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 Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop

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Worcestershire Mathias

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MessageSujet: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Mar 21 Juil - 10:30


Les soirées mondaines, ha, ces soirées. Elles avaient tendance à m'arracher un fin sourire rien qu'à leur pensée. Ce petit monde était bien différent de celui des rues, des maisonnées, non, c'était un monde d'hypocrisie. C'était l'endroit idéal, rêvé, pour te séduire toi qui y participais, qui venait t'y mêler, à la danse comme aux discussions, et y jouer le jeu. Les belles paroles étaient déclamées et pas une n'était sincère, mais les miennes te le paraîtront. Je ferais en sorte que ma voix te les susurre, te les murmures et engourdisse tes sens, que tu n'aies envie que de te laisser bercer par mes mots et que chercher plus loin, réfléchir, ne te vienne même pas à l'esprit. Dans ce monde de faux-semblant, n'est-il pas bon qu'un seul d'entre eux te dévoile son vrai visage et laisse tomber le masque? Mais que pour toi et uniquement pour toi. Pour les autres, ce morceau de plâtre reprendra sa place, ce sourire superficiel, ce sourire que je ne te montrerai pas, je t'en montrerai un autre. Un plus mielleux, plus complice. Car tous savaient que les compliments n'étaient que rarement vrais, que c'était un monde de fausseté, mais que personne n'osait le dire à voix haute. On faisait des messes basses, elles étaient de dédain et de moquerie. Elles ne contenaient pas ce sentiment de complicité que je souhaiterais te faire partager, te faire ressentir. Il semblerait n'être que pour toi, car tu serais spécial à mes yeux. Tu mériterais l'envie de te connaître, d'apprendre qui tu étais réellement derrière ce masque.

De mes yeux, je te cherchais entre tous ces hommes et ces femmes. Tu étais une perle que j'avais envie de dérober cette nuit, je devais désormais te trouver. Il y avait tant de gens, tant d'extravagance et je restais pour l'instant dans la pénombre d'un rideau, appuyé contre le mur tapissé de beige et de rouge. Je regardai les gens défiler les uns après les autres, les demoiselles rirent à gorge déployée sous une blague que je devinais bien mauvaise de la part de ce gentleman. Elles voulaient son attention, lui voulait qu'on flatte son ego. Il n'y avait qu'à contempler son chapeau haut de forme pour le deviner, son air et son sourire. Aucun d'eux ne m'intéressait, non, ce trésor que tu étais pour cette nuit n'y était pas. Aujourd'hui, j'avais envie d'une personne ayant un tant soit peu de bons sens, quelqu'un pouvant penser par soi-même. J'avais envie d'un délicieux et exquis repas pour sustenter ma faim. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas montré si difficile sur la nourriture, sur l'odeur d'une personne et son doux parfum.

Et c'est à cet instant que je sentis cet arôme, ton arôme. Sous ton passage, une tendre fragrance de lys venait valser,  tourbillonner, voltiger dans l'air, attendrissant l'atmosphère. Je me redressai. Je t'avais trouvé et un fin sourire se dessina sur mes lèvres. Je ne pus m'empêcher de pourlécher mes canines, tandis que mes yeux ambrés te recherchaient. Où étais-tu? Et, surtout, qui étais-tu? Tu n'étais pas cette femme, tu n'étais pas cet enfant, tu n'étais pas cet homme, tu n'étais pas ce vieillard, ni cet estropié ou ce myope.  Pas cette rousse, pas ce brun, pas ce blond, pas cette noire. Et je me redressai un peu plus lorsque je vis ta tête aux couleurs lavande, elle rappelait les lilas. Sauf que je savais, cette odeur de lys, elle venait de toi. Ce n'était pas du parfum, ce n'était pas même un arôme que pouvait sentir le commun des mortels. Non, c'était plus profond. C'était quelque chose qui te caractérisait, c'était un petit quelque chose qui avait pourtant pris une bonne part de ta personne. Peut-être l'ignorais-tu? Ça, je ne pouvais le dire. Mais, peut-être, me raconteras-tu une histoire qui te liait à ces fleurs? Quelle était-elle, peux-tu me le dire? J'en suis curieux. Car elle les aimait.

De loin, je t'observai un long moment. Chacun de tes gestes passa sous mon regard. Je t'étudiais, restant à l'écart. Si je m'aventurais près de toi, je savais déjà que je serais pris d'assaut par certaines demoiselles. Mon apparence les attirerait  et, ainsi, je me contentais de laisser mes yeux sur toi. Tu te sentirais observé, mon regard était intense. Il brillait presque dans cette petite pénombre en compagnie du bouton d'or qui retenait le foulard à mon cou, des petites cordelettes passant sous mon collet. J'étais bien vêtu, il le fallait dans cette soirée mondaine. J'avais pris la peine d'attacher mes cheveux à ma nuque dans une ficelle rougeâtre, de me chausser de ces souliers de cuir inconfortables et reluisants à la lumière des lustres. Un pantalon sombre, un veston tout aussi foncé par-dessus cette chemise au fin tissu blanc.

J'attendis encore bien longtemps  jusqu'à ce que la musique soit lancée que les violons et les violoncelles enchantent les oreilles. Aussitôt, hommes et femmes se tendirent la main, entamant la danse. Les talons claquèrent contre le parquet au rythme de la mélodie et je me faufilai derrière eux, lançant à peine un regard aux danseurs. C'était certes beau, ces robes bouffantes qui se mouvaient autour de leur cavalier, mais ce n'était pas ce qui m'intéressait. Tu étais celui qui m'intéressait et lorsque je pus capter ton regard de loin, ne serait-ce que pour un court instant, je t'offris un sourire charmeur, sympathique, voire séducteur, alors que je te pointais une dame qui s'approchait de toi, voulant bien évidemment te demander de lui accorder cette danse. Elle me semblait jeune, un peu moins que la vingtaine, mais déjà, ces dents avaient commencé à pourrir. On pouvait les apercevoir dans le sourire qu'elle arborait. Elles étaient complètement noires. Des taches de rousseurs sur les joues ainsi que sur son nez quelque peu crochu et bien que cela peut parfois être adorables, ce ne l'était pas sur sa personne. Ces rousseurs n'étaient pas discrètes et s'accompagnaient de tant de grains de beauté qu'il serait bien long de les compter. D'un mouvement de tête, je t'indiquais la balustrade comme pour te sauver de ce calvaire. Je t'indiquais qu'il pouvait y avoir discussion et que tu pouvais la refuser doucement, poliment. Il ne fallait jamais froisser l'orgueil d'une femme et j'étais bien assez près de vous pour attendre chacune de tes paroles. Il me tardait d'entendre ta voix. Était-elle aussi enivrante que ton parfum? Allez, dis-moi.  


Dernière édition par Worcestershire Mathias le Mar 21 Juil - 12:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Mar 21 Juil - 11:53




Une soirée mondaine et une douce odeur de rose


"Je me regardai une énième fois dans le miroir afin de corriger les imperfections de ma tenue. Je lissai de la main ma chemise d'un blanc impeccable, ajustait mon gilet noir, resserrait ou desserrait ma cravate d'une captivante teinte bleue rappelant mes yeux lapis-lazuli… Je ne tenais pas en place. Les soirées mondaines m'excitaient toujours, je désirais être parfait à tout moment et rappeler à ces messieurs dames le doux souvenir d'un agréable moment passé ensemble. Ma famille cherchait souvent à me marier durant ce genre de soirée, je rencontrais ainsi des femmes aux courbes aguicheuses, aux longs cheveux magnifiquement blonds, aux importantes dotes…

Mais désormais, c'était derrière moi. J'avais décidé de quitter mes parents il y a déjà trois ans de cela et je ne regrettais aucunement ma décision, même si les berceuses que me chantait ma mère lorsque j'étais enfant faisaient remonter une sensation de manque dans les tréfonds de mon âme. Elle possédait un timbre de voix si clair et envoûtant que je m'endormais à chaque fois avant la fin de son chant. Encore aujourd'hui, en fermant les yeux, je pouvais me souvenir de la sensation du lit douillet, des couvertures enroulées autour de mon corps imberbe et de son chant. Je fredonnai doucement cette mélodie en me dirigeant vers la résidence qui hébergerait cette soirée, un petit sourire nostalgique au visage.

Me souvenir de mon enfance me rappelait inlassablement mon père, mais également Lilian. Le petit frère inconnu, parti croquer des étoiles avec les anges. Je n'avais jamais pu voir son visage poupon, ma possessivité l'ayant sans doute tué. Je savais, au fond, que je n'étais pas le coupable de cette fausse couche, malgré le fait que je ne pouvais supporter l'idée de partager mes parents avec lui, mais je n'arrivais pas à me défaire de l'idée que j'étais son meurtrier. Que je l'avais achevé avec mes pensées négatives à sa venue. C'était plus fort que moi et je ne parvenais pas à raisonner mon esprit. C'était vraiment le gros n'importe quoi dans mon crâne quand je ressassais le passé. Pourtant, je jurais que j'avais essayé maintes et maintes fois de tirer un trait sur cette idée, j'essayais de faire des efforts, mais c'était pas si simple. C'était profondément imprimé en moi et, parfois, j'étais certain que le mot meurtrier brillait sur mon front.

Je me retrouvai bientôt en plein milieu de la foule grouillante de nobles, de gentils-hommes se jettant des fleurs, de femmes riant discrètement derrière leurs mains ou leurs mouchoirs en tissu, délicatement ouvragé. Je m'avançai tranquillement, d'un pas lent mais assuré, en direction de connaissances diverses et variées afin de les saluer. Une poignée de main amicale pour les hommes, un baise-main sensuel pour les femmes, suivi d'un petit clin-d'oeil pour les plus intéressantes. Enfin, j'entendais par intéressantes les femmes qui ne pouvaient s'empêcher de glousser et de rameuter leurs connaissances. Des femmes à marier, ou alors des femmes déjà prises mais absolument charmées à l'idée d'avoir une relation extra-conjugale. Je ne visai toutefois aucunement ce genre de relations et, mon masque de parfait écrivain au visage, je remerciai les personnes appréciant mon travail et discutai avec l'air attentif d'un étudiant, bien qu'écoutant d'une oreille distraite, les vieilles dames me tarissant d'éloge. Beaucoup de gens appréciaient les critiques positives, les compliments… mais pas moi. Je les trouvais tellement faux, tellement surjoués, tellement… hypocrites. Comme moi. Alors, mes lèvres déguisées d'un sourire charmeur, je me promenai d'un bout de la salle à l'autre, partageant de temps en temps un verre d'un excellent cépage avec x, parfois des ragots avec y…  Je profitai de ma soirée, simplement, avec les mêmes règles en tête.

Un : Rester courtois en toutes circonstances
Deux : Se montrer gentil et ne pas se prendre la tête
Trois : Dans le cas d'une dispute, faire comme s'il ne s'était rien passé
Quatre : Je ne déprime pas comme un malade au moindre gloussement de poule. Ou de peau de vache. À définir en fonction de l'âge de l'interlocutrice.

Lorsque soudain, je croisai son regard. Il avait de magnifiques yeux d'une incroyable teinte d'or en fusion, ou peut-être était-ce la chaleureuse lumière des lustres. Ce regard avait quelque chose de si chaleureux et de si séducteur à la fois que je m'arrêtai le temps d'une seconde pour l'observer, pour planter mes prunelles dans les siennes. Rien ne comptait autour de moi, si ce n'était lui et sa beauté presque irréelle. Je n'avais jamais vu d'homme aussi beau et cette pensée m'empourpra les joues. J'espérai sincèrement ne pas rougir… Son geste m'arracha un sourire complice alors qu'il m'indiquait la venue d'une femme, une mélodie entraînante flottant soudainement dans l'air, une valse. Les violons s'accordaient à merveille avec les autres instruments alors que les musiciens en sortaient de doux sons harmonieux, parfois languissants. La personne qui vint me rejoindre n'était pas particulièrement belle, ni moche. Son visage était constellé de tâches de son ainsi que de grains de beauté, il y en avait tant que je ne pensais pas en voir un jour la fin. Son nez était crochu et faisait honteusement naître l'image d'une sorcière dans mon esprit. C'était une pensée parfaitement stéréotypée, mais ces humaines aux dons spéciaux étaient ainsi caricaturées dans les récits. Elle me sourit alors, dévoilant des dents commençant à pourrir et manqua de peu de me faire grimacer.

