ne me disait rien tout en étant encore si familier. Et un autre petit éclair, alors que mon regard s'agrandit légèrement. Ma vie de maintenant commençant à se mélanger à mon songe. "Worcestershire?" Que je repris, prononçant les syllabes une à une du bout des lèvres. Je plissai les yeux, détaillant un peu plus cette robe que tu portais et que l'on doit admettre te seyait à merveille, te donnant à la fois des allures gracieuses et candides. Machinalement, je secouai la tête comme pour chasser les souvenirs tangibles qui venaient me hanter.

Mes prunelles suivirent les tiennes, lançant un regard à ma bien-aimée. C'est un voile de tristesse qui passa sur mes iris pour l'heure foncés, bien différents de mes ambrés que j'abordais normalement. Un soupir m'échappa, je baissai quelque peu la tête, les épaules abattues. Je commençai à réaliser, à mettre en ordre ce qui était en train de se produire. Je réalisai que je rêvais, lentement. "D'accord, j'arrive bientôt." Et je te lançai un coup d'œil en coin, t'observant t'éclipser par la porte pour t'installer dans le corridor. Je passai une main dans les cheveux de ma femme, les caressant doucement avant de les renvoyer vers l'arrière, puis de longer son visage avec douceur. Elle me manquait, elle me manquait tellement. Je me penchai par-dessus elle, déposant un chaste baiser sur sa bouche sèche. Était-ce étrange venant d'un incube? Que je me contente d'un simple baiser, non pas pour étancher ma soif et ma faim, mais seulement par amour? Ce n'était pas par désir charnel, c'était une marque d'affection. Je posai un instant mon front contre le sien, le sien qui me paraissait si froid. J'avais toujours eu une température plus chaude que la normale et, là, j'avais l'impression que mon front était bouillant. Peut-être parce que le sien était trop glacial, le sien qui annonçait sa mort prochaine? Pourquoi mon rêve réussissait-il à ramener tous ses petits détails? Comment mon subconscient avait-il pu enregistrer tant de choses, toutes ces petites choses qui rendaient le moment si éprouvant?

Dans un soupir, je lui susurrai de ma voix suave, quoiqu'un peu rauque : "Je t'aime et je t'aimerais toujours, ma douce."

Je n'avais pas envie de me redresser, car je savais que si je partais, à mon retour, elle ne serait plus. Je l'embrassai une dernière fois, déposant mon baiser sur sa joue cette fois-ci. J'aurais aimé avoir une réponse, j'aurais aimé entendre un « moi aussi », même faible et à peine audible. Seulement, je savais bien que c'était impossible. Elle ne pouvait me répondre, le coma la rongeait. C'est à peine si elle était encore vivante. Ce fut à regret que je délaissai sa main pour me diriger vers toi. Pas que je n'avais pas envie de discuter avec toi, non, ce n'était pas le cas. J'étais certain que tu savais déclamer de belles paroles, que tu étais une personne intéressante avec qui discuter. Mais, vois-tu, je n'en avais pas tant le cœur et je savais que je ne serais certainement pas de la meilleure compagnie et, bien sûr, je ne voulais pas te faire supporter ce tempérament. Tu ne le méritais pas, tu me méritais joyeux et souriant. Enfin, tu avais demandé à ce que je te rejoigne, alors je te rejoignais. Je n'allais pas déroger, me faufiler, à la demande d'une si jolie jeune fille, ce serait criminel. Ainsi, c'est d'un pas lourd que je franchis le seuil de la porte qui séparait la chambre et le corridor. Je ne me souvenais pas d'un tel couloir dans ma demeure romaine, étais-tu celle qui l'avait modelé à ton souhait? Si c'était le cas, je pouvais dire que tu avais bon goût.

Je vins près de toi avant de m'adosser contre le mur, laissant mon dos y prendre appui. Je savais bien que c'était un rêve désormais, tout du moins, je m'en doutais. Mes pensées restaient floues, dois-je t'admettre, mais j'avais une bonne idée de ce qui se passait réellement. Tu étais une invitée surprise dans mon songe et il me tardait de savoir pourquoi. Je croisai des bras plutôt musclés, bien différents de ceux de Mathias Worcestershire. Ce n'était pas qui j'étais en cet instant, après tout. "Ainsi, quel est ce message?" Comme je n'étais pas lui, je ne parlais pas de la même façon, il y avait une différence entre les mots que je choisirais pour te parler, ma chère. Je tournai légèrement la tête, la baissant pour te voir. J'étais bien grand dans cette forme de base, alors tu étais bien petite pour moi. Peut-être pourrait-on même dire minuscule? Ma paume devait faire ton fin visage. D'une voix plus sèche, alors que je fronçai les sourcils, je te demandai : "Mais avant tout, qui es-tu et, surtout, qu'es-tu?" Cette question me taraudait l'esprit, c'est que je n'avais encore jamais croisé d'êtres pouvant s'introduire dans les rêves des autres et les changer à leur guise. Enfin, tout du moins, adresser la parole à l'hôte. Je me demandais aussi pourquoi tu avais choisi ce songe, pourquoi tu étais venu dans celui-ci plutôt que dans un autre. Oui, ces questions à ton sujet m'étaient vite passées par la tête une fois que je comprenais que j'étais dans le monde des songes, même si une partie de mon être continuait de dénier cette vérité, de me dire que ce moment était la réalité et non un mensonge. Je n'étais pas dupe, j'étais tout sauf dupe.
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