Garder le masque, rester courtois, sourire. Je pris une discrète inspiration avant de lui faire un grand sourire chaleureux des plus faux, c'était toutefois un rictus ayant le don de paraître réel, de sembler venir du coeur et la jeune femme sembla tomber dans mon piège. Elle sembla ravie de ma prétendue silencieuse acceptation à sa venue et je l'écoutai, alors qu'un rire me raclait la gorge. Je me retins toutefois pour ne pas paraître moqueur et même si des mots acerbes me brûlaient les lèvres, je ne les prononçai pas, me contentant de les mordiller doucement afin de déguiser ce besoin de contenir des paroles odieuses en simple gêne. Et cela sembla fonctionner. La jeune femme me demanda ensuite de danser et, totalement réfractaire à cette idée, je levai mon poignet gauche afin d'aviser l'heure qu'affichait ma montre. Cela fonctionnait toujours. Je pris alors mon habituel timbre chaud de baryton pour lui répondre.

J'ai dit : « Je suis absolument navré de devoir rejetter votre alléchante proposition, mais je suis dans l'obligation de rejoindre mon oncle. Il est grandement malade et j'ai décidé de lui laisser un instant afin de profiter de cette soirée, mais il se fait tard et le médecin familial lui a déconseillé de veiller. J'espère vous revoir prochainement, milady, votre beauté sauvage a conquis mon coeur rêveur d'écrivain... » Sauvage, certainement. Ses dents noires et ses tâches de rousseur pouvaient paraître… exotiques, mais il me laissait simplement l'amer sensation de côtoyer une pouilleuse. Pas que je rejetais les personnes possédant un rang social moins élevé, loin de là même, mais je trouvai tout de même indigne qu'une lady de sa trempe ne s'occupe pas de son problème buccal alors qu'elle en avait les moyens. Rien que l'idée de l'embrasser suffisait à me faire frémir d'horreur.

La jeune femme sembla conquise par mes paroles et, après un baise-main lent et une oeillade prononcée qui la fait rougir, je m'évadai. Le beau blond de tout à l'heure m'avait indiqué la balustrade et je m'y dirigeai donc en esquivant le plus habilement possible les personnes désireuses de me marcher sur les pieds lors d'une danse. Oh, tout le monde n'était pas piètre danseur, mais j'avais de mauvaises expériences… Le pas agile, je volai presque à la rencontre de cet homme qui me paraissait si familier, si semblable, si… hypocrite. Arrivé près de lui, mes narines furent aussitôt assaillies par le délicat parfum d'une rose encore habillée de rosée matinale. J'humai discrètement cette fragrance en m'approchant de lui, remarquant qu'il était bien plus grand que moi. Toutefois loin d'être intimidé, je gardai la tête haute, mon masque collé au visage. Sans doute me serai-je senti petit, en temps normal, mais lors de ces soirées, je n'étais plus véritablement moi. À l'image des incubes ou des vampires décrits dans les histoires, je m'habillai d'un visage agréable à la vue afin de séduire.

Je soufflai : « Bonsoir… il ne me semble pas vous connaître. Je vous remercie de m'avoir indiqué cette…charmante dame, j'étais trop plongé dans mes pensées pour m'apercevoir de sa présence. Comment vous appelez-vous, Monsieur le sauveur ? » Un brin ironique, j'attendis sa réponse en m'appuyant contre la balustrade, mon petit sourire de noble suffisant habituel aux lèvres. "




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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Jeu 23 Juil - 15:31


Quand tes yeux furent accrochés aux miens, j'y ancrai mes prunelles tendrement ambrées. Le temps sembla s'arrêter, perdurer une douce éternité. Les sons devinrent mats, relégués à des bruissements, à un fond sonore qu'on entendait à peine. De petits grésillements, ils n'étaient plus importants. Ce qui l'était, c'était cet échange de regards. Séducteur, charmeur, il semblait se languir pour tes beaux yeux, ces iris dont la beauté m'échappait. Ils étaient de ces bleus perçants qui nous émoustillent, nous transpercent, nous bercent d'illusions et de fantasmes. C'en était presque de ces prunelles d'incube, c'en était presque les miennes. Même si cela parut long, comme si les aiguilles de l'horloge avaient tout bonnement stagné, à peine quelques secondes s'étaient coulées. C'est là que je t'indiquai cette dame et c'est là que tu me répondis par ce sourire, une petite complicité déjà naissante. C'est que tu le sentais et que je le sentais. Nous étions semblables. Une soirée mondaine, c'était l'endroit idéal pour trouver des humains qui nous ressemblaient, qui était presque en tout point comme les incubes. Qui arboraient ce masque de séducteur, qui arboraient ces airs si charmeurs, alors qu'au fond toutes les paroles qu'ils prononçaient, ils ne les pensaient pas, pas même un seul instant. Toi, les mots que je te prononcerais, seront-ils vrais ou seront-ils mensongers?

Alors que je t'indiquais la balustrade d'un léger geste, j'aperçus ces petites teintes vermeilles prendre légèrement d'assaut tes joues. Elles étaient à peine perceptibles, se mariant à merveille avec la couleur laiteuse de ta peau. Je ne pus m'empêcher de te sourire un peu mielleusement, un brin amusé et séduit. C'est que te résister relèverait du miracle, ce serait un pur calvaire de calmer sa convoitise. Je n'étais pas le seul chez qui tu l'attisais, je le voyais bien, tous ces regards chargés d'envies tournés vers ta personne et ces gloussements, ces petits rires gênés, qui s'évadaient parfois des lèvres des demoiselles. Tant de gens cherchaient à te mettre le grappin dessus, c'est que tu étais un parfait gentleman. Ton masque d'hypocrisie n'avait aucune faille, c'en était impressionnant. Mais ce soir, j'étais celui qui allait te monopoliser, qui allait conquérir tes pensées, les envahir comme personne d'autre auparavant, ne serait-ce que pour cette nuit. Userais-je de mes charmes, de ces petits tours dont nous excellions, nous les incubes? Comment devrais-je t'aborder lorsque tu me rejoindras à la balustrade? Car tu allais me rejoindre, j'en avais la certitude.

Tandis que je laissais ma main retomber le long de mon corps, je t'écoutai, me reculant lentement. C'est que tu étais habile de tes mots. Tu les maniais avec soin, avec finesse. Tu savais lesquels choisir, lesquels poser. C'en était presque criminel, cette facilité avec laquelle tu gagnais le pardon et le cœur d'une jeune dame. Je le sentais, il avait fait un bond pour toi, il avait sauté un battement à tes tendres œillades. Petit menteur. Je me retournai sans plus de façon, l'orchestre couvrant bientôt ta magnifique voix. Tout comme ton odeur, elle avait ce quelque chose d’envoûtant, ce quelque chose qui nous donnait envie de t'écouter longuement, d'espérer que tu nous adresses la parole. Étais-je l'incube ou était-ce toi? Je commencerais à me poser la question. Dans le vide, je souris à cette pensée, évitant les gentes dames et faisant en sorte que ma présence ne soit qu'une ombre parmi d'autres. Je n'avais pas envie d'être abordé par ces gens, j'avais envie d'être abordé par toi. Je l'ai dit, tu étais cette perle que je déroberais ce soir. Tu brillais d'un éclatant éclat entre tous ces hommes, toutes ces femmes. Aucun ne t'arrivait à la cheville. Ils faisaient piètre figure en ta présence. Le savais-tu? Oui, sûrement. Je me doutais que tu le savais, que tu savais bien que ton corps était désirable, qu'il attirait ceux qui se trouvaient sous ton passage. En faisais-tu bon usage? L'usais-tu comme je l'usais? Ça...

Me faisant discret, disparaissant tantôt du regard de cette demoiselle, tantôt de ce gentilhomme, j'attrapai deux flûtes de champagne alors qu'un serveur en queue de pie passait près de moi. Machinalement, je les humai, profitant de cet arôme. Il caressait mon nez, le cajolait, le berçait. Mais il ne valait pas ta fragrance, loin de moi l'idée de la camoufler sous l'odeur fruitée d'un vin blanc. Rien ne pourrait me faire oublier la tienne. Le parfum des lys était, à mon humble avis, le plus exaltant. Il te correspondait bien.

La terrasse n'était pas bien loin, à une vingtaine de pas à peine. Personne n'y était, tous profitaient de la valse, du banquet, de son partenaire et des ragots à l'intérieur. Ils étaient occupés. Une fine brise balayait l'air et j'avais hâte de l'apercevoir jouer dans tes cheveux, les faire danser et voguer au gré du vent. C'était toujours une vision alléchante et elle le serait encore plus sous ce clair de lune. Elle était pleine, bien ronde et blanche. Le ciel était dégagé, il n'y avait aucun nuage qui camouflait les étoiles. Elles brillaient de mille feux en cette soirée. Elles étaient ardentes tout comme ce désir que je ressentais pour toi. Tu l'avais éveillé, cet intérêt. Observant les cieux, cherchant à calmer cette faim qui commençait à monter en moi, je contemplai les astres. On dit que le ciel est partout le même, mais c'en est faux. En ce moment, quelque part ailleurs, le jour est levé, ce n'est pas les mêmes lueurs que nous contemplons. Seulement, aujourd'hui, je contemplerai ce ciel avec toi, nous contemplerons le même.

Lorsque enfin je te sentis approcher, mes yeux délaissèrent ce tableau pour se porter sur une œuvre bien plus imposante, celle que tu étais. Je t'offris ce sourire à faire fondre, un peu mystérieux au passage, tout en te tendant une des flûtes. Je ne les avais pas encore goûtées, je t'attendais. Mon autre bras restait appuyé contre la balustrade de marbre. Elle était froide, je la sentais même au travers de ma chemise. Tu étais venu de cette démarche assurée que je suis certain faisait tourner plus d'une tête. Maintenant que tu étais près de moi, je me permis de t'observer un peu plus de ces prunelles intenses. Tu pris la parole en premier, faisant dès lors le deuxième pas. Je te répondis aussitôt de ma voix suave et enchanteresse, c'était à mon tour de te séduire de son : "Bonsoir. En effet, nous ne nous sommes encore jamais croisés pour mon malheur." Une petite lueur taquine passa dans mes iris, flamboyante et attendrissante. Lorsque tu m'avouas que tu étais plongé dans tes pensées, je te corrigeais silencieusement. Tu étais plongé dans mes yeux de fauve et tu ne pourras me mentir à ce sujet. J'avais retenu ton attention et je comptais bien la retenir encore bien longtemps mon cher.

Mon sourire s'agrandit, un peu amusé, un peu compatissant. Un petit et unique rire mélangé à ce que l'on pourrait appeler un soupir l'accompagna. "Il n'y a pas de quoi, sir." Que je te dis, sachant comment cela pouvait être troublant d'être aux prises avec un tel personnage. Surtout lorsque notre regard a été attiré ailleurs et que ce n'est pas sur cette personne qu'on souhaite le porter. "Le nom est Mathias Worcestershire. Et vous, quel est-il?" Les premières questions étaient importantes et tu devais le savoir. Elles alignaient l'ambiance future et il ne fallait pas oublier les politesses. Nous étions des gentlemans. Tout du moins, était-ce que nous prônions face aux autres. Qu'en était-il réellement? Ça, c'était un secret qu'on ne devait jamais dire à voix haute. Il y avait certaines vérités qu'il valait mieux taire, comme celles que je ne te dirais pas et que je garderais bien précieusement pour moi-même. Je ne te dirais point ce que je suis, tu ne sauras ce que je suis, la bête du péché que je représente.

Portant le verre à mes lèvres, je le sirotai de ces airs légèrement sensuels, légèrement provocateurs ou, plutôt, divertis. "Alors? Cet oncle, où est-il? Compte-t-il nous rejoindre?" Que je te demandai avant d'avaler une légère gorgée et de te lancer ce petit regard empli de sous-entendus. D'un côté, il feignait l'inquiétude, laissant entendre que je n'étais pas dupe et que je me doutais bien que cette histoire d'oncle malade n'était qu'une histoire. Je te faisais savoir que je savais. Même si, au fond, tu devais bien savoir que je connaissais la vérité. D'un autre côté, ce coup d'œil en coin cherchait à deviner si nous serions seuls, si personne d'autre ne viendrait interrompre ce moment d'intimité. Je voulais garder cet instant pour toi et moi, je ne voulais pas d'importuns, quel qu'il soit. Un membre de ta famille, un ami, une curieuse, des amours. Ils n'avaient pas leur place. J'avais presque envie de refermer les portes vitrées derrière moi tout comme les rideaux pour nous dérober à un quelconque regard indiscret. Cela couperait malheureusement le son de cette si captivante musique, mais celui de la brise et du silence n'était pas plus mal. Je n'entendrais alors que ta voix.

Je jouais le jeu de l'ignorant, de l'hypocrite mondain et, pourtant, je te laissais sentir cette fausse complicité qui, au fond, n'était pas si fausse.
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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Ven 24 Juil - 1:54




Une soirée mondaine et une douce odeur de rose


" Je me souvins rapidement de ce que j'avais dans les mains en voyant les coupes de champagne qu'il me tendait. J'eus un rire véritable en levant les bras, dévoilant deux coupes pétillantes également ; nous avions visiblement eu la même idée. Je posai donc mes verres en équilibre sur la balustrade, dissimulant d'une main mon éclat de rire afin de ne pas paraître vulgaire et pris celui qu'il me donnait avec un sourire de remerciement. Je ne me moquai pas de lui, loin de là.

Trempant mes lèvres dans le liquide, je relevai les yeux vers lui et me retins avec difficulté de détourner la tête pour ne plus sentir son regard brûlant sur ma peau. Être ainsi observé et d'aussi près me gênait quelque peu et, décidé à conserver mon masque parfait de séducteur, je me repris en prenant une gorgée de champagne. Je sentis des frissons agréables courir le long de ma colonne vertébrale lorsqu'il répondit à mes questions et souffla discrètement. Sa voix était sensuelle, suave et me donnait des envies inavouables. Décidément, cet homme me faisait bien trop d'effet pour mon propre bien, s'en était troublant. Je n'avais jamais rencontré de personnes de sa trempe, si je pouvais le dire ainsi. Jamais personne ne m'avait électrisé d'un unique regard et je n'étais pas certain d'aimer ça. J'appréciais avoir un certain pouvoir sur la situation et, pour l'instant, ce pouvoir me passait sur le nez. Je me laissais plutôt emporter par son timbre enchanteur...

Je levai le menton pour observer un peu l'extérieur, mon regard ayant été trop attiré par ce blondinet pour vraiment regarder où je me trouvais. C'était un coin agréable, l'air était frais et une légère brise venait me caresser tendrement les joues. La voûte céleste piquetée par-ci par-là d'étoiles brillantes ainsi qu'une belle et ronde pleine lune éclairaient la ville d'une douce lueur blafarde, rendant la peau de Mathias plus pâle et sensuelle encore. Mathias, c'était un nom plutôt commun pour un homme de sa trempe, mais il était toutefois agréable à l'oreille. Un peu honteusement, je pensais déjà à jouer avec le -s de son prénom, le faisant doucement jouer, rouler sur ma langue lorsque je m'adresserai à lui...

Je répondis, taquin : « Je me nomme Diaval Bishop. Je partage mon nom de famille avec des femmes connues pour avoir pratiqué de la sorcellerie… Faites attention à vous où vous risqueriez de vous faire ensorceler... »

Je ne pouvais m'empêcher, à chaque fois, de parler de ces fameuses sorcières lorsque je déclinais mon identité. Bishop. C'était un nom de famille connu. Des femmes avaient été pendues pour avoir été pointées du doigt par les membres de leur village, pour sorcellerie, alors qu'elles ne faisaient que guérir les personnes malades. Ah, ce que j'aurai aimé posséder des pouvoirs surnaturels. Mais non, ce genre de don n'existait que dans les livres, à mon plus grand malheur. Quelque chose fit soudainement tilt dans mon esprit en entendant son nom de famille et je fis part de mes pensées à voix haute, sans forcément le faire exprès.

Je dis, un sourire gourmand aux lèvres :« Worcestershire ? Comme un compté en Angleterre et comme une sauce légèrement piquante… c'est amusant. Je n'avais jamais entendu ce nom de famille. »

La sauce Worcestershire avait un goût aigre-doux, peut-être que cela correspondait bien à Mathias ? Je ne pouvais pas le dire puisque je ne le connaissais pas, mais peut-être était-ce une indication. Une indication pour révéler un caractère enflammé cachant un côté doux, peut-être. Je souris, amusé et reposa mon regard sur lui. Il buvait son champagne avec un air sensuel, un peu provocateur, joueur… et j'aimais cela. Je n'eus toutefois pas la prétention de le copier et bus ma coupe avec délicatesse, profitant de son goût en plissant un peu les yeux. Les bulles picotaient doucement ma langue et répandaient leurs saveurs pétillantes à souhait.

Sa question me sortit de mes pensées et j'eus un instant peur de devoir lui avouer la vérité… Devoir lui dire qu'en réalité, je n'étais rien de plus qu'un acteur sur la scène qu'était ma vie. Et un jour, le rideau rouge allait se fermer sur cette scène pour dévoiler la fin de l'acte. La fin de ma vie ou, en tout cas, celle de ma popularité. L'idée d'être seul, ignoré, me serra un instant le coeur, mais en constatant la lueur complice de ses yeux, je sus tout de suite que ce ne serait pas nécessaire. Mathias avait vu clair dans mon jeu.
ou alors : clair en moi.
Mais cette réponse me plaisait moins, j'appréciais conserver une certaine enveloppe de mystère. C'était cela qui attirait les gens. Ainsi, je ne serai jamais laissé seul, bien que la solitude ait du bon. Je n'aimais pas cela.

Je dis : « Oh… il ne viendra guère nous déranger. Après tout, il est malade, n'est-ce pas… ? Et vous ? Y aurait-il quelqu'un de susceptible de nous déranger ? »

Je le trouvais tout simplement intéressant et ne pouvais me résoudre à laisser ma place à quelqu'un d'autre. Je notais mentalement quelques-unes des caractéristiques de Mathias dans le fond de mon crâne afin de créer un personnage à son effigie… Une créature sensuelle serait appropriée. Un vampire ? Une sirène ? Je ris mentalement en l'imaginant chanter, une queue de poisson prolongeant son torse musclé. Les sirènes attiraient les marins dans le but de les noyer… Mathias envisageait-il de me faire du mal d'une façon ou d'une autre ? Peut-être. Peut-être pas. L'avenir me le dira.

J'avouai : « J'écris des nouvelles surnaturelles et vous me faites penser à une créature. Enfin… ce n'est pas vraiment un bon mot puisqu'il appelle plutôt des termes péjoratifs comme les nains, les gnomes… mais je vous verrai bien en vampire ou… ah, en incube. »

Certains psychologues disaient que les personnes qui fantasmaient sur les vampires étaient, en réalité, attirées par la perspective d'un viol que caractérisaient leurs crocs acérés. Du moins, pas un véritable viol, mais plutôt un jeu amoureux dans un couple. Je trouvai ce constat particulièrement stupide. Une personne bavant sur les loups-garous rêvait-elle de véritables armoires à glace, poilues de surcroit ? Je ne niais pas avoir un certain… attrait pour ces êtres surnaturels, quels qu'ils soient d'ailleurs, mais j'avais, il y a longtemps, fais un trait sur ces envies. Ce n'étaient rien de plus que des fantasmes et les fantasmes n'étaient pas faits pour être réalisés, plutôt pour titiller l'imagination. Triste constat.

Je terminai ma coupe, appuyé contre la balustrade. Ma frange lavande se délogea de derrière mon oreille et vint couvrir mon oeil gauche, je ne fis toutefois rien pour la déplacer, absolument pas dérangé. Complètement déconnecté de la réalité, je sursautai, manquant de tomber dans le vide lorsqu'un serveur s'approcha de nous afin de ramasser nos verres pour nous en proposer d'autre...

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Worcestershire Mathias

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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Mar 28 Juil - 16:18


Mes lèvres s'étirèrent en un sourire, une risette amusée tout comme délectée, attendrie. Toutefois, ce qui me fit sourire de cette tendre expression n'était pas tant le fait que tu aies apporté à ton tour deux flûtes de ce délicieux champagne, mais ce fut plutôt ce rire que tu me fis la joie et l'honneur d'entendre. Il résonnait à mes oreilles telle une douce mélodie, adorable et cristalline. Ton rire était comparable au violoncelle, il n'était pas un éclat bruyant, ni aigu, ni strident. De lui se dégageait une certaine grâce, il te définissait bien. Les violons et le piano s'étaient remis à jouer, ton rire se mélangeant alors à leur symphonie, bien que ce ne fut que pour un court et éphémère instant. Il accompagnait cette élégante musique comme s'il en avait toujours fait partie, comme s'il n'y avait rien de plus naturel. Il venait rehausser les notes. Au fond, oserais-je dire que cet air avait été écrit pour ta personne, qu'il s'était inspiré de ce rire si beau, que chaque note avait été pensée pour l'escorter avec gracieuseté. Mon regard suivit tes gestes, observant les deux flûtes trouver place sur la balustrade tandis que tu t'intimais le silence en plaquant l'une de tes mains à tes lèvres. C'en était dommage, j'aurais préféré continuer à l'écouter, à en profiter longuement et à me bercer de ton rire. Il n'y avait rien de plus attachant, de plus émouvant, qu'un rire poussé de bon cœur.

Lorsque tu pris le verre, mes doigts effleurèrent les tiens doucement, un peu malicieusement. Mais ça, tu n'avais pas besoin de le savoir. Tu n'avais pas besoin de savoir que cette peau chaude qui frôlait la tienne délicatement était un geste d'arrière-pensée, qu'il avait une raison d'être et qu'il n'était ni le fruit du hasard ni le fruit de notre proximité. C'était avec une étrange lenteur que le bout de mes doigts longea les tiens, mes ongles les accompagnant tendrement. Ils n'étaient certes pas très longs, bien limés, propres et solides, mais c'en était bien suffisant pour provoquer ce léger frisson. Cette petite impression émoustillante souvent due à une petite sensation s'apparentant aux chatouilles. Étais-tu sensible? Réagirais-tu à ce contact furtif ou ton corps ne s'en rendrait-il pas compte? Te verrais-je sursauter discrètement ou n'y verrais-je rien, que du feu et un masque parfait, de marbre? Ce n'était, après tout, qu'un geste banal et innocent avec un brin de sensualité.

J'observai tes lèvres se tremper dans l'alcool, reluire un moment sous la boisson et le clair de lune, tandis que les miennes t'imitaient. Je bus une gorgée, profitant de cette atmosphère si précieuse. Le cadre te seyait parfaitement et je pris la peine de graver dans ma mémoire l'image de ton regard se perdant dans la vue. C'est quelle était époustouflante, cette vue que l'on avait sur l'entrée avec son pavé de pierre et ses statues grecques, puis les maisonnées dont les fenêtres étaient illuminées de vagues lueurs. Les chandelles étaient près des vitres pour certaines, d'autres en étaient éloignées et se mouvaient au gré des pas des propriétaires. En arrière-plan, on pouvait apercevoir cet immense clocher de l'Église protestante. La pierre avait été minutieusement travaillée pour lui donner ces détails propres au style gothique, tandis que les lueurs lunaires se reflétaient sur le bronze des cloches jumelles. Et toi, dans ce tableau, ressemblait à s'y m'éprendre à un être sorti tout droit des contes de fées. Si tu pouvais te voir, je crois que tu tomberais sous ton charme. J'aurais bien aimé prendre une photo et te la montrer, mais elle ne saurait en rien égaler la beauté du moment. J'aurais pu demander au meilleur des peintres, à Michel-Ange ou à Da Vinci, seulement, ils n'auraient jamais pu égaler et transmettre ton élégance sur une toile. Tu étais unique, tu étais spécial, tu étais réellement une perle parmi les perles.

Ta voix s'éleva à nouveau, me révélant à son tour ton nom. Mon sourire devint plus fin, alors que je me remémorais une rencontre avec une Bishop des décennies plus tôt, cette sorcière qui aurait sagement dû rester tranquille et simplement continuer de lire ses manuscrits poussiéreux. Peut-être faisait-elle partie de tes ancêtres? Sauf que tu n'avais rien d'elle. Tu étais beaucoup plus raffiné, peut-être parce que tu revêtais ce masque d'hypocrisie? Allez savoir, mais toi tu m'envoûtais, me donnait cette envie de te dévorer, un peu à la manière d'un enfant avec un dessert. Ce fut à mon tour de rigoler, avec modération, bien entendu. Je ne riais pas aux éclats, je n'imitais pas ces gentes dames un peu trop bruyantes. Je ne m'étais encore jamais fait prendre au piège par un quelconque sortilège, seulement, peut-être pourrais-je en douter par l'effet que tu me faisais? "Je crois, malheureusement ou heureusement, que je suis déjà sous le joug de votre sorcellerie, car j'ai bien l'impression que vous m'avez déjà ensorcelé, sir." Était-ce taquin ou était-ce dit d'un ton véridique? Il y avait bien une pointe de sincérité dans ma voix. Je ne reniais pas qu'en si peu de temps tu avais réussi à obnubiler mon regard et que je ne me calmerais pas tant et aussi longtemps que je n'aurais pu goûter tes lèvres, savourer la douceur que tu étais. Mon appétit grandissait et, comme toujours, je l'apaisai d'images futures. Je le faisais patienter, toutefois, devais-je avouer que cela faisait bien longtemps que l'on ne l'avait pas éveillé ainsi.

Mon nom sembla t'intriguer quelque peu, ce nom que j'avais un jour choisi au hasard alors que je traversai le compté de Worcestershire. "En effet, il n'est pas fréquent. À part les membres de ma famille, je n'ai rencontré aucun autre Worcestershire." Un autre petit rire un brin amusé passait mes lèvres, tandis que je rajoutai à la suite de son commentaire : "En effet, il vient du compté. Je doute fort que mes ancêtres aient choisi leur nom d'une sauce piquante. Existait-elle seulement à l'époque, je me demande? Enfin, il est beaucoup moins excitant et recèle bien moins d'histoires que le vôtre. " Je te mentais comme je respirais. C'était instinctif chez moi, c'était une seconde nature et peu de gens avaient réussi à voir au travers de mon jeu. Ce n'était que lorsque les mensonges prenaient une proportion trop grande ou lorsqu'ils s'empiétaient les uns sur les autres. C'était aussi lorsque j'étais jeune et inexpérimenté. Aujourd'hui, j'avais de l'âge et je ne comptais pas reproduire ces erreurs. Je comptais te prendre dans mes filets et aucun geste, aucune mimique, ne serait me trahir. Je te le redis, je te dévorerais ce soir, cette nuit.

Tu buvais ta coupe avec réserve, avec ce raffinement propre aux aristocrates. C'en était si délicat que cela me donnait l'envie de contempler la réaction de tes lèvres sous l'excitation, sous une respiration pantelante. Allez, désirs lubriques, patientez encore un peu. C'était le désavantage d'être un incube, toutes les pensées tournaient autour d'idées charnelles et encore plus devant un tel personnage.

"Oui, c'est vrai, il est malade et il serait très peu approprié pour une personne en mauvaise santé de s'aventurer sur la terrasse avec cette légère brise, mes excuses." Que j'approuvai, faisant danser le champagne dans ma coupe, le liquide roulant sur les parois de verre. Je n'allais pas te demander son état ni comment il se portait ni quelle était sa maladie. Je ne pousserais pas la comédie, je ne te pousserais pas davantage dans ce mensonge. Tu n'avais probablement pas prévu de devoir approfondir cette histoire et tu ne souhaitais certainement pas aborder le sujet en ma présence. Non, tu voulais parler d'autres choses, tu voulais t'enquérir de sujets plus.... intéressants, peut-être oserais-je dire plus mielleux? "Pour ma part, je suis venu seul, sans compagne." Je laissai ma phrase en suspend un court laps de temps, approchant à nouveau la flûte, dégustant une autre gorgée. Ha, elle se vidait lentement. Je te lançai un autre regard en coin, complice et  plein de sous-entendus avant de poursuivre ma dite phrase. "Et sans compagnon." Comment prendrais-tu ces paroles qui, pourtant, s'avéraient bien banales si on ne percevait pas ce petit indice, ce petit message discret? C'est que les homosexuels, à cette époque, n'étaient pas bien vus, c'en était même un crime, voire une maladie mentale qui devait être soignée. Les gens avaient honte, c'était indigne de la race humaine. Je les trouvais étranges. Le plaisir charnel n'était jamais mauvais, peu importe avec qui on le prenait. Les mœurs changeaient selon les ères et les pays, je n'avais qu'à penser à ce temps en Grèce Antique où il était considéré qu'une relation fructueuse n'avait lieu qu'entre hommes, les femmes étant dépourvues de cette intelligence si importante à leurs yeux. C'était un temps bien différent d'aujourd'hui. Et le temps d'aujourd'hui sera bien différent du temps de demain.

Tu me parlas de ton travail, je penchai la tête sur le côté, t'écoutant avidement. Tu avais toute mon attention, rien d'autre ne comptait. Tout était relégué aux oubliettes à l'exception de ta présence, de ton existence. Cela se voyait, je semblai captivé par chacune de tes paroles. Alors, tu étais écrivain? Il n'était donc pas étonnant que tu saches si bien manier les mots, tes récits, tes nouvelles, devaient être de purs délices à lire. Les phrases devaient s'harmoniser à merveille, être si fluides que nous n'en perdions jamais le fil et, lorsque tes histoires se termineraient, nous en resterions sur notre faim et en désirerions davantage. C'est ce qu'il en est, quand une plume est envoûtante. On ne veut jamais que l'histoire prenne fin, qu'elle s'achève. On la dévore des yeux, on ne peut s'arrêter de la lire et lorsqu'on arrive à son dénouement, on se pince les lèvres, heureux d'en connaître tous ses secrets, mais si malheureux qu'elle soit arrivée à son épilogue. Tes nouvelles, elles devaient être ainsi, elles devaient te correspondre.

L'ironie de ce à quoi je te faisais penser me fit rire silencieusement. Je n'émis pas un son, mais ma tête en était remplie. Il fallait dire que c'en était amusant, toi qui avais deviné par pur hasard ce que j'étais, mais ne saurait probablement jamais que tu l'avais bel et bien deviné, que tu avais en face de toi l'une de ces « créatures » qui devaient te faire envie, qui devaient être l'un de tes fantasmes cachés ou, tout du moins, bien enfuis en toi. Tu avais ce regard de passionné, d'une personne parlant de sa passion, d'une chose qu'elle aimait. Peut-être me trompais-je, cependant, c'était l'impression que j'avais de ces iris bleutés qui étaient les tiens. Je te sentais vibrer, mes gênes d'incube me révélant doucement ce qui te faisait rêver. Avant d'avaler le reste de ma flûte, de laisser le champagne rouler le long de ma langue jusqu'au fond de ma gorge, je te murmurai, mon susurre se laissant bercer par le vent jusqu'à tes oreilles, alors qu'un sourire mystérieux tout en étant des plus charismatiques naissait sur mes lèvres : "Peut-être le suis-je?" Et, à ces mots, je vins délicatement replacer cette mèche lavande rebelle. Je vins la glisser derrière ton oreille, mes doigts se faisant un malin plaisir d'effleurer ta peau. C'est que je désirais te toucher tout comme j'aimais apercevoir tes yeux.

Contrairement à toi, je ne sursautai pas à l'arrivée du serveur, l'ayant senti s'approcher. Son odeur plutôt aigre se mêla à celles de la terrasse. Un peu salé au passage, un peu comme du poisson. Lui, je me doutais, ne serait certainement pas un bon repas. C'était un peu comme si je t'offrais des épinards mélangés à du foie gras et dont la seule et unique épice serait du sel. Elle serait d'ailleurs présente en abondance, couvrant toutes les autres saveurs. Je déposai ma coupe vide sur le plateau, prenant au passage celle que tu avais déposée sur la balustrade. Je répondis rapidement au serveur que nous n'avions pas besoin d'autres coupes pour l'instant, deux autres nous attendaient impatiemment. Tout en parlant, je pris la peine de lui indiquer lesdites flûtes intouchées que tu avais apportées. Je voulais qu'il parte rapidement, qu'on retrouve notre petite intimité. Il ne sembla pas vouloir partir sur-le-champ, un peu subjugué par les deux êtres que nous étions. Nous lui étions de dos au moment où il s'était présenté, ainsi, lorsque nous nous sommes retournés, il ne devait pas s'attendre à tomber sur des personnes d'une telle présence, surtout toi. Un simple coup d'œil à ton visage et il devait déjà être ensorcelé, tes sortilèges étaient bien trop puissants, petit Bishop. Quand enfin il prit la poudre d'escampette, je fixai un instant les portes vitrées, les poignées dorées, tout en me disant qu'il était réellement bien tentant de les refermer, nous coupant du reste du monde. Du moins, de celui qui s'était créé à l'intérieur de la résidence.
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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Sam 8 Aoû - 8:40




Une soirée mondaine et une douce odeur de rose


"Un délicieux frisson parcourut mon échine lorsque ses doigts effleurèrent presque tendrement les miens, d'une manière si normale qu'elle aurait pu paraître hasardeuse. Je savais que le destin pouvait se montrer bien farceur, mais cette étincelle que je discernais dans le regard de Mathias ne me laissait pas douter sur la véracité de ce geste. Ce n'était pas le fruit du hasard, mais la volonté même de cet homme si mystérieux et séduisant. Je ne sursautai pas et ne soupirai pas d'aise, mais je sus apprécier ce toucher à sa juste valeurs. J'aurai presque pu en ronronner. Je plantai mon regard dans le sien, un sourire amusé déguisant mes lèvres pâles. Je savais.

Prenant ma coupe de champagne entre les doigts, je profitai donc de ce breuvage pétillant en observant le paysage, écoutant Mathias d'une oreille attentive. Après tout, comment ne pas l'écouter, il avait une telle présence, une voix si chaude, une apparence si attrayante… Sans doute devait-il avoir été un orateur romain, dans une précédente vie. Le principe de prochaines vies, de réincarnations me plaisait énormément. Je ne pouvais pas me faire à l'idée qu'une fois enlacé par la Mort, il n'y ait que le vide. Que le néant, le rien. Il devait forcément avoir une chose à l'autre bout du tunnel, mais personne n'était jamais revenu pour nous en parler, malheureusement. D'où les diverses religions, d'ailleurs. Chaque personne possédait son point de vue sur la question, ses croyances, ses idéologies. Et c'était ça, qui faisait que le monde était si complexe, intéressant, vivant.

Sous le joug de ma sorcellerie. Que j'aurai aimé que ces paroles soient réelles. Aimé avoir un certain pouvoir sur Mathias. Peut-être en aurais-je profité afin de lui faire subir mille et une choses. Avoir un don était si irréel que le fait d'y penser me décrochait presque naturellement du monde réel. Je regardai un instant dans le vague, imaginant ma vie dans le cas où j'aurais été un magicien, un sorcier… La vie serait tellement plus palpitante que nous serions incapable de nous ennuyer. Je soupirai doucement, la déception s'emparant de mon coeur. C'était éternellement la même désillusion et même si je savais que je me blessais tout seul, je ne pouvais empêcher mes pensées de prendre ce chemin si épineux.
Je soufflai : « J'aurai aimé, mais les rêves sont là pour permettre à notre esprit de s'évader un instant afin de s'imaginer une vie plus trépidante où ni le temps ni la mort n'auraient de pouvoir. »

Comprenant que je m'écartais un peu trop du sujet, je fermai rapidement mes lèvres. Heureusement qu'il me parla ensuite plus en détail de son nom de famille, me permettant ainsi de reprendre mes esprits.

Je secouais doucement la tête : « Tout le monde a une histoire et je suis certain que votre nom de famille en dissimule une, un peu comme un palimpseste. »

Un palimpseste, un texte en dissimulant un autre… Un peu l'idée d'un masque. Chaque être humain possédait son masque, travaillé ou non, mais il était tellement aisé de mentir, de jouer sur des faux-semblant… Peut-être que le nom de famille de Mathias dissimulait une amère vérité, des histoires de meurtre… Il y avait toujours un récit intéressant derrière une appartenance, les noms de famille n'étant rien de plus que ce qu'il reste de clans, de familles que formaient un groupe de personnes. Le sujet de mon oncle fut légèrement abordé, mais la suite n'était que plus intéressante à mes yeux. Je devinai sans mal que ce n'était pas un lapsus et je me redressai, jetant une oeillade curieuse, peut-être même un peu trop appuyée pour être correcte, à Mathias.

Je susurrai, appuyant sur le mot compagnon avec délice : « Nous sommes dans le même cas puisque je n'ai ni compagne ni compagnon... »

Voir des hommes s'affirmant discrètement attirés par d'autres personnes du même sexe était rare et fascinant. J'étais un écrivain sans beaucoup de tabous et voir que notre société actuelle soit si arrêtée sur la sexualité m'exaspérait. L'esprit des gens pouvait s'avérer si étroit ! Le plaisir de la chair ne devrait pas se différencier suivant le sexe de la personne avec qui nous le partageons.

Vampire, incube, je voyais avec une telle netteté Mathias être une créature surnaturelle que sa réponse me fit frissonner. Je ne me faisais point de désillusions en affirmant qu'il n'était pas humain, mais la manière qu'il avait de jouer avec ma vision des choses me rendait curieux, peut-être même extatique. Je ne saurais mettre un nom sur les émotions qui turlupinaient mon âme, mais mon regard s'arrêta presque avec gêne sur ses lèvres mouillées d'alcool et je ne pus m'empêcher de passer une langue mutine sur les miennes. Ses doigts replaçant ma mèche me firent retenir mon souffle alors que je plongeai mon regard dans le sien, y fouillant des émotions peut-être semblables aux miennes. Mais l'instant fut coupé par l'arrivée du serveur, qui me fit sursauter. J'étais gêné, presque honteux de me laisser à ce point envoûter par un inconnu et je m'écartai doucement. Le moment était rompu, comme le sortilège de Cendrillon qui se brise à minuit. Je pris une discrète inspiration en regardant l'homme nous ayant coupé, essayant de m'empêcher de le comparer à Mathias… mais je n'y arrivai pas bien. Ce serveur paraissait presque fade à côté de lui, avec ses cheveux brun boue et son regard noisette… Il avait toutefois des épaules larges et la pensée que nombre de femmes avaient pu fantasmer à l'idée de s'accrocher à celles-ci lors de l'acte me fit intérieurement rire. Il finit par partir et je pris en main la deuxième coupe de champagne, la faisant doucement tourner entre mes doigts alors que mon regard se rivait au liquide ambré. Je ne savais quoi dire. L'arrivée de ce serveur s'était montrée si brutale que l'échange entre Mathias et moi s'était vu couper à l'instar du plus fragile des fils. Un peu comme le fil de la vie que coupait les Parques lorsqu'il était temps pour une personne de trépasser. Shlack. Le bruit du ciseau coupant un rubans résonna un instant dans mon esprit.

Je demandai : « Avez-vous envie d'une chose en particulier ? Rester ici et profiter de la vue, rentrer et valser avec une charmante créature… »

Je ne désirais pas le faire partir, mais je n'avais pas vraiment de sujet de discussion à aborder. Mathias me coupait mes moyens et j'avais la désagréable impression d'être un adolescent découvrant le désir rongeant ses entrailles et gonflant sa virilité de manière gênante et impromptue. Heureusement que ce n'était pas encore mon cas, j'avais tout de même un peu de tenue. Je ressentais toutefois encore la pulpe de ses doigts contre ma peau et mes cheveux, fantôme de son contact. J'aimais énormément être caressé et massé au niveau du cuir chevelu, je me faisais presque honte en désirant son toucher. Je me mordis la lèvre en détournant le regard, gêné. Mon dieu, c'était bien une première pour moi : me retrouver gêné, être la proie au lieu du prédateur… et mon coeur tanguait entre aimer ça ou haïr profondément cette passivité.

Depuis petit, j'étais aimé pour mon physique et mes capacités de beau parleur. Mon père n'était pas vraiment démonstratif mais ma mère prenait toujours un instant pour écouter la graine d'orateur que j'étais. Plus grand, je ravissais les dames en leur offrant des poèmes et des bouquets de fleurs. J'étais habitué à devoir faire le premier pas, à devoir être celui qui ravit l'autre… et j'étais un peu dépaysé de me retrouver cible sans pouvoir y faire quelque chose, sans vouloir y faire quelque chose. Être le receveur d'une telle attention était grisant et même si je savais que ce n'était, peut-être, qu'un comportement factice ne me refroidissait pas. Au fond, je devais être un peu masochiste. Le sorcier, ce n'était pas moi, c'était Mathias. Il m'avait ensorcelé, attrapé comme un pêcheur ferre un poisson… mais je n'allais pas me laisser faire plus longtemps. Je n'étais pas une midinette attendant les attentions de son soupirant, j'étais un écrivain, un homme, un aristocrate. Alors, avec délicatesse, j'empoignai son menton afin de le rapprocher de moi. Nos visages étaient si proches que je sentais avec une certaine envie son souffle effleurer mes lèvres.

Je murmurai : « S'il y a un sorcier ici, c'est bien vous… Ou peut-être n'êtes vous qu'un incube désireux de se nourrir de mon corps… mais je ne suis pas la bonne cible. »

Mathias avait dit être possiblement un incube, alors je reprenais ses mots, même si je les savais faux. Je soufflai doucement contre son visage avant de me retirer avec un sourire satisfait, j'espérai lui avoir fait de l'effet, peut-être autant que lui m'en faisait. "




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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Mer 19 Aoû - 6:01


Je le sentis, ce frisson qui te parcourut, longea ton corps avec malice, sous mon toucher mielleux. Je sentis aussi qu'il t'avait plu, que tu l'avais aimé. C'était instinctif, je ressentais ce qui plaisait, ce qui charmait. Cela faisait partie de mes attributs d'incube et l'userais-je pour te plaire et te captiver. Je l'ai bien dit, tu avais accaparé mon attention, c'était ainsi à mon tour de fasciner la tienne. À ce sourire que tu me fis, je sus alors que tu savais, que tu savais ce qu'il en était et que ce toucher n'était en rien le fruit du hasard, mais bien parce que je désirais parcourir ta peau de mes doigts, même si ce n'était que pour l'espace d'un court instant. Toutefois, nous passâmes sous silence tous les deux ce fait, jouant à l'innocent que nous n'étions pas, et je ne m'aventurai pas davantage, même si ta peau douce m'interpelait indéniablement. Ha, qu'avais-je envie de la toucher, d'y faire valser mes doigts et de la dévorer de caresses tout comme de baisers. Je me demandai un instant qu'elle était son goût et j'étais plus que certain qu'il devait être délicieux. Peut-être un peu sucré, peut-être un peu fruité? J'aimerais tant le découvrir; me laisseras-tu assouvir ma soif de connaissance? Après tout, je voulais tout connaître de toi. Du moins, voulais-je tout connaître de ta personne en cette soirée et pour cette soirée. Ce ne serait certes qu'une nuit éphémère, mais dans celle-ci, je voulais tout apprendre de toi, de ton corps, de ce qui te faisait vibrer et perdre la tête.

Quand je parlais de l'ensorcellement que tu provoquais, un soupir t'échappa. Un peu de lassitude, dirais-je? Ce n'était pas mes mots qui te rendaient las, mais plutôt le fait qu'ils te rappelaient, au fond, la réalité. C'est ce que tu me fis comprendre, lorsque tu repris la parole de ta voix enchanteresse. Ces êtres qu'étaient les sorciers, ils devaient pour vous, humains, ne pas exister tout comme les démons, les anges, tout être sorti de la mythologie ou des fantaisies. Rêvais-tu tant de les rencontrer, d'en être un toi-même? Parfois, est-ce que tes songes en étaient parsemés, les hantaient-ils? Des petites questions me taraudaient l'esprit, alors que de ma main libre, celle qui ne tenait pas ma flûte que, d'ailleurs, j'éloignai doucement de mes lèvres, j'attrapai l'une des tiennes avec douceur. Je la relevai, l'approchant de mon visage pour y déposer un tendre baiser, J'y susurrai, le regard espiègle et le sourire à la fois malicieux et séduisant: "Ne sait-on jamais, peut-être qu'en cette soirée vos rêves se mêleront à la réalité, la rendant bien exaltante?" C'était un petit sous-entendu que je laissais planer et dois-je dire que lorsque tu me sortis que tu m'imaginais bien en tant qu'incube, je dus me retenir davantage de rire. Cependant, je ne m'attardai pas à garder ta main dans la mienne, desserrant ma prise pour te laisser le loisir de la retirer par toi-même, me redressant, tandis que je reprenais ma position initiale, près de la balustrade. J'y reposai mon coude, sans cesser de t'observer du coin de l'œil. Je me surprenais toujours à vous trouver, vous, humains, intéressants lorsque vous rêvassiez sur nous, êtres dits surnaturels. Pourtant, à mes yeux, tu étais l'être surnaturel puisque tu étais bel et bien ensorcelant, sorcier ou pas.

Je ne le relevai pas ton point sur le temps et la mort, je préférai te laisser rêver innocemment, te laisser te fourvoyer. Car le temps et la mort peuvent certes nous faire défaut, toutefois, crois-moi, ce n'est pas nécessairement un cadeau des cieux, mais plutôt de l'enfer. Le temps devient long et lassant; la mort nous paraît comme une délivrance. Tu étais celui que j'enviai, car c'est justement parce que ta vie était éphémère qu'elle était magnifique, que je voulais la chérir et te donner ces doux souvenirs d'une nuit où, l'ai-je dit, peut-être tes rêves se mêleront à la réalité. Vous, humains, êtes si fragiles et si précieux et, toi, tu l'étais encore plus. Alors je te chérirais aujourd'hui, prendrais soin de toi comme un frêle trésor, et te ferais rêver pour le restant de tes courts jours.

Tu t'attardais un peu plus sur le cas de mon nom, insistant qu'il devait avoir une histoire. Peut-être bien, mais je ne connaissais pas la véritable histoire du nom « Worcestershire » puisque, au fond, ce n'était pas même mon vrai nom. Je n'en avais tout bonnement pas, c'était quelque chose qui me faisait défaut. Devrais-je t'en demander un? Te demander ce qui te semblait approprié pour ma personne, quel nom de famille me siérait le plus? Pour, ensuite, l'adopter quelques décennies plus tard? Je ne pouvais, après tout, pas garder le même éternellement. Je t'offris un petit rire, approuvant alors tes dires : "Oui, vous avez sans doute raison, je n'y ai encore jamais réfléchi, à cette histoire que ce nom pourrait dissimuler." Pour ce nom que j'aborderais encore quelque temps, voudrais-tu faire partie de son histoire? T'y mêler? Enfin, tu en faisais déjà en quelque sorte partie.

Tu ne repris pas le sujet sur ton oncle, laissant plutôt un silence planer sur celui-ci et je ne m'y aventurai donc pas davantage. Car, au final, ce n'était pas intéressant, ça ne nous intéressait pas de nous lancer sur ce mensonge et de le poursuivre dans notre hypocrisie réciproque. Non, c'était plutôt un jeu de séduction qui nous intéressait et je le compris que davantage à tes mots que tu me renvoyais. Je ne pus m'empêcher de te sourire de ces airs complices, buvant une gorgée du champagne. Tu les avais susurrés, rendant ta voix encore plus charmante, envoûtante, comment lui résister? Tu appuyas, insistas, sur le « compagnon », ce qui me fit frissonner d'envie. Je me pourléchai les lèvres un peu comme si je récupérais le vin blanc qui reluisait sur ma peau rosie et pâle, tandis qu'en réalité le désir de te dévorer grandissait. En fait, c'était ce petit geste d'impatience qui apaisait mes ardeurs ou, plutôt, me laissait croire que, bientôt, je pourrais passer cette langue sur tes lèvres et non les miennes. Il trahissait mes tentations charnelles, cependant, il se dissimulait sous l'idée que je ne faisais que lécher le champagne. T'y conformeras-tu ou y verras-tu mon jeu?

Je pris la dernière lampée de ma flûte, la terminant et n'y laissant, au fond, qu'une vague mousse transparente et parsemée de bulles. Elle n'avait pas voulu suivre le mouvement, suivre la partie liquide du champagne pour terminer ses jours dans mon gosier. Je te vis, à ton tour, passer cette langue sur tes lèvres, alors que tu observais les miennes, un regard un peu gêné à l'appui. Ma main se glissait avec tendresse dans tes cheveux, les replaçant avec lenteur. Ils étaient si soyeux que j'aurais pu les caresser pour toujours. Si ça ne tenait qu'à moi, j'y aurais passé mes doigts encore et encore. Ce moment que j'aurais aimé qu'il perdure pour une éternité fut cependant coupé, tandis que mes prunelles se plongeaient dans les tiennes, refusant de les quitter. Ces émotions que j'y lisais, qu'elles étaient délicieuses! Elles me donnaient l'eau à la bouche et ce fut bien à regret que je retirai ma main et délaissai ton regard si captivant pour celui terne du serveur. Tu t'étais reculé discrètement, écarté de ma personne pour mon plus grand désarroi. J'aurais tant préféré te garder près de moi, voire contre moi.

Après le passage du serveur, il eut un léger silence, brisé seulement par les gorgées que nous avalions, car je pris à mon tour la coupe posée sur la balustrade. Je te sentais gêné, je te sentais en somme presque perdu. Tu n'avais pas l'habitude, n'est-ce pas? D'être celui qu'on séduisait, qu'on envoûtait? Et je voulais t'envoûter davantage jusqu'à ce que tes pensées soient chamboulées, qu'elles ne puissent plus que se river à moi. Je voulais être le centre de tes préoccupations, tout du moins, pour la soirée à venir. Je te laissais prendre à nouveau la parole en premier, tu me demandas alors ce que j'avais envie de faire, ce qui me plairait. Tu me proposas de rentrer et d'aller valser avec de charmantes créatures. Mais, en cette soirée mondaine, tu étais bien la plus charmante, la seule qui m'attire et la seule avec qui j'aurais eu envie de danser des heures durant. Je t'offris un sourire, mais je n'eus le temps de répondre que tu enchaînais, dévoilant au grand jour ce que je désirais. Mais je n'en fis cas, t'offrant simplement un plus large sourire bien mystérieux, de ceux qu'on ne peut déchiffrer en un clin d'œil. Je trouvais tes mots ironiques et si plaisants, oui, j'étais un incube, oui je voulais te dévorer. Tu disais ne pas être la bonne cible, en étais-tu réellement certain? Ces mots étaient un mensonge, je le savais. Tu souhaitais que je te touche, que mes doigts te caressent et te surprenais de ce désir que, je savais, tu n'avais probablement jamais ou presque ressentis. Me mentir ou me cacher des choses relevaient du miracle, peut-être était-ce mon instinct d'incube?

Mais tu étais adorable.

Je sentais encore ton souffle contre ma peau et je me penchai alors légèrement vers toi, soufflant à mon tour contre ton visage doucement, sournoisement. Mes yeux confiants et pétillants plonger dans les tiens, intensément. Tu ne m'échapperais pas, tu ne le pouvais, car, déjà, tu te mêlais au filet que je t'avais tendu et, irrémédiablement, tu t'y mêlerais davantage jusqu'à y être pris. Tout comme moi je me mêlais au tien. Je me rapprochai de toi, laissant un silence s'introduire entre nous deux pour un court moment, l'une de mes mains allant chercher la tienne à nouveau, alors que l'autre déposait la flûte sur la rambarde. Tout près, je te la tendis, quémandant par là la tienne, et baissai un peu plus ma tête jusqu'à pouvoir susurrer au creux de ton oreille ces quelques mots suaves : "Même sans être un incube, il va de soi que plusieurs voudraient vous dévorer. C'est que vous êtes splendide à en être criminel, séduisant et charmeur. Qui y résisterait?" Que je te complimentai, en profitant pour humer discrètement ton odeur tout en te lançant au passage un regard en coin aussi mystérieux que mon sourire d'un peu plus tôt. Ce n'était pas un mensonge, c'était la vérité pure. Et je me redressai, laissant le souvenir de mon souffle flotter contre ton oreille, alors que je remontai ma main pour désigner les rues, passant près d'effleurer ton corps. Dans un sourire, je te proposai : "Personnellement, la fête bat déjà de son plein sans nous et, je crois, qu'elle n'a pas besoin de nous pour poursuivre sa lancée. Que diriez-vous plutôt de faire un tour et d'aller nous promener, nous balader? C'est qu'il y a des endroits magnifiques que j'aimerais vous montrer."
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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Lun 31 Aoû - 6:33




Une soirée mondaine et une douce odeur de rose


"Je pouvais aisément la sentir, cette insidieuse toile d'araignée dans laquelle je m'enroulais, me coinçais avec une certaine complaisance, un certain désir même... Mais qui étais-je pour donner au fauve ce qu'il désirait si ardemment aussi rapidement ? Après tout, où était l'amusement presque moqueur de voir le prédateur, frustré, baver devant le steak qu'il ne pouvait atteindre ? Ce n'était guère une comparaison flatteuse, mais personne n'était encore apte à lire les pensées. Mon esprit restait donc inviolé et, jamais, Mathias ne saurait que je le comparais à une vulgaire araignée.

Je souris, d'un air conspirateur : « Certainement pas vous, n'est-ce pas ? »

Recevoir des compliments sur ma beauté physique était habituel et ne me gênait plus énormément. Je restais toutefois sensible à la séduction, lorsque je me retrouvais moi-même au centre de tant d'attention. Mathias n'était pas une vulgaire midinette recherchant un peu d'amour, non. C'était un homme à la beauté envoûtante et qui, par surcroît, le savait et en jouait. Les mots qu'il m'offraient pouvaient aisément lui être retournés. Un léger soupir s'échappa de mes lèvres lorsque je sentis le fantôme de son sourire, de son souffle contre mon oreille sensible. J'étais complètement envoûté, mon corps allait jusqu'à me crier de me rapprocher de lui afin de ressentir sa chaleur, la pulpe de ses doigts... mais je n'allais pas obéir à mes instincts. Je savais très bien me frustrer tout seul en agissant ainsi, mais l'idée de faire de même avec ce beau blond me démangeait. Oh, que ce serait amusant de voir son visage dépité, son poisson qu'il pensait ferré depuis longtemps s'étant échappé sous ses yeux !

Un rictus taquin aux lèvres, j'observai les rues que m'indiquait Mathias. Ce n'était point une mauvaise idée, loin de là. J'avouais que cette soirée commençait à m'ennuyer... Heureusement que j'étais affublé d'une excellente compagnie.

Je répondis : «Pourquoi pas, cela me semble être une bonne initiative. Je vous suis avec grand plaisir... »

Bien sûr, je connaissais les lieux pour les avoir mille fois arpentés, mais malgré cela, je savais pouvoir être surpris. Après tout, on ne connaissait jamais véritablement un endroit, le temps façonnait, modifiait toujours et inlassablement les paysages familiers. Le passage des Hommes marquait à jamais la terre, les villes, les ruelles... et j'étais certain que Mathias allait pouvoir m'étonner. Peut-être pas me montrer un coin inconnu, mais savoir utiliser les termes corrects pour me faire rêver encore un peu, comme il paraissait si bien savoir le faire. Il maniait les mots avec une telle justesse que l'écouter devenait un véritable plaisir. Je me sentais planer, imaginer de nombreuses choses à la seule intonation de sa voix, à son timbre grave et agréable. Oui, j'étais coincé dans son filet, mais l'envie de me débattre demeurait profondément ancrée en moi.

Posant mon verre sur la balustrade, j'attrapai délicatement la main de Mathias entre mes doigts, le tirant sans brusquerie vers la sortie. Nous n'étions gères obligés de traverser la salle de bal pour ce faire, un escalier en marbre nous permettant aisément d'atteindre l'entrée de la propriété, et donc sa sortie. Je pouvais voir les grillages joliment ouvragés entourer la propriété, il s'agissait de notre ticket de sortie. En entraînant Mathias dans les jardins, je ne pus empêcher mon palpitant de battre plus fort. Nous partions ailleurs, dans un endroit où personne ne pourrait nous déranger, pas même un serveur quelconque. C'était certes stupide, mais cela me faisait un peu d'effet. En me concentrant, je pouvais sentir un certain étau se desserrer, mes mouvements se faire plus naturels et fluides, sans contrainte. Partir me permettais de me démasquer un court instant sans sentir les lourdes chapes de l'angoisse peser sur mes épaules. Dehors, je n'étais personne, juste un homme parmi tant d'autres. Oui, Mathias attirerait l'attention de part sa beauté, mais je n'allais pas être pointé du doigt. Les nobles ne couraient pas les rues et, en cet instant, une grande majorité était regroupée dans la salle de balle que nous venions de quitter, comme un troupeau de moutons enfermé dans une bergerie.

Je le lâchai doucement :« Où allons-nous, capitaine ? Vous êtes le guide… »

Peut-être que, inconsciemment, je lui demandai à travers cette question où nous allions dans un plan plus moral. Peut-être avais-je le désir ardent, malgré mon amour pour le mystère, de découvrir ce qu'il projetait de faire. Mathias était une énigme. Je me sentais à la fois proche de lui qu'éloigné. J'imaginais le comprendre mais, dans les minutes qui suivaient, il me prouvait le contraire. Et j'appréciai ça, ce jeu de découverte.

Soudainement, avec une certaine joie enfantine retrouvée, je me mis à courir dans les rues parsemées de marchands. Le parfum des épices me titillait délicieusement le nez alors que je me tournai vers Mathias, un sourire amusé accroché aux lèvres et les yeux pétillant de défis.

Je ris : «Je vous mets au défi de m'attraper. N'est-ce pas une bonne façon de laisser le destin guider nos pas ? Peut-être ferons-nous une découverte intéressante ! »

Sur ces mots, et sans aucune véritable raison, je me concentrai sur ma course, amusé. Peut-être ne me suivrait-il pas, mais cela n'avait aucune importance. Si mon caractère légèrement lunatique l'agaçait, et bien tant pis. Je retrouverai le confort de Red Castle après une journée intéressante et amusante qui, sans doute, aura revitaliser ma Muse.

Me laissant guider par mes jambes, je serpentai parmi les passants, me dirigeant petit à petit vers une fontaine un peu à l'écart. Il n'y avait personne d'autres que de petits oiseaux occupés à boire qui, en me sentant approcher, s'envolèrent en quelques coups d'ailes. Je donnais peut-être l'impression d'être un enfant, mais fouler le sol de ces rues me donnait l'impression d'être revenu quelques années en arrière. Je m'étais, pour une fois, laissé guidé par mes envies et par mon enfant intérieur. Lâché le visage de noble, retrouvé l'insouciance propre aux chérubins... "




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Worcestershire Mathias

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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Mar 1 Sep - 11:59


Même si tu ne disais rien, même si je ne pouvais lire dans tes pensées, il y avait bien des choses que je savais, que mon instinct découvrait sur toi, sur ta tendre et exquise personne. Il n'y avait pas besoin de mots, aucune parole n'était au fond nécessaire. Je ressentais tes envies comme si elles étaient miennes. Toutefois, j'aimais ta voix, j'aimais l'entendre, j'aimais quand elle enchantait mes oreilles de son doux chant qu'était ton éloquence. Je ne m'en lassais pas et, certainement, j'aurais pu me laisser bercer par elle des heures durant. Alors, même si tes mots m'étaient futiles pour te découvrir, découvrir tes désirs tout du moins, je voulais que tu parles, je voulais que tu déclames de belles phrases et me fasses l'honneur de converser avec mon humble personne. Enfin, voulais-je tout d'abord m'en délecter par une longue discussion et, ensuite, un peu plus loin lors de la soirée, m'en délecter autrement, dans des draps et sous des couvertures. Après tout, ta voix en elle seule était une mélodie, voire un orchestre symphonique et je désirais ardemment en être le chef pour une partie de la nuitée, dicter les sons qui s'évaderaient de ta fine bouche, qui montraient dans la chambre et résonneraient entre les quatre murs. Leurs échos me feraient frémir et, rien qu'en y pensant, un délicat frisson rabrouait mon échine, me chatouillant malicieusement.

Même si mon imagination se fourvoyait par la fièvre de mes ardeurs, je t'écoutais toujours attentivement, ne manquant pas une seule de tes paroles, il en était hors de question. Ce sourire que tu m'offris, ces airs conspirateurs, ils me firent sourire à mon tour, bien que gardant ce petit mystère au coin de mes lèvres. Je me penchai légèrement vers toi, l'envie de dévorer tes lèvres, de les mordiller avec malice et sournoiserie me taraudant l'esprit. D'un ton suave, d'un ton mielleux, d'un ton posé et bien pesé, je te répondis : "Certainement pas moi, en effet." Je n'avais pas honte de l'énoncer ni n'étais embarrassé de te l'avouer et d'approuver tes dires. Qui pouvait te résister? C'était une question sans réponse. Tu étais envoûtant, tu étais ensorcelant et je le répèterais autant de fois qu'il le faudra. Certains incubes, même, en seraient jaloux, de cette beauté que tu possédais, de cette atmosphère que tu dégageais. Attirante, perturbante, c'était une aura qu'on ne pouvait ignorer. Sous ton passage, on tournait la tête pour mieux t'apercevoir et te contempler un peu plus longtemps, car tu étais une œuvre dont la splendeur n'avait d'égal. Il va de soi que je ne saurais résister à l'envie de te croquer, de prendre une bouchée, de te dévorer. Résister? Impossible. C'était tout bonnement impossible, c'était même un miracle que je contienne si bien cette envie de t'embrasser et de balader mes mains sur ton corps pour mieux le connaître, pour mieux te connaître. As-tu seulement idée d'à quel point tu semblais délicieux aux yeux de la bête que j'étais?

Ce soupir qui s'échappa alors que je soufflais à ton oreille, il me donna l'eau à la bouche, me ferait presque saliver. Tes soupirs, que désirais-je les entendre! Mais, déjà, je me retirai, me redressai et délaissai ton oreille, cette partie de ton corps qui me sembla bien sensible, qui était sensible. Je le devinais. Qu'adviendrait-il si j'en mordillais le croquant? Si je la taquinais de ma langue, de mes dents? Si je jouais tendrement avec elle, suçotant le lobe? Des questions tourbillonnaient et j'avais hâte de pouvoir y répondre, retenant dans un coin de ma mémoire que tes oreilles te rendaient en quelque sorte fébrile, si je m'y attaquais avec tendresse. De toi, je notais tout, je n'oublierais rien. Tout du moins, je n'oublierais rien, absolument rien, jusqu'à la fin de la soirée, jusqu'à ce que l'aube se lève et les rayons du soleil n'effacent les derniers souvenirs de la nuit passée, repoussant la pénombre et la lune pour une courte journée. À tes instincts, j'aurais aimé que tu obéisses. Je sentais cette attirance que tu avais, cette envie de te rapprocher de mon corps, d'y chercher sa chaleur. C'était une petite tricherie que mes millénaires d'incube m'avaient appris, à reconnaître et ressentir les envies cachées. Mais tu étais têtu, tu étais buté. Ce n'était pas mauvais. Alors, le jeu de la séduction continuerait, je le jouerais, je m'y prêterais jusqu'à ce qu'enfin tu tombes dans mes bras et que je puisse te savourer. En réalité, ce n'était pas plus mal, la soirée n'en serait que plus mémorable.

Mes yeux ambrés aux éclats dorés admiraient toujours ton visage et ils ne manquèrent pas d'apercevoir ce petit rictus taquin. À quoi pensais-tu, exactement? Je devinais ce que ton corps convoitait, mais pas ce que ton esprit, ton cœur, sollicitait. Vois-tu, c'était rare que cet aspect m'intéresse, moi qui ne voulait que combler mon appétit charnel. Cependant, toi, je souhaitais le découvrir, je souhaitais apprendre bien des choses sur ta personne et pas que sur ton corps.... certainement.

Ta réponse à ma proposition de quitter les lieux me ravit et je le fis paraître par un simple sourire complice. La fête battait de son plein, elle était bruyante même jusqu'ici, nous pourrions alors trouver un endroit plus calme à l'extérieur, que je me disais. Et même si tu me dis de te guider, tes gestes vinrent s'opposer à tes mots, ta main enlaça la mienne et mes doigts se frayèrent un chemin entre les tiens. Je pris la dernière gorgée de mon champagne, tu l'avais apporté après tout et il aurait été dommage de le gaspiller, de le laisser se morfondre sous le clair de lune. Déposant vivement la coupe sur la balustrade, juste avant que tu ne t'élances et que mes pas te suivent, un peu maladroitement au tout départ. Certes, tu m'avais attiré en douceur, sans la moindre brusquerie, toutefois, tu m'avais pris de court ou, en fait, je cherchai à te faire croire que c'était le cas. Bien que cela m'avait en effet quelque peu surpris, mes pieds ne se seraient jamais empiétés l'un dans l'autre, j'étais agile, j'étais vif, j'étais un démon et mes réflexes n'étaient pas ceux d'un humain. Cependant, là, en cet instant et pour tes yeux, c'était ce que j'étais, un vulgaire et simple homme, j'agissais donc en tant que tel jusqu'aux petits détails.

En un petit rire discret, je te laissai me guider hors de la résidence, ne cherchant pas à venir au-devant, à te dépasser et à être celui qui dirige ni même à me retrouver à tes côtés. Tu étais un homme, je ne te traiterais pas en femme. Je ne crois pas que tu apprécierais que je cherche à prendre le contrôle sur tout, que je ne te laisse aucune liberté.  De même, je pensais que tu en avais de besoin, de prendre un peu la situation en main. Je savais t'envoûter, seulement, je savais aussi que cela te plaisait comme te déplaisait. N'avais-tu pas pour habitude d'être celui qui était charmé? Cela m'étonnait. Je croyais que bien des hommes et des femmes auraient tenté de mener la danse et te faire valser dans leur paume, avais-tu toujours changé la donne? Tu étais impressionnant. Alors, bien gentiment, je me contentai de serrer ma poigne dans la tienne, en profitant pour caresser de mon pouce ta main avec douceur. Si tu te retournais, tu me verrais sourire de ces airs faussement bienveillants, une lueur plus taquine au fond de mes prunelles. Sans protester, je t'emboitai le pas, descendant les escaliers de marbre, le son de nos pieds se répercutant contre les marches résonnait, camouflant pour un court instant, pour un moment éphémère, le bruit des violons et des violoncelles.

Je regardais ton dos, portant à peine attention aux jardins finement tailladés ou au grillage tout aussi minutieusement ouvragé. Non, tes épaules qui se mouvaient au gré de tes mouvements me captivaient davantage, tout comme tes cheveux de couleur lavande. Je regardais les mèches voguer au gré du vent, appréciant simplement la vue et l'étreinte de ta main, même si j'aurais préféré m'arrêter, te tirer vers l'arrière et te réceptionner dans mes bras, enlaçant alors ta taille si séduisante avant d'embrasser ton cou, y nichant mon visage. Cette pensée me fit me pourlécher les lèvres, discrètement. Toutefois, je me limitai seulement à apprécier les battements de ton cœur, eux qui longeaient ton corps jusqu'à ta paume toujours bien dans la mienne. C'était agréable, de le sentir, et j'aimerais le chambouler un peu plus, lui faire battre la chamade. Serait-ce possible, à ton avis? Jusqu'où pourrais-je le faire s'emballer? Comme jamais auparavant, comme jamais il n'aura battu pour un être? Allez, dis-moi, en serais-je capable? Qu'est-ce qui te ferait chavirer et perdre tes moyens, petit Bishop?

Quand tu relâchas ma main, elle se referma dans le vide, ne chopant que l'air pour son grand désarroi. Ta peau était chaude, la température ambiante était froide et cedit froid se fit vivement ressentir, me donnant l'envie d'attraper ta main et y dissimuler à nouveau la mienne, y cherchant un peu de chaleur. J'étais bouillant et la brise me parût alors bien plus fraîche qu'elle ne l'était réellement. Toutefois, même si ma main se leva, elle ne vint pas quémander la tienne, je la passai plutôt dans mes cheveux, replaçant les mèches rebelles qui avaient succombé au vent. Je ne voulais pas que mon regard soit caché, je voulais pouvoir te contempler autant que je le souhaitais. C'était un de mes petits caprices bien égoïstes, bien humains. Ne l'avais-je pas dit? Que j'agissais comme eux? Je récupérais alors un peu de leurs vilains défauts, pardonne-moi, mais je ne serais réellement égoïste qu'avec toi ce soir, cette nuit. Ne m'en veux pas, je t'en pris. Tu attises tant ma convoitise, il est difficile de rester de marbre et de garder son calme, de ne pas vouloir t'accaparer.

Ta question me fit sourire doucement. N'était-ce pas toi, pour l'heure, qui nous avais guidés jusqu'ici? Je sentis, par ailleurs, cette autre chose qu'elle dissimulait, cette petite allusion, évocation pourtant bien éloquente, sur le côté plus moral. Alors, tu y pensais, tu y réfléchissais? Tu l'avais envisagé? Cela me faisait plaisir et mon sourire me trahit quelque peu, s'étirant toutefois davantage dans ces airs indéchiffrables, car je n'eus pas le temps de te répondre, à peine avais-je ouvert ma bouche que, déjà, tu tournais les talons en me défiant de te rattraper. Je rigolai, de bon cœur, scellant mes lèvres en apposant mon poing devant elles, étouffant tant bien que mal mon amusement. Tu me surprenais, seconde après seconde, minute après minute, et j'espérais pouvoir rajouter heure après heure. Penchant la tête sur le côté, je t'observai te défiler tout comme te faufiler au travers des passants, cette risette enfantine naissant sur ton visage me charmait. Cette seconde facette que j'apercevais, que je découvrais, moins sérieuse moins noble, moins entravée par la bienséance qui était imposée à l'aristocratie, je l'aimais. C'était attendrissant. J'avais l'impression d'entrevoir l'innocence candide des enfants, c'en était si adorable.

C'en était attachant.

Un brin amusé, je dois l'admettre, je te rétorquai d'une voix qui portait, qui passait outre le brouhaha : "Alors, je vous poursuivrai jusqu'au bout du monde s'il le faut, mais je vous rattraperai!" Ça, peut-être le pensais-je réellement, car je voulais au moins te goûter, au moins déposer un baiser sur tes lèvres avant de te quitter. Et, aussitôt, mes pieds se mirent en marche, mes pas rapides, évitant d'un bond sur le côté puis sur l'autre les marchands, les clients, les passant, m'excusant au passage lorsque je les bousculai. Je n'avais d’yeux que pour toi et à peine les remarquai-je. Avant de m'élancer, je m'étais murmuré faiblement, que pour moi-même : "Pour ma part, j'ai déjà fait une découverte intéressant, la plus captivante et merveilleuse qui soit." Et, si tu m'avais entendu, je t'aurais laissé deviner de quoi il s'agissait. Ou, plutôt, de qui il s'agissait. Mais tu ne m'avais pas entendu et ses mots se perdaient alors dans le vent, emporter par la brise au loin, m'arrachant un faible sourire. Étrangement, sûrement, ils me semblaient véridiques. Puisque tu étais une découverte et ce jeu dans lequel je m'étais lancé, ce jeu de séduction, il me plaisait comme rarement cela avait été le cas. Tu n'étais pas qu'une perle parmi les mondains de la soirée, mais plutôt une perle parmi la ville. Tu brillais d'un éclat aveuglant et pas seulement par ta beauté, ta personnalité aussi. Elle était celle d'une perle rare. Et je me demandais, quelle autre facette me réservais-tu? Laquelle allais-tu me montrer une fois que je t'aurais attrapé? Que je t'aurais enlacé dans mes bras?

Car, vois-tu, il était certain que je t'atteindrais, que je serais de nouveau à tes côtés. Si je le voulais, je pouvais tout bonnement disparaître en un claquement de doigts pour réapparaître devant toi, te bloquer le chemin soudainement et tu te heurterais à mon torse. C'était un petit tour de magie que je connaissais bien, que j'avais apprivoisé au fil du temps et si je te le montrais, quelle serait ta réaction? Quelle expression se dessinerait sur ton beau visage? Même si la curiosité était forte, je me contentai de courir derrière toi, feignant quelque peu l'effort et une respiration lourde pour ceux qui déviaient leur regard vers ma personne. Toi, tu le gardais droit, toi, tu fixais ton but, te concentrais. Cette vue, elle n'avait pas de prix. J'avais l'impression de regarder un homme délivré, quelqu'un de libre qui embrassait la vie et c'était beau, atrocement beau. Je m'étais amusé de ce masque d'hypocrisie que nous avions partagé et je m'éblouissais maintenant sous une partie de ton véritable toi, encore bien plus gracieux, ravissant, irrésistible. Je devais admettre que je ne m’y attendais pas et je devais aussi admettre que c'était une belle surprise. Cette soirée était belle. En ta compagnie, elle était féérique.

Tes pas nous guidèrent à l'écart, nous éloignant de la foule et de son incessant vacarme. Comme tu l'avais dit, le destin pouvait nous faire découvrir des endroits merveilleux. Tu me faisais toujours dos et, encore, tu m'offris un magnifique spectacle, les oiseaux s'envolant à ton arrivée et semblant danser, valser et voltiger pour toi, t'enveloppant dans leurs délicats battements d'ailes. Le bruissement de la fontaine et les tapotements des gouttes d'eau tombant en rafale dans le bassin détendaient l'atmosphère. À cette heure, il n'y avait personne. L'endroit était déserté, les bancs étaient vides. Le clair de lune nous éclairait de sa douce lueur blafarde ; j'avais l'impression que nous étions seuls au monde et c'était si envoûtant comme sensation. La partageais-tu? Ce silence serein, te faisait-il rêver? Ce silence qu'au midi nous n'aurions eu. La nuit, tout changeait, la nuit, c'était comme un autre monde, un autre univers qui s'offrait à nous et c'était tout bonnement magique. J'étais peut-être un mythe, un être qui ne devrait exister, seulement, même moi trouvais que cette ambiance pouvait paraître magique, hors de ce monde, surnaturel.

Avant que tu ne te retournes, je m'approchai vivement, d'un pas pourtant feutré et inaudible à tes oreilles, un peu comme si je marchais sur l'air et ne touchait pas même le sol. Je voulais te surprendre, te faire sursauter, voire bondir. Je vouloir voir ce qu'il advenait de toi lorsque tu étais surpris, pris de court. Je voulais te renvoyer la pareille. Et c'est ainsi que j'arrivai dans ton dos, mes bras enlaçant enfin cette taille qui me faisait tant envie, te serrant alors contre moi. Mon visage se cala dans le creux de ton cou, le relevant pour t'apercevoir tout en te souriant, amusé, alors que je soufflai d'une voix suave : "Attrapé ♥" Et maintenant que je t'avais dans mes bras, je ne prévoyais pas te relâcher de sitôt. Oh, ça non. Je voulais te garder longuement, jusqu'à l'aube, jusqu'au lendemain. Je voulais te garder dans mes bras et profiter de ta chaleur aussi longtemps que possible, je ne demandais, pour l'heure, rien d'autre.
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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Lun 21 Sep - 3:00




Une soirée mondaine et une douce odeur de rose


"J'entendais de nombreux sons autour de moi, m'entourant de leurs vibrations apaisantes. Déjà, le bruit de mes chaussures qui claquaient sur le sol pavé de la ville paraissait résonner à mes oreilles. Puis, en perdant petit à petit de ma concentration, je pus discerner les faibles bruits me prouvant qu'il y avait encore de la vie aux alentours. Par exemple, en levant les yeux, je pus voir une mère de famille fermer les volets de sa chaumière en éteignant les bougies. Ensuite, à force de m'approcher de la fontaine du village, ce fut le clapotis apaisant de l'eau et le piaillement des oiseaux s'envolant à mon approche, me faisant quelque peu sursauter. Ils partirent en quelques coups rapides d'ailes, me coupant par la même occasion le chemin et, en tournant la tête vers le chemin que je venais d'emprunter, je fus étonné de ne pas apercevoir Mathias. L'avais-je donc semé ? Mes lèvres s'étirèrent en un sourire amusé alors que, haletant quelque peu, je reprenais ma respiration. Etirant mon dos, je profitai de la vue féerique qui s'offrait à mes prunelles. La nuit était sombre, bien présente depuis quelques temps déjà, mais les gracieuses étoiles ainsi que la lune émettaient une douce lumière relaxante, offrant au monde une atmosphère paisible idéale pour passer une excellente nuitée de repos.

Totalement déconnecté du monde, je ne sentis pas Mathias arriver. J'eus un sursaut et mes yeux s'écarquillèrent de stupeur lorsque je sentis des bras forts entourer ma taille, un torse agréable se plaquant contre mon dos. Je n'eus toutefois pas véritablement peur ; l'odeur de Mathias m'entourait, ce fut presque avec une certaine félicité que je me laissai aller dans son étreinte, fermant quelque peu les yeux. C'était un moyen idéal pour se calmer, apaiser ma respiration un peu chamboulée par ma soudaine course et mon palpitant apeuré. Je soufflai ;

« Oh mince, le grand méchant loup m'a attrapé. »

Les bras le long du corps, j'avouai sans mal ne pas vraiment savoir que faire de ces appendices gênants. Le parfum de cet homme paraissait me faire tourner la tête et j'avais quelques difficultés à prendre de bonnes décisions. Après tout, j'étais plutôt bien installé et je ne souffris nullement du froid. De discrètes rougeurs finirent par apparaître sur mes pommettes tandis que mon regard, empli d'un certain amour, se posait sur l'astre lunaire. Je demandai d'une voix basse ;

« Qu'attendez-vous de moi, Mathias ? »

Ce n'était pas une question évidente, autant pour lui que pour moi. Sa réponse pouvait énormément m'atteindre, autant en bien qu'en mal. Ma main gauche finit par se poser sur l'une des siennes, dans le but de la pousser… mais elle n'en fit rien, restant un instant en l'air avant de se poser sur sa paume. La tension de mes épaules finit également par disparaître et je me détends totalement contre lui. Je ne savais pas vraiment où nous allions, mais la tendresse inouïe dont me gratifiait Mathias me rendait indécis, hésitant, incertain. Que faire ? Comment répondre à tant de gentillesse et d'attention ? J'étais perdu, tel un bateau recherchant péniblement son port, privé de la lumière rassurante d'un phare. Désirais-je seulement profiter de lui sous le couvert de la nuit ? En début de soirée, j'étais plus au clair sur mes envies, le fait, par exemple, de faire attendre Mathias, de le quitter sans pour autant lui donner ce qu'il désirait… Mais maintenant, le coeur embrouillé, je ne savais plus vraiment où donner de la tête. Tournant le visage, j'observai Mathias du coin de l'oeil, un petit sourire aux lèvres.

« La bienséance voudrait que tu m'invites à m'asseoir, tu ne crois pas ? »

Taquin, je lui pointai du menton un des bancs en pierre, se situant non loin de la fontaine. Je finis toutefois par poser légèrement Mathias vers celui-ci, restant dans son étreinte. Ce fut plus délicat de nous asseoir sans trop me libérer de ses bras, mais j'y parvins, la langue tirée par la concentration. Je restai donc un un instant, la tête posée contre ses clavicules, occupé à respirer son odeur avec le plus de discrétion dont je me savais capable. Je n'allais tout de même pas lui montrer que je le reniflais ! Un peu de tenue… Tenue qui partit en fumée lorsque, joueur, je plongeai ma main dans la fontaine pour mouiller Mathias, faisant bien attention à me séparer de lui dans le but de ne pas me retrouver ainsi trempé. Alors je ris à gorge déployée, mes joues se colorant du à cet éclat. Tout mon visage se détendit et s'éclaira par mon amusement alors que je me pliai quelque peu en deux, très amusé par la mine de Mathias et par ses vêtements collant à son corps qui, maintenant que je pouvais bien l'observer, paraissait magnifiquement sculpté. Décidément, tant de perfection en un être humain, c'était inconcevable.

« Dé... Désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher...» "




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Worcestershire Mathias

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MessageSujet: Re: Une soirée mondaine et une douce odeur de lys || PV Diaval Bishop    Mer 30 Sep - 8:10


Mes mains passèrent autour de ta taille, épousant un long moment les courbes de tes hanches, jusqu’à se rejoindre l’une contre l’autre, mes doigts se croisant, s’enlaçant, tandis que je te ramenais contre moi. Mon nez, mon visage, vint se nicher dans le creux de ton cou, humant avec douceur cette odeur si merveilleuse, qui me faisait frémir d’envie. Je murmurai tendrement ces mots, ceux qui énonçaient haut et fort que je t’avais attrapé, que je te tenais, que tu étais là, dans mes bras. Le dos courbé, je souhaitais profiter un peu plus de toi, me plonger contre ta personne et ta chaleur, encore bien obnubilé par cette vue qui m’avait éblouie. Un instant avais-je cru que tu t’envolerais, suivant les oiseux dans les cieux, et me délaisserais d’un battement d’ailes. Tu me donnais l’impression d’être si libre que t’étreindre semblait n’être qu’une utopie vague et lointaine. Maintenant que je t’avais rattrapé, je te gardais contre mon torse un peu possessif, un peu comme un enfant refusant de lâcher prise, gardant jalousement les pans de la jupe de sa mère tout en lançant des regards revêches à quiconque souhaiterait s’approcher. Seulement, il n’y avait personne ici à qui jeter ces coups d’œil glacial, il n’y avait que nous deux, toi et moi, et ça m’en ravissait. Alors, mes iris ambrés ne se feront aucun cas plus sombres envers un inconnu, ils demeureront chauds, ardents, fiévreux, car la cause de ma fièvre était tout bonnement contre moi et il n’y avait rien pour la refroidir, la calmer. Pas même un passant indiscret.

Ton souffle était haletant, pantelant sous cette petite course bien effrénée. J’écoutais le son de ta respiration, imaginant combien elle serait belle sous mon corps, combien j’aimerais contempler cette poitrine se soulever au rythme d’un souffle haché, coupé, couverte par la sueur et une partie des couvertures de soie. Plus le temps avançait, plus je sentais mes désirs lubriques ressurgir dans mes pensées. Mais je les cachais. Je n’en laissais rien paraître, c’était mon petit secret que, peut-être, tu découvrirais en temps et lieu. Sauf que l’heure n’en était pas encore venue, si jamais elle venait, bien que j’aie la ferme intention de m’y rendre. Tu avais sursauté à mon arrivée, tes épaules secouées délicatement par ce soubresaut, et je m’en délectai quelque peu, de cet étonnement que j’évoquais en toi sans toutefois en susciter la peur. Tu te laissas bercer par mon étreinte et je t’accueillis un peu plus dans mes bras avec la tendresse des amoureux. À tes paroles, je ne pus m’empêcher de sourire et de murmurer de cette voix suave, mielleuse, quelque peu mesquine, mais aussi si séductrice : « Et il va vous dévorer ♥ » J’en avais envie, de passer mes lèvres et mes dents sur ta peau, de te goûter de baisers comme de délicates morsures. Je voulais mordiller ta chair de long en large, la marquer de ma présence, du temps que nous passions ensemble. Je voulais te laisser un souvenir indélébile de cette nuit, un souvenir qui resterait à jamais gravé.

Tu n’avais pas besoin de bouger, tu pouvais seulement demeurer contre moi, c’en était suffisant. C’en était parfait. Tes mains restèrent un long moment le long de ton corps, longeant tes cuisses. Ne savais-tu qu’en faire? Tu pouvais les passer autour de mes bras, me tenir contre toi. Peut-être en demandais-je un peu trop? J’étais si gourmand ce soir. Tout en observant ces discrètes rougeurs prendre d’assaut tes joues si délicieuses, je te répondis en un murmure : « Et que voulez-vous que je t’attende de vous, Diaval? » Je te renvoyais la question. Que désirais-tu? Cette soirée, au fond, comment aimerais-tu qu’elle se termine? Je savais ce qu’elle signifiait, je savais ce que tu insinuais par cette simple question et mon sourire le laissait entendre, cette risette qui ourlait mes lèvres. Sauf que je ne le déciderais pas. Je te séduirais, je te charmerais jusqu’à ce que tu poses le premier pas, jusqu’à ce que tu tombes réellement dans mes bras, et ce non seulement dans le sens figuré, mais aussi dans le sens propre. Finalement, tu vins poser l’une de tes mains sur les miennes, un long frisson rabrouant mon échine sous le passage de ta paume tout comme de tes doigts. C’en était grisant. Lentement, je te sentais te détendre, te relaxer en ma présence. Cependant, je te sentais aussi perdu, les pensées vagues, mélangées, entrelacées à la manière des ronces des roses. Elles formaient un labyrinthe épineux. Le choix t’imposait, car je ne te l’imposerais pas, même si je tentais de t’y guider. Tu poserais le pas jusqu’à moi. Les incubes étaient, au fond, bien sournois et je l’étais encore plus avec une telle proie, une proie qui attisait ma convoitise, pas seulement en tant que nourriture, que merveilleux plat, mais aussi en tant qu’humain que tu étais. Je te voulais.

M’observais-tu du coin de l’œil et moi je te regardais franchement, de ces yeux aux éclats intenses, brillant presque de mille feux dans ce début de nuit, et je m’accrochai à ton regard dès que je l’aperçus, cherchant à m’en accaparer. Ce petit sourire, ô combien était-il charmeur! Combien de femmes, d’hommes, aurait-il fait tomber à tes pieds? Mon visage était près du tien et l’envie de goûter tes lèvres se fit alors plus forte, plus tentatrice. Je la repoussai. Pas encore. Un fin rire s’échappa plutôt alors que je te lançais d’un ton alléchant : « Et la bienséance implique de ne pas tutoyer. » Je te taquinai, souriant de ces airs qui disaient pourtant que ça me plaisait, le tu plutôt que le vous. C’était plus intime, plus proche. Je n’avais alors pas l’impression de n’être qu’un vulgaire inconnu à tes yeux, bien que je m’appliquai à garder mon vouvoiement. Tout du moins, pour le moment, car je savais bien que je ne tarderais pas à mon tour à user du tutoiement, à chercher à me rapprocher encore et davantage de toi, de te prendre un peu plus dans mes filets jusqu’à ce que tu y sois complètement enchevêtré, prisonnier de ces liens invisibles. Sans protester, mes pas suivirent les siens me laissant dès lors guidé vers le banc, posant un pied derrière l’autre. C’était une entreprise qui m’arrachait des rires tout autant enjoués que séduis, toi qui ne quittais pas mes bras, qui ne quittais pas mon étreinte, ma chaleur, mon contact. Bien sûr, je t’aidai du mieux que je le pus, ayant tout de même pensé que j'aurais préféré t’avoir assis sur mes cuisses, ton dos appuyé contre mon torse et blotti contre moi un peu comme dans un cocon, plutôt que de t’avoir à mes côtés.

Ma main te ramena donc contre moi, installée sur ta hanche, des prunelles attendries posées sur ton visage, sur cette tête qui prenait place contre mon épaule, tes cheveux lavande venant se mêler aux miens. Les mèches se bataillaient, s’entrelaçaient en ce qui semblait être des cours d’eau. Blond de blé et lavande, quel beau mélange. Je fis mine de ne pas remarquer que tu m’humais, ne disant mot sur le sujet. Chaque geste que tu posais, aussi discret soit-il, ne passait jamais outre. Tout, je prenais tout en compte. Il va de soi que je remarquai donc ton petit manège, toi qui se penchas pour récupérer un peu d’eau de la fontaine et, encore, je fis mine de ne pas le réaliser à temps, me retrouvant trempé sous les éclaboussures, alors que tu te distançais, riant aux éclats de ta mauvaise plaisanterie. Une petite grimace passa sous mes traits, mes épaules frissonnant sous le soudain froid. L’eau et la brise avaient cette tendance à frigorifier. Puis, à nouveau, un sourire vint ourler mes lèvres. Un sourire sournois, un sourire tendancieux, un sourire charmeur, un sourire de véritable diable. D’un bond agile, je m’approchai, refusant dès lors de te laisser une quelconque échappatoire, usant de ces charmes d’incubes pour te prendre de court, te figer légèrement sur place, avant que mes doigts n’attrapent doucement ton menton, relevant alors ton visage pour venir y déposer un baiser. Doux. Chaste. Chaste pour l’heure. Et mes lèvres quittèrent à peine les tiennes où je soufflai mièvrement : « Désolé, je n’ai su m’en empêcher. » Tu étais bien trop à croquer.

Finalement, je fis le premier pas.
